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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Michel LeDiablo

blog-descartes



"Les français ont inventé un nouveau char. Il a une marche avant et cinq marches arrière" (vieille plaisanterie britannique)


Mes lecteurs le savent bien, je peux difficilement prétendre à être un « déçu du hollandisme ». François Hollande a réussi en trente ans de vie politique à ne jamais exprimer une opinion passionnée, personnelle sur quelque question que ce soit. Au-delà de l’opportunisme inévitable dans toute carrière – politique ou autre, d’ailleurs – la plupart des hommes politiques qu’on connaît tiennent au moins à quelque chose qui les transcende, qui donne sens à leur action politique. Ils peuvent au cours de leurs vies politiques trahir beaucoup d’idées, mais pas celle-là. C’est Badinter et la peine de mort, Chevènement et la République, De Gaulle et la constitution, Taubira et le « mariage pour tous »… mais à quoi rêve Hollande ? Quel est pour lui le principe intangible, l’objectif non-négociable qu’il ne pourrait renier sans se renier ? Hollande est au plus strict sens du terme un homme politique creux. La politique hollandienne est une tactique. Mais une tactique qui n’aurait pas véritablement d’objectifs autres que la conquête et le maintien au pouvoir.



Comment pourrais-je donc être déçu, moi qui n’attendait rien ? Il n’empêche que même lorsqu’on n’attend rien, on attend quelque chose. Je ne m’attendais pas à trouver en Hollande un homme d’Etat. Mais j’avais l’ingénuité de croire qu’il était un bon tacticien, un fin connaisseur de la chose politique, et surtout, un homme capable d’organiser une équipe, de s’entourer des gens qui ont les compétences qui lui manquent cruellement et de les faire travailler ensemble. J’attendais de lui non pas une présidence inspirée, mais au moins une présidence organisée.



Les événements de ces derniers jours montrent qu’il n’est même pas capable de ce minimum syndical. Après seulement quinze mois d’exercice du pouvoir, alors que son parti a une majorité solide à l’Assemblée et peut compter sur la bienveillance des collectivités locales, la présidence a sombré dans la cacophonie permanente, l’incertitude, l’incompétence, l’incapacité à définir une ligne politique et de s’y tenir.




Il est à mon sens essentiel de comprendre comment on est arrivé là. Et avant de commencer l’analyse, évacuons le discours classique de la gauche qui voit à l’origine de tous les maux les institutions de la Vème République. Ce n’est certainement pas là que se trouve le problème. Nous ne sommes pas dans le contexte d’une crise institutionnelle : Le président, le gouvernement, ont les moyens de gouverner. Ils peuvent passer des lois et des lois, l’administration les applique. Et la légitimité institutionnelle n’est pas en cause. Personne parmi les différents groupes contestataires qui à plusieurs occasions ont fait reculer le gouvernement ne contestent son droit à gouverner. Ce serait plutôt le contraire.




La situation actuelle montre combien les institutions de la Vème République sont bien moins « dictatoriales » qu’on le dit souvent. La preuve en est qu’un gouvernement qui pourtant détient tous les leviers du pouvoir institutionnel se voit obligé de reculer devant les protestations. Les institutions ont été affaiblies au fil des réformes constitutionnelles, certes , mais il reste que la position institutionnelle qu’occupe aujourd’hui Hollande n’est pas fondamentalement différente de celle qu’occupèrent naguère De Gaulle, Mitterrand ou Sarkozy. Si les ministres craignaient De Gaulle et persiflent sous Hollande, ce n’est pas une question d’institutions, mais d’hommes et de politiques. L’impression que la Vème République repose sur la toute-puissance présidentielle est trompeuse. La constitution de la Vème République fait du président un monarque, certes. Mais être monarque dans un pays qui est essentiellement régicide n’est pas forcement une promenade de santé.




La France est un pays divers. Divers et divisé. Nous avons une longue tradition de particularismes locaux, régionaux, professionnels, culturels, communautaires qui au cours de notre histoire se sont affrontés régulièrement pour avoir un plus grand morceau du gâteau. Nous sommes un pays où les groupes d’influence et de pression fleurissent, plus discrets que dans les pays anglosaxons, mais tout aussi présents. Devant cette société civile qui tient beaucoup de la tribu gauloise façon Asterix, l’Etat est perçu comme l’arbitre. C’est à lui qu’on fait confiance pour mettre des limites à la toute-puissance des « barons » locaux, des groupes de pression, des groupes d’influence. Et c’est pourquoi on attend de lui qu’il prenne des décisions et qu’il s’y tienne, quitte à affronter les intérêts particuliers.




Prendre des décisions d’abord. Cela paraît simple. En fait, c’est très compliqué. Le président de la République est appelé à prendre des décisions dans les domaines les plus variés, les plus complexes et quelquefois les plus triviaux. Personne n’est capable de faire cela tout seul. La première décision que prend un président, celle qui finalement détermine en grande partie son échec ou son succès, c’est le choix de ses conseillers et de ses ministres, des gens qui vont l’entourer et préparer les décisions pour lui. Et sur ce point, Hollande a catastrophiquement failli. Son cabinet, son premier ministre, ses ministres sont des personnalités qui ont peut-être une longue expérience « politicienne », mais une totale méconnaissance de la manière dont un gouvernement fonctionne et de la manière dont les décisions sont préparées, arbitrées et annoncées.




