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Publié par Michel LeDiablo

De la retraite des vieux

à la retraite des jeunes

 

 

Il est rare d’avoir l’opportunité d’assister à un lapsus collectif en direct. Bien entendu, chacun de nous fait des lapsus, exprimant dans un moment d’inattention non pas ce que nous voulions communiquer à l’autre, mais le fond intime de nos pensées. Mais voire une foule faire le lapsus en même temps que le dirigeant qui lui parle, c’est un spectacle rare et que je m’en vais partager avec vous.



Le théâtre du Grand Lapsus fut le discours de Pierre Laurent lors du traditionnel meeting politique du dimanche soir. Voici les paroles exactes prononcées par l’orateur transcrites à partir de la vidéo de son intervention (consultable ici, à la 23ème minute). Tout à coup, après avoir enfilé des perles sur la Syrie et sur la politique gouvernementale, il est venu à Laurent l’idée de poser une question à la foule :


« J’ai envie de vous demander quelque chose, puisque parmi vous il y a beaucoup de jeunes. Que celles et ceux qui sont parmi les jeunes, parmi nous, que celles et ceux qui croient qu’ils n’auront pas demain droit à une retraite à taux plein à 60 ou a 62 ans lèvent la main [levée unanime des mains dans le public]… et bien voilà le problème : c’est que la très grande majorité des jeunes sont aujourd’hui persuadés, et malheureusement ils ont raison, que si l’on continue dans cette voie-là ils n’auront plus droit à la retraite. Et bien, nous n’acceptons pas une société qui sacrifie la jeunesse, une société qui dit à la jeunesse « vous vivrez moins bien que les générations précédentes » ».


Mes lecteurs les plus pervers, et j’espère qu’ils sont très nombreux, auront remarqué qu’il y a une faille logique dans le raisonnement : Laurent demande de lever la main à ceux qui « croient qu’ils n’auront pas une retraite pleine à 60 ou 62 ans » puis tire comme conclusion que les jeunes sont persuadés « que si on continue comme ça » ils n’auront plus droit à la retraite. Or, la question ne faisait pas la réserve du « si on continue comme ça ». Par ailleurs, il y a une différence évidente entre « ne pas avoir une retraite pleine à 60 et 62 ans » et « ne pas avoir droit à la retraite » tout court. La conclusion aurait qu’on peut tirer du vote à main levé des jeunes est que « les jeunes sont persuadés qu’ils auront pas une retraite pleine à 60 ou 62 ans ».



Cette conclusion est très intéressante. Si l’on écoute les discours des dirigeants du Front de Gauche, on aurait pu s’attendre à ce qu’à la question posée la réponse des jeunes soit « nous aurons bien une retraite à taux plein à 60 ans puisque lorsque l’heure de notre retraite aura sonné dans trente ou quarante ans la « révolution citoyenne » aura eu lieu et nous vivrons dans une société juste ». Mais voici qu’à la Fête de l’Humanité, rassemblement de gens dont on suppose qu’ils croient à un changement profond de la société dans les années qui viennent, lorsqu’on demande aux jeunes ce qu’ils pensent de la situation de la France dans trente ou quarante ans leur réponse est profondément pessimiste. En fait, pas plus les jeunes que les dirigeants de la « gauche radicale » ne semblent croire à un changement profond dans les trente ou quarante années qui viennent. Pourquoi sinon considérer que la réforme des retraites d’aujourd’hui reviendrait à « sacrifier » une jeunesse qui prendra sa retraite au mieux dans plusieurs décennies ?



Voilà donc le Grand Lapsus auquel je faisais référence. Malgré tous les grands discours sur la « révolution citoyenne » qui serait déjà commencée – « regardez l’Amérique Latine » -, malgré la « colère qui monte » et les « nous n’accepterons pas ceci ou cela », dans leur for intérieur les jeunes militants de la « gauche radicale » tout comme leurs dirigeants n’y croient pas un mot. Au contraire : ils ont une vision d’une remarquable stabilité, au point de penser que les règles qui seront fixées pour les retraites aujourd’hui s’appliqueront encore dans trente ou quarante ans.



Plus remarquable encore est la dernière phrase du paragraphe cité, cette idée que retarder l’age de la retraite reviendrait à « sacrifier la jeunesse », à lui dire « vous vivrez moins bien que les générations précédentes ». Après tout, la retraite n’est qu’une étape, et pas la plus longue ni la plus importante, de notre vie. Ce n’est pas parce qu’on part plus tard à la retraite qu’on « vit moins bien » qu’une autre génération. Que dire alors de ceux qui ont le malheur de mourir à 60 ans après une vie de bonheur ? Doit on considérer qu’ils n’ont pas « bien vécu » ?



