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Publié par Diablo

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LJournal du Dimanche du 27 avril 2013 a publié un sondage réalisé par l’IFOP sur le thème « Les Français et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale ». Un certain nombre de responsables politiques de droite (Benoist Apparu, François Bayrou, François Fillon) et Nicolas Dupont-Aignan, ont soutenu cette idée en voulant certainement « surfer » sur les résultats de ce sondage. Nicolas Dupont-Aignan est allé plus loin, en tentant de séduire l’électorat du Front national. Ainsi, le président de Debout la République, lors de son passage sur France-Info le vendredi 10 mai, a déclaré qu’il préconisait un gouvernement d’union nationale dans lequel pourrait figurer un dirigeant du Front national.

Pour accéder à cet entretien, cliquez ci-dessous :

http://www.franceinfo.fr/politique/les-invites-de-france-info/dupont-aignan-et-pourquoi-pas-le-fn-dans-un-gouvernement-d-union-nationale-982461-2

Vers la fin de l’entretien il a dérapé en déclarant :

« Je pense qu’un gouvernement d’union nationale avec Henri Guaino (député UMP, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy), Jean-Pierre Chevènement (président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen), Arnauld Montebourg (ministre du Redressement productif de François Hollande) et pourquoi pas monsieur Philippot (vice-président du Front national) et monsieur Delapierre (délégué général du Parti de gauche) que je voyais à la télévision, sur une ligne républicaine, pas la ligne du Front national, pas celle du Front de gauche, sur la ligne d’union nationale et de salut public pour défendre les emplois, relocaliser, sortir de l’euro, contrôler nos frontières, mettre en place un vrai plan de redressement de nos services publics. Je pense que cela aurait plus de gueule – pardonnez-moi – que l’union nationale dont on nous parle maintenant qui consiste à garder ceux qui ont échoué depuis vingt ans. »

Le M’PEP considère que l’union nationale n’est qu’un mythe au service des classes dirigeantes ; c’est un nouveau Conseil national de la Résistance qui est nécessaire, rassemblant largement sur un programme anti-crise.

 

I.- L’HISTOIRE DE FRANCE ET L’ACTUALITÉ DE LA ZONE EURO DÉMONTRENT SANS AMBIGÜITÉ QUE L’UNION NATIONALE N’EST QU’UN MYTHE SERVANT LES INTÉRÊTS DES CLASSES DIRIGEANTES

Il est navrant d’entendre des propos comme ceux de Nicolas Dupont-Aignan, car l’union nationale n’est qu’un mythe au service des classes dirigeantes. C’est la leçon que l’on peut tirer de notre propre histoire, et c’est le constat que l’on peut dresser des expériences conduites actuellement dans plusieurs pays de la zone euro. Il est d’ailleurs étrange que Nicolas Dupont-Aignan reprenne la notion d’union nationale qui, certes sous une autre appellation, correspond à la demande formulée par la « Troïka » (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne) auprès des États en difficulté de la zone euro pour les contraindre d’appliquer des politiques d’austérité afin de « rassurer » les marchés financiers.

A.- L’Union sacrée en France pendant la Première Guerre mondiale n’a servi que les intérêts impérialistes

La France n’a connu qu’une seule période d’union nationale, au moment de la Première Guerre mondiale avec l’Union sacrée. Elle a été facilitée par l’assassinat de Jean-Jaurès, le 31 juillet 1914, qui avait combattu, avec la CGT, la « Loi des trois ans ». Celle-ci, votée le 19 juillet 1913, instaurait un service militaire de trois ans pour préparer la guerre contre l’Allemagne.



C’est le président de la République, Raymond Poincaré, qui a utilisé l’expression « Union sacrée » pour la première fois, quatre jours seulement après l’assassinat de Jaurès, le 4 août 1914 à la Chambre des députés lors de son message aux assemblées. La droite et la gauche (la Section française de l’internationale ouvrière – SFIO – Parti socialiste aujourd’hui), ainsi que la CGT, acceptèrent l’Union sacrée pour faire la guerre. Cependant des minorités se sont opposées à cette orientation au sein de la SFIO et de la CGT. En 1912, la CGT comptait 700 000 adhérents sur 7 millions de salariés. En 1914 ses effectifs sont tombés à 50 000.



