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1 Mon blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non-commercial et totalement amateur. Les images (photos , dessins, vidéos), les textes dont je ne suis pas l'auteur ainsi que les musiques et chants seront supprimés de mon blog sur simple demande par courriel.

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Salut et fraternité

El Diablo

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« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

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Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.

Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par DIABLO

coord-communiste-59-62.jpg

PRCF00.jpg

Le 23 mars 2012 :

Bonjour camarades du PRCF,

Dans une de vos publications, nous découvrons avec surprise et tristesse que vous présentez, associés au M'PEP, une candidature aux législatives à Hénin-Beaumont, la circonscription où sera présente Marine le Pen. Ce faisant vous vous présentez contre la candidature de la Fédération PCF dans le cadre du Front de Gauche, représentée par le camarade Hervé Poly.

Il s’agit d’une décision dont nous tenons à nous démarquer, et que nous dénonçons comme une faute politique d’une gravité extrême.

En effet, une telle politique sectaire gauchiste :

- divise le nécessaire front antifasciste anti FN et anti-PS corrompu qui, seul, peut permettre de barrer la route à l'élection-test que recherche à Hénin-Beaumont la candidate du parti fasciste, Marine Le Pen;

- fait de la Fédération PCF et de son courageux secrétaire, le camarade Hervé Poly, l'adversaire à abattre en lieu et place du FN fasciste;

- s'oppose à la nécessité du rapprochement entre les communistes dans et hors du PCF social-démocratisé en vue d'une unité d'action stratégique dont le but est la reconstruction à terme d'un véritable parti communiste;

- vous met objectivement dans la situation de provocateurs faisant le jeu du FN et du PS corrompu

Nous tenons absolument à protester contre cette grave déviation gauchiste.

Nous suspendons notre participation à tout projet commun avec vous. En particulier, nous refusons que nos positions communes avec vous sur la question de l'Euro soient utilisées de façon gauchiste comme élément mis en avant pour tenter d'affaiblir la candidature du camarade Hervé Poly.

Nous poursuivons notre travail d’unité tactique dans le Front de Gauche et notre propre travail contre l’Euro et contre l’Europe capitaliste-prison des peuples et impérialiste-agresseur des peuples.

Le Rassemblement des Cercles Communistes (RCC)

Cercle Henri Barbusse – Coordination Communiste Nord/Pas-de-Calais – Cercle Communiste d’Alsace – Cercle Communiste de Région Parisienne – Rouge Vif Bouches du Rhône

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Le 24 mars 2012 :

Aux militants de la Coordination communiste du nord

Camarades,

Nous sommes heureux de voir que, dès lors qu’il s’agit de protéger les intérêts électoraux du Front de gauche et d’excommunier le PRCF, vous parvenez à vous concerter très rapidement avec les autres cercles du RCC : c’est en effet ce jeudi que le camarade Hervé Poly