Il y a dans ce surinvestissement dans la retraite quelque chose d’étrange qu’il faut à mon avis souligner. Le discours politique des opposants à la réforme des retraites se construit un peu comme si la vie active était une longue « vallée des larmes », une époque d’asservissement et de souffrance dont la retraite serait en quelque sorte à la fois la libération et la récompense. Un peu comme si l’on ne commençait véritablement à « vivre » que lorsqu’on quitte la vie active.



Cette vision est un renversement complet par rapport à celle qu’avaient les générations précédentes. Il faut rappeler que la retraite a été créée non pas pour récompenser une vie de travail, mais pour prendre en charge la situation des personnes qui, l’âge avançant, n’étaient plus en mesure de travailler et donc de subvenir à leurs besoins. Le départ à la retraite n’était donc pas une libération ou une récompense, c’était la conséquence d’une déchéance physique ou intellectuelle qui vous empêchait de faire ce que la société trouvait normal : gagner votre vie par votre travail. Ceux qui ont bâti notre système de retraite ne l’ont certainement pas conçu pour que des gens dans la plénitude de leurs capacités, pouvant encore produire de la richesse par leur travail, se « retirent » pour vivre de leurs rentes. Car c’est bien là que se trouve la question fondamentale. Le retraité est avant tout un rentier. Il reçoit la rémunération d’un capital qu’il s’est constitué tout au long de sa vie (1) : cette vision de la retraite comme une « libération » et une « récompense » n’est qu’une illustration de plus de la manière dont notre société survalorise depuis quelques décennies le rentier par rapport le travailleur. Pour les générations précédentes, le travail était l’élément essentiel de la dignité sociale. C’est pourquoi on travaillait aussi longtemps qu’on le pouvait, et seule l’impossibilité de travailler – les âges de départ à la retraite correspondaient à une baisse importante de la productivité du travailleur – justifiait socialement qu’on se « retire » (2) du processus productif tout en restant à la charge de la société. L’idéologie libérale-libertaire a changé tout çà : on considère aujourd’hui – même dans les partis de la « gauche radicale », que penserait le Marx qui citait l’adage « celui qui ne travaille pas ne mange pas » pour qualifier le sort qu’on devait réserver au rentier – tout à fait digne socialement qu’une personne capable de travailler puisse vivre de ses rentes. La retraite, c’est la démocratisation symbolique du statut de rentier.


Pourquoi pas, me direz vous. Mais cette logique conduit à une conclusion immédiate : pour que le système soit juste, il faut que la somme de ce que chaque génération consomme tout au long de sa vie soit égale à la somme de ce qu’elle produit pendant la même période. Autrement, on se trouverait dans la situation où une génération vivrait aux crochets des autres, ce qui serait foncièrement injuste. Or, lorsque l’espérance de vie s’allonge, cela implique que chaque génération consommera pendant plus longtemps que la précédente. Il lui faut donc, à niveau de vie constant, produire plus. Il y a donc plusieurs paramètres sur lesquels on peut jouer : le niveau de vie aux différentes étapes de la vie, la durée de la vie active, le temps de travail quotidien ou hebdomadaire, la productivité du travail… et en jouant sur ces paramètres on peut arriver à des compromis différents. Certains préféreront peut-être travailler moins intensément mais plus longtemps. Certains préféreront avoir un plus haut niveau de vie quitte à partir à la retraite plus tard. D’autres au contraire voudront partir plus vite, quitte à vivre moins bien leur retraite. D’autres encore se diront qu’il vaut mieux vivre une jeunesse pauvre et une vieillesse riche… les combinaisons sont inépuisables. La réforme qui est proposée aujourd’hui par le gouvernement fait un choix mixte : vivre un peu moins bien lorsqu’on est actif – on augmente les cotisations – et partir un peu plus tard pour pouvoir maintenir le niveau des pensions et la durée hebdomadaire du travail. On aurait pu faire le choix inverse : garder le départ à 60 ans mais rallonger la semaine de travail à 40 heures.



Il y a là une problématique qui mériterait une réflexion progressiste : faut-il un système uniforme, dans lequel l’équilibre entre ces différents curseurs est fixé de la même manière pour tous, ou faut-il laisser une mesure de choix individuel dans l’optimisation ? Faut-il laisser aux individus le choix de leur date de départ à la retraite, étant entendu que la pension sera calculée en proportion ? Faut-il permettre aux individus de moduler leurs cotisations étant entendu, là encore, que ceux qui auront choisi de plus cotiser auront des retraites plus conséquentes ? Le problème avec la « gauche radicale », c’est qu’elle veut tout, tout de suite : qu’on augmente les pensions, qu’on parte plus tôt, qu’on travaille moins, et qu’on fasse des études plus longues. Au lieu de chercher une solution rationnelle et donc crédible, on préfère plaire à tout le monde en demandant l’impossible. Et lorsqu’on demande l’impossible on n’est généralement pas suivi. Les travailleurs français ont beaucoup de bon sens, et comprennent très bien que face aux propositions du gouvernement, il n’y a pas véritablement de projet alternatif autre que celui de dire « non » à tout.