S’y tenir ensuite. Si une décision est mûrement réfléchie, si elle a été préparée correctement, le président n’a aucune raison d’accepter d’y revenir. Chaque reculade transmet un double message : d’une part, un message d’incompétence, puisque reculer revient à admettre que la décision était mal préparée ou mal expliquée. La première fois, cela peut passer pour une erreur isolée, pas la deuxième. Mais chaque reculade transmet un message plus dangereux : elle indique aux lobbies, aux corporations, aux « communautés » que toute décision peut être remise en cause à condition de crier assez fort. C’est pourquoi chaque reculade prépare en fait la reculade suivante dans une spirale qu’il devient difficile de contrôler.



Les français ne sont pas idiots, et contrairement à ce qu’on croit, ils écoutent le discours politique. Et lorsque celui-ci est rationnel, on peut leur faire accepter pas mal de choses. Souvenons-nous de Sarkozy et sa réforme des retraites. Elle avait provoqué un tollé, elle avait mis des centaines de milliers de manifestants dans la rue, bien plus que l’Eco-taxe. Et pourtant, jamais le gouvernement n’a été en difficulté et la réforme est avec quelques modifications marginales. Et tout cela assez tard dans le quinquennat, alors que sa cote d’amour n’était déjà plus au beau fixe. Comment Sazrkozy a réussi cet exploit ? D’abord, par la pédagogie : le débat sur les retraites avait été préparé par une campagne qui a martelé un argument précis, celui de l’allongement de l’espérance de vie et du besoin de rééquilibrer le rapport actifs/inactifs. On peut être d’accord ou pas avec les conséquences de ce fait incontestable, mais l’interprétation qu’en a fait le gouvernement n’était pas irrationnelle, et le projet de loi proposé était cohérent avec son diagnostic. Ensuite, Sarkozy avait fait preuve de fermeté tranquille. D’un côté, une empathie réelle avec les manifestants dont il déclarait comprendre et respecter les motivations. D’un autre, une fermeté appuyée là encore par un argument rationnel qu’on peut résumer ainsi : « ma réforme est dans l’intérêt de tous, et y renoncer serait donc trahir mon mandat ».



Je pense que cet exemple remarquable n’a pas été assez étudié par la gauche en général et par ceux qui conseillent François Hollande en particulier. Car cet exemple montre plusieurs choses. La première, c’est que notre peuple est sage, et comprend lorsqu’on lui explique rationnellement une mesure bien conçue même lorsqu’elle est dure. Ils n’iront pas applaudir le gouvernement, certes. Ils ne lui adresseront pas des félicitations. Ils protesteront dans les rues, gueuleront dans les gazettes. Mais en fin de compte, laisseront passer. Il est d’ailleurs assez facile en France de voir quand un mouvement devient véritablement dangereux pour le gouvernement, et quand il reste confiné au domaine du grognement pour la forme. Mais pour que cela marche, il faut que les dirigeants aient l’air au moins de croire à ce qu’ils proposent. Lorsqu’un dirigeant a l’air de penser que finalement si on doit renoncer ce n’est pas si grave, comment pourrait-il imposer aux intérêts particuliers une vision de l’intérêt général ?




Hollande est sur ce point comme sur d’autres l’anti-Sarkozy. Dans chaque situation, il recherche une synthèse qui est ensuite impossible d’expliquer rationnellement, puisqu’elle ne résulte pas d’une ligne politique choisie mais d’une tentative de contenter le plus grand nombre de lobbies. Des lobbies qui n’ont même pas la reconnaissance du ventre, et qui une fois qu’ils ont obtenu le fromage recommencent les pressions pour avoir le dessert. Ils auraient tort de se gêner : l’expérience a montré que ça marche.



L’homme politique et l’enseignant ont cela en commun que ce sont deux métiers qu’on ne peut bien faire sans une petite dose de sadisme. Le politique, comme l’enseignant, n’est pas là pour faire plaisir. Il est là pour mettre des limites. Il est là pour dire « non ». Or, la politique hollandaise repose sur ce simple axiome : ne jamais dire « non ». Ne jamais se fâcher avec personne. Ne jamais se faire un ennemi. Et de la même manière que l’enseignant qui dit toujours « oui » se trouve rapidement débordé par ses élèves, le politique qui essaye de dire « oui » à chaque lobby, à chaque groupe de pression, à chaque communauté finit immanquablement perdre toute crédibilité et par mécontenter tout le monde. La vision hollandaise repose sur l’idée que dans chaque situation il existe une « synthèse », un compromis qui contentera tout le monde. Cela n’existe pas. On peut au mieux trouver un équilibre qui mécontente tout le monde, mais que tout le monde est prêt à accepter. C’est cela, la politique.



Descartes

 

Source:http://descartes.over-blog.fr/

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