L’opposition à la guerre, en France et en Europe, va se structurer au sein du mouvement socialiste. Une première conférence se tient à Zimmerwald, en Suisse, du 5 au 8 septembre 1915. Une quarantaine de délégués représentant les minorités des partis socialistes vont se réunir, venant d’Allemagne, Bulgarie, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Suède, Suisse, et l’organisation socialiste des travailleurs Juifs. Un Manifeste est adopté, comprenant une « Déclaration franco-allemande commune aux socialistes et syndicalistes français et allemands » qui proclame : « Après un an de massacre, le caractère nettement impérialiste de la guerre s’est de plus en plus affirmé ; c’est la preuve qu’elle a ses causes dans la politique impérialiste et coloniale de tous les gouvernements, qui resteront responsables du déchaînement de ce carnage […] 



Elle est issue de la volonté des classes capitalistes de chaque nation de vivre de l’exploitation du travail humain et des richesses naturelles de l’univers ».

Une seconde conférence se tiendra à Kienthal (Suisse) du 24 au 30 avril 1916. Le contenu révolutionnaire de ces rencontres va s’affirmer : « le prolétariat ne peut pas ne pas aspirer à assurer l’indépendance des nations. Mais il doit le faire non en soutenant le militarisme capitaliste qui le ronge, mais par la lutte ouverte contre lui. Notre voie n’est pas la guerre au côté des gouvernants mais la révolution contre eux ».



L’Union sacrée va se défaire progressivement. D’abord, des mutineries éclatent en juin 1917 et dureront 8 semaines. Elles affecteront 68 divisions sur les 110 que compte l’armée Française. Des milliers de sanctions vont tomber, dont 554 condamnations à mort (49 exécutions). On compte en 1917 près de 700 grèves impliquant 294 000 travailleurs, les effectifs de la CGT remontent à 300 000 (en 1918 la CGT remontera à 600 000 adhérents). En septembre 1917, les socialistes français quittent le gouvernement d’Union sacrée. En octobre 1917, c’est la Révolution soviétique.



L’Union sacrée n’a pas fait la preuve de son efficacité, elle se désintègre en 1917 pour laisser la place à un gouvernement… fort ! Sa mise au service des impérialismes et la Révolution d’octobre en Russie vont donner naissance à l’organisation du mouvement communiste en Europe.


B.- Dans les autres pays de la zone euro, l’union nationale sert aujourd’hui à désarmer les mobilisations populaires pour « rassurer » les marchés financiers


Des systèmes d’union nationale ont existé ou existent encore dans certains pays d’Europe, particulièrement dans la zone euro.

 


En Grèce, le PASOK et la Nouvelle démocratie ont été dans le même gouvernement (Papademos) de novembre 2011 à juin 2012. Ils ont été rejoints après les législatives de juin 2012, dans un gouvernement dirigé par Antonis Samaras, par le parti de centre-gauche Dimar. Syriza et le Parti communiste grec ne font pas partie de ce consensus, ni l’extrême droite de l’Aube dorée. Cette « union nationale » avait été demandée par la « Troïka » (FMI, BCE, CE) pour faciliter les politiques d’austérité. Ce système n’a résolu aucun problème mais a favorisé la montée de l’extrême droite.

 


En Italie, l’union nationale a pris la forme d’un gouvernement d’« experts » dirigé par Mario Monti. Ce dernier n’a rien fait de significatif, ni pour aller dans le sens de Bruxelles, ni pour résoudre la crise dans l’intérêt de la population. Mario Monti a été balayé lors des élections législatives en février 2013. Le grand vainqueur a été Beppe Grillo du mouvement « Cinq étoiles » avec 25% des voix, devenant la troisième force politique du pays. Un gouvernement de coalition, par défaut, s’est mis en place sous la direction du Premier ministre Enrico Letta, composé du parti de Silvio Berlusconi, le Peuple de la Liberté (PDL), et d’une des suites du Parti communiste italien, le Parti Démocrate (PD). Le mouvement « Cinq étoiles » n’en fait pas partie. C’est la peur de l’augmentation des taux d’intérêt des emprunts d’État italiens qui a motivé les partis à agir, pas l’union nationale en elle-même.

 



En Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas, les « grandes coalitions » rassemblant les conservateurs et les sociaux-démocrates ne font pas la preuve de leur capacité à résoudre les problèmes. Au contraire. Le chômage est très élevé (sauf en Autriche), la dette publique et privée augmente, la croissance économique est faible. Partout l’extrême droite progresse.

 



L’Allemagne a connu deux « grandes coalitions » rassemblant les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates : entre 1966 et 1969, puis entre 2005 et 2009. Le bilan est globalement positif pour les classes dirigeantes, puisque la politique menée s’est faite dans le but de construire la puissance allemande sur les décombres des autres pays. Les travailleurs allemands en ont payé le prix par un écrasement de leur rémunération et de leur pouvoir d’achat.