Mais quelque soit le choix qui sera fait… est-ce que celui-ci concerne véritablement la « jeunesse » ? Pierre Laurent le pense, reprenant en cela un discours qui est commun à l’ensemble de la « gauche radicale ». Plus loin dans son discours à la Fête de l’Humanité il le dit :


« Je vous donne rendez-vous pour un premier rendez-vous de mobilisation devant l’Elysée le 18 septembre à l’appel de quatorze organisations de jeunesse qui appellent ce jour là à manifester (…) pour dire qu’ils veulent de vrais progrès pour la jeunesse dans la réforme des retraites ».


Ainsi, quatorze organisation de jeunesse se mobilisent. Non pas par solidarité avec les « quinqua » qui sont proches de la date fatidique, ce qui à la rigueur serait compréhensible, mais pour exiger « des vrais progrès pour la jeunesse » dans la réforme des retraites. J’avoue avoir du mal à comprendre en quoi la reforme des retraites concerne les jeunes… qui peut penser aujourd’hui que les règles qui seront posées aujourd’hui seront en vigueur dans un demi-siècle ?



Au cours de l’histoire, la jeunesse a beaucoup manifesté : quelquefois pour défendre ses intérêts immédiats – pour que les garçons puissent visiter le dortoir des filles, pour exiger le droit sacré de porter du rouge à lèvres au lycée – souvent pour des causes nobles et plus détachées du quotidien – les guerres d’Algérie ou de celle du Vietnam, la solidarité avec les républicains espagnols ou l’union contre le fascisme. Mais je ne trouve pas dans l’histoire un seul exemple où les organisations de la jeunesse soient descendues dans la rue préoccupées par leurs propres retraites. Jouhandeau avait apostrophé les « enragés » de mai 68 avec ces mots prémonitoires « rentrez chez vous, dans vingt ans vous serez tous notaires ». Aujourd’hui, Pierre Laurent renverse la formule : « sortez dans la rue, dans quarante ans vous serez tous retraités ».


Que Laurent, Mélenchon et le reste de la clique soient préoccupés par la retraite, on peut le comprendre. Après tout, ils sont tous plus près de la harpe que de la guitare, comme disait mon père. Mais qu’ils plaquent cette préoccupation sur la « jeunesse », c’est beaucoup plus inquiétant. Qu’est ce qui fait le charme de la jeunesse, sinon le fait que c’est l’âge de tous les possibles ? J’en appelle à ceux de mes lecteurs qui, comme moi, ont leur jeunesse derrière eux. Au printemps, de quoi rêviez vous ? De construire un grand barrage, de porter le maillot jaune sur les Champs Elysées, de faire la révolution, d’inventer un vaccin, d’écrire une symphonie, de gagner la finale de la Coupe du Monde, de sauver la France, de poser le pied sur la Lune…


Nos références étaient Robespierre ou Merckx, Lénine ou Pasteur, Che Guevara ou Curie. Imaginez vous Robespierre ou Che Guevara, Lénine ou Pasteur préparant leur retraite ?


Vous m’objecterez que ces personnages appartiennent tous aux classes supérieures, là où le travail vous rapporte, outre de l’argent, une satisfaction.


C’est en partie vrai, mais en partie seulement. Mes grands parents étaient ouvriers, et ils racontaient avec une vraie nostalgie – et cela malgré la dureté du travail – leur vie sociale, politique, syndicale à l’atelier. J’ai retrouvé cette même vision chez la plupart des anciens ouvriers que j’ai connu. Discutez avec les anciens mineurs, et ils vous raconteront la mine avec un mélange de fierté et de nostalgie, alors qu’on peut difficilement imaginer travail plus dur. On peut le retourner comme on veut, le fait est que l’homme crée par le travail, que cette création soit un vaccin nouveau où une pièce de voiture.


Quitter le monde du travail, c’est socialement mourir un peu (3).