Au total, le bilan est parfaitement clair : non seulement les gouvernements d’union nationale ne sont pas parvenus à résoudre les problèmes des pays concernés, mais ils ont été mis en place à la demande des oligarques pour étouffer la protestation populaire. De tels gouvernements servent à « rassurer » les marchés financiers en leur indiquant que la politique menée sera bien une politique de déflation salariale. Partout l’extrême droite progresse, parallèlement au chômage et à l’insécurité tous azimuts.

 

 

 

II.-L’IDÉE D’UN GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE N’EST QU’UN GADGET POLITIQUE, C’EST UN NOUVEAU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE QUI EST NÉCESSAIRE


Les responsables politiques qui préconisent actuellement la formation d’un gouvernement d’union nationale ne croient pas eux-mêmes à ce qu’ils disent. C’est une tout autre stratégie politique qui est nécessaire : la construction d’un nouveau Conseil national de la Résistance disposant d’un véritable programme anti-crise.

 


A.- L’union nationale : un gadget politique qui résulte d’une mauvaise interprétation des sondages

 


Dans le sondage publié par Le Journal du Dimanche du 27 avril 2013, on apprend que 78% des personnes interrogées seraient «  favorables » à ce que « François Hollande mette en place un gouvernement d’union nationale, composé de personnalités issues des différents partis politiques de gauche et de droite représentés au Parlement, ainsi que de personnalités issues de la société civile  ». Ce sont les électeurs classés à droite qui sont les plus favorables à cette idée (89%), suivis des électeurs du FN (79%) et des électeurs de gauche, incluant le PS (66%). Les plus favorables sont les artisans et commerçants (91%), les moins favorables sont les ouvriers (73%). Au sein de l’électorat classé à gauche, favorable à 66%, les électeurs du Front de gauche sont 58% à être favorables, 67% pour les électeurs socialistes et 76% pour les électeurs EELV.

 


On peut retenir deux enseignements de ce sondage :

 


1.- Un résultat qui témoigne des difficultés des Français à comprendre l’origine de la crise et des solutions à lui apporter

 


Déjà, juste après l’élection de 2012, selon un sondage CSA, les Français s’étaient déclarés favorables à 55% à un gouvernement d’union nationale. François Bayrou et Dominique de Villepin défendaient cette idée. On comprend très bien qu’une telle idée puisse surgir quand le président de la République et le gouvernement connaissent des records d’impopularité depuis les débuts de la Ve République.

 


L’idée d’un gouvernement d’union nationale n’est pas condamnable en soi. Elle part du sentiment, chez beaucoup de Français, que tous les responsables politiques devraient travailler la main dans la main, tirer dans le même sens pour l’intérêt de la nation. En mettant fin aux «  querelles partisanes », ces derniers pourraient alors se consacrer entièrement aux « vrais  » problèmes. Ce serait ainsi le seul moyen de trouver des solutions à la crise car sa gravité imposerait de mettre entre parenthèses les conflits de personnes et les oppositions idéologiques plus ou moins factices.

 


Une telle idée se trouve renforcée par le caractère désormais artificiel du clivage droite-gauche, où le PS et l’UMP, finalement, mènent la même politique. Celle conduite par monsieur Hollande n’est que la simple continuation, sur les plans économique et social, de celle de monsieur Sarkozy. Les périodes de cohabitation ont démontré que le PS et ses satellites d’un côté, l’UMP et ses filiales d’un autre côté, étaient parfaitement compatibles.

 


Les responsables politiques qui agitent l’idée d’un gouvernement d’union nationale savent très bien qu’elle n’est pas réalisable. Ils pensent tout simplement apparaître aux yeux des citoyens comme des rassembleurs en s’appuyant sur le sentiment majoritaire qui semble émerger des sondages. Ce n’est qu’un jeu, une simple posture.

 


Globalement, d’après ce sondage, la crise apparaît comme extérieure à la sphère politique. Ses causes seraient assimilables à une catastrophe naturelle. Il ne serait donc pas possible d’en faire porter la responsabilité à telle ou telle force ou responsable politique. D’où le sentiment du besoin de se rassembler pour y faire face. Nicolas Dupont-Aignan, en soutenant l’idée d’un gouvernement d’union nationale, encourage du coup le sentiment de l’impuissance face à la crise.

 


2.- Les Français doutent malgré tout de l’efficacité d’un gouvernement d’union nationale

 


À la question « un tel gouvernement d’union nationale serait-il plus efficace, moins efficace ou ni plus ni moins efficace qu’un gouvernement classique concernant… ? », les réponses sont les suivantes :

 


« La lutte contre le chômage » : 50% plus efficace, 11% moins efficace, ni plus ni moins 39%.


« La dette publique et les déficits » : 49% plus efficace, 12% moins efficace, 39% ni plus ni moins.


« Le pouvoir d’achat » : 45% plus efficace, 12% moins efficace, 43% ni plus ni moins.


« La lutte contre l’insécurité » : 40% plus efficace, 11% moins efficace, 49% ni plus ni moins.


Ces résultats démontrent clairement que les Français n’attendent pas de miracles d’un hypothétique gouvernement d’union nationale. Mais on n’en connaît pas véritablement les raisons, car deux hypothèses sont possibles. 



D’abord, on peut interpréter le résultat comme un doute émis par les personnes interrogées sur la capacité des partis à disposer des instruments d’analyse et de la volonté d’agir pour mettre un terme à la crise. C’est une critique des partis. Ensuite, on peut aussi interpréter le résultat comme étant la conviction qu’ont les Français que la crise est tellement grave qu’aucune solution n’existerait pour la résoudre.

 


C’est probablement un mélange de ces deux sentiments qui conduit les personnes interrogées à plébisciter l’idée d’un gouvernement d’union nationale, tout en doutant de sa capacité de résoudre la crise.

 

B.- Une tout autre perspective stratégique est nécessaire : celle d’un nouveau Conseil national de la Résistance doté d’un véritable programme anti-crise

 

Nicolas Dupont-Aignan a le choix entre deux stratégies politiques. La première, qu’il privilégie aujourd’hui, est celle du « dialogue  » avec le FN, au point d’intégrer ce parti à un gouvernement d’union nationale. Elle est une impasse. Nicolas Dupont-Aignan perdra sur tous les tableaux. Il perdra, d’abord, une partie de ses soutiens à gauche. Ces derniers, parce que la gauche est pro-euro, y compris le Front de gauche, se sont tournés vers Nicolas Dupont-Aignan. Mais ils repartiront s’il continue à donner des signes d’ouverture au FN. Ensuite, Nicolas Dupont-Aignan ne parviendra pas à séduire ne serait-ce qu’une frange de l’électorat du FN. Ce dernier, en effet, verra dans les appels à former un gouvernement d’union nationale dont le FN ferait partie une preuve éclatante de la pertinence de la stratégie suivie par Marine Le Pen. Enfin, une partie des électeurs gaullistes de Nicolas Dupont-Aignan, plutôt tournés vers une stratégie type CNR, n’apprécieront pas le rapprochement avec le FN et se détourneront.

 


Au lieu de s’enfermer dans cette voie sans issue, Nicolas Dupont-Aignan a l’occasion de reprendre le flambeau gaulliste et rechercher la création d’un nouveau Conseil national de la Résistance avec, notamment, des groupes communistes, le M’PEP, etc.

 


1.- L’impasse d’un gouvernement d’union nationale

 

La crédibilité de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale est proche de zéro. Au cas où un tel gouvernement verrait le jour, il serait incapable de résoudre les problèmes de la nation.

 

 

a.- On ne voit pas pourquoi des responsables politiques pro-euro accepteraient de faire partie d’un gouvernement qui organiserait la sortie de l’euro

 

 

Nicolas Dupont-Aignan – il a raison sur ce point – considère qu’un gouvernement d’union nationale devrait organiser la sortie de l’euro. C’est en effet une condition impérieuse, bien qu’insuffisante, pour sortir de la crise. Mais lorsqu’il donne quelques noms de membres possibles de ce gouvernement, aucun n’est vraiment pour la sortie de l’euro.

 

 

Il y a des pro-euro militants. Ce sont des responsables politiques qui considèrent que l’euro est un beau projet et qu’il faut maintenir la monnaie unique coûte que coûte. On trouve dans cette catégorie Henri Guaino (député UMP, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy) et Arnauld Montebourg (ministre du Redressement productif de François Hollande).

 

 

Il y a aussi les pro-euro honteux. Ce sont des responsables politiques qui peuvent avoir des mots très durs contre l’euro, mais qui trouvent toujours des prétextes pour éviter d’engager la lutte pour en sortir. On trouve dans cette catégorie, parmi les noms cités par Nicolas Dupont-Aignan : Jean-Pierre Chevènement (président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen), Florian Philippot (vice-président du Front national), et François Delapierre (délégué général du Parti de gauche).

 

Par quel miracle ces responsables politiques se convertiraient-ils, brutalement, à la sortie de l’euro ? Pour la plupart d’entre eux, en effet, la monnaie unique est une sorte de croyance religieuse.