Alors, jeunesse de mon pays, permets moi d’utiliser le privilège de mon âge, qui est de donner de bons conseils pour se consoler de ne pas pouvoir donner de mauvais exemples. Jeunesse de mon pays, tu n’est pas une « victime ». Méfie toi de cette idée absurde que « pour la première fois une génération vivra plus mal que la précédente ». C’est le contraire qui est vrai : rarement une génération aura été aussi choyée par les dieux que la tienne. Aucune génération n’a bénéficié, dans toute l’histoire, d’un tel niveau d’éducation, d’une telle protection contre la maladie, d’un tel niveau de vie et de consommation, d’une espérance de vie équivalente à la tienne, d’une aussi faible exposition aux guerres et aux catastrophes. Si les régimes de retraite sont en crise aujourd’hui, c’est entre autres pour cette dernière raison. Tout n’est pas rose, bien entendu, mais dis toi bien que tout n’était pas rose non plus dans la vie de tes aînés, loin de là. Qu’il y a à peine un demi siècle on avait encore les toilettes sur le palier, les études universitaires réservées à une petite minorité, et que les dernières épidémies de poliomyélite datent des années 1950. Et que si une génération, celle de mai 68, a pu profiter de l’exceptionnel effort de reconstruction des « trente glorieuses » préférant manger le capital plutôt que de le réinvestir cela constitue l’exception et non la règle.



Jeunesse de mon pays, n’écoute pas ces dirigeants qui veulent t’enfermer dans la vision petite-bourgeoise du rentier heureux. La retraite c’est loin, et d’ici à ce que tu arrives à l’âge où elle te sera nécessaire, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts, des ponts qui pour beaucoup ne sont pas encore construits, et qu’il t’appartiendra de construire. Profite du seul privilège que tu as, celui d’avoir le temps devant toi pour imaginer, pour rêver, pour construire, pour t’engager sur de grandes choses. Et si tu sors dans la rue, fais-le pour des causes qui en valent la peine aujourd’hui, et pas pour exiger ce que tu toucheras dans quarante ans. Jeunesse de mon pays, sois lucide sur les discours de ceux qui veulent te faire croire que tu est sur terre pour souffrir jusqu’au jour béni ou tu seras comme eux – c'est-à-dire vieux – et que tu pourras toucher ta retraite. Ce n’est pas vrai.

Jeunesse de mon pays, la retraite que tu toucheras dans trente ou quarante ans, ne sera pas assurée – pas plus qu’elle ne sera compromise – par des lois faites aujourd’hui. Elle sera assurée si l’économie de notre pays est en mesure de la payer, et compromise si elle ne l’est pas. Ce n’est pas sur la réforme des retraites que ta retraite se joue. C’est sur les questions de la politique industrielle, de la recherche, de l’innovation, des investissements dans les infrastructures, de l’Euro et de l’économie. Ce sont ces politiques qui conditionnent non seulement ta retraite. N’imagine pas que tu pourrais être le citoyen d’un pays appauvri et devenir par on ne sait quelle magie riche à l’heure de ta retraite. Alors, si ta retraite te préoccupe…


Descartes


(1) Et cela indépendamment du choix du système de constitution de la rente, par « capitalisation » ou par « répartition ». Dans le premier cas, la rente se constitue par des apports en monnaie à un fond dont on touche ensuite le revenu viager qui est prélevé sur les entreprises dans lequel le fond est investi, dans le second la rente se constitue par apport de « trimestres » qui sont rémunérés par un prélèvement sur l’ensemble de l’économie. La « répartition » permet donc de distribuer le risque d’une manière plus large et donc de mieux sécuriser le système. Mais dans les deux cas, il s’agit d’une rente.


(2) Il faut noter d’ailleurs que les premiers régimes de retraite modulaient d’une manière importante l’âge de départ à la retraite en fonction de la pénibilité du travail. On l’oublie souvent, mais le départ « avancé » de certains régimes spéciaux est historiquement lié à une pénibilité particulière : mineurs, électriciens travaillant en centrale thermique, conducteurs de locomotives, policiers… ce n’est que parce que cette pénibilité a quelquefois disparu que ces régimes semblent aujourd’hui « injustes ».


(3) Pour finir sur une note personnelle, je dois avouer que j’ai toujours eu peur de la retraite. Peut-être ais-je été traumatisé d’avoir vu à mon premier poste des collègues mis à la retraite d’office alors qu’ils avaient encore la force et l’envie de continuer à travailler, à produire, à se sentir utiles. Je me souviens de ces pots de départ sinistres, ou l’on faisait tous semblables – surtout le principal concerné – d’être heureux de son départ. J’ai redouté et je redoute toujours le jour ou cela m’arriverait aussi. Bien sur, un jour je ne serai plus capable de travailler, et je serai bien content d’avoir alors de quoi vivre mes dernières années. Mais en toute franchise, je ne suis pas pressé.


Source:

 

http://descartes.over-blog.fr/ 

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