 

 

b.- Le programme du gouvernement d’union nationale que propose Nicolas Dupont-Aignan ne pourra pas voir le jour

 

 

Le programme que propose Nicolas Dupont-Aignan, pourtant, correspond à ce qu’il convient de faire pour sortir de la crise : « défendre les emplois, relocaliser, sortir de l’euro, contrôler nos frontières, mettre en place un vrai plan de redressement de nos services publics ». Toutefois, aucun des responsables politiques mentionnés – les partis dont ils sont membres – ne dispose des propositions permettant d’appliquer un tel programme. Le cas le plus flagrant est celui de l’emploi où le vide des propositions opérationnelles est sidérant.

 

 

c.- Le Front national est un parti prosystème qui bafoue les valeurs républicaines, on ne peut pas s’allier avec lui

 

 

Nicolas Dupont-Aignan inclut un dirigeant du Front national dans le gouvernement d’union nationale qu’il appelle de ses vœux. Il donne ainsi à ce parti d’extrême droite un brevet de républicanisme. Pourtant le FN ne partage aucune des valeurs de la République. La liberté ? Le FN veut un régime autoritaire qui réduira les libertés. L’égalité ? Le FN ne veut pas remettre en cause les inégalités sociales en s’attaquant à la richesse insolente des puissants. La fraternité ? Le FN est une machine à diviser la population, il diffuse haine, xénophobie et racisme. Il est aujourd’hui un obstacle majeur à la construction d’un mouvement populaire progressiste menant le combat contre l’Union européenne et l’euro.

 

 

d.- Aucun processus politique permettant d’aboutir à un gouvernement d’union nationale n’est perceptible

 

 

Il n’existe a priori qu’une seule voie pour aboutir à un gouvernement d’union nationale : une décision du président de la République, celle-ci pouvant intervenir en cours de mandat ou à la suite de la prochaine échéance prévue en 2017. Cette seconde hypothèse n’aurait aucun sens puisque la revendication de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale est présentée comme une urgence. Ce serait, aux yeux de ses promoteurs, le seul moyen de résoudre la crise. On ne peut donc pas attendre 2017. Il ne reste par conséquent que la première option : une décision de François Hollande.

 


Pourquoi François Hollande déciderait-il de mettre un terme au gouvernement de Jean-Marc Ayrault et de le remplacer par le gouvernement dont quelques noms de ministres ont été proposés par Nicolas Dupont-Aignan ? S’il prenait cette décision, son aveu d’échec serait immédiat. Non seulement il torpillerait le Parti socialiste, mais il deviendrait un président de cohabitation face à un gouvernement incontrôlé et incontrôlable. Le chaos politique s’installerait dans notre pays. Mieux vaudrait alors dissoudre l’Assemblée nationale et convoquer de nouvelles élections législatives.

 


2.- Un nouveau Conseil national de la Résistance, doté d’un programme anti-crise, est la stratégie qui convient aujourd’hui

 


Cette année 2013 est celle du 70e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance. À l’époque, les six principaux partis de la IIIe République en étaient membres : Alliance démocratique (droite modérée et laïque), démocrates-chrétiens, Fédération républicaine (droite conservatrice et catholique), PCF, radicaux, SFIO. Les grands mouvements de résistance étaient également présents : Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance, Combat, Franc-tireur, Front national (réseau créé par le PCF), Libération-Nord, Libération-Sud, Organisation civile et militaire. Enfin le CNR comprenait les syndicats CGT et CFTC.

 


C’est vers un tel arc de forces qu’il convient de tendre.

 


Cette nouvelle alliance politique doit porter l’exigence de la souveraineté nationale, seul moyen d’appliquer un programme inspiré de celui du Conseil national de la Résistance (CNR) :

 

=> Sortir de l’Union européenne pour construire des coopérations libres avec les peuples et nations d’Europe débarrassées de l’eurolibéralisme.

=> Sortir de l’OTAN et refuser les guerres prétendument « humanitaires ».

=> Démanteler les marchés financiers, annuler la dette publique et sortir de l’euro afin de supprimer le chômage et la précarité par l’instauration du droit opposable à l’emploi, la relance de l’industrie, la démocratisation des organisations productives.

=> Prendre des mesures protectionnistes inspirées du cadre universaliste de la Charte de La Havane pour stimuler la coopération internationale.

=> Redresser la Sécurité sociale et la protection sociale en général.

=> Restituer à la nation les grandes féodalités financières, industrielles, de services et médiatiques afin de mettre en œuvre un programme permettant une mutation écologique, sociale et démocratique des modes de production et de consommation.


C’est sur de telles bases que notre pays et le peuple auraient tout à gagner.

 

 

 Source : M'PEP


 

 

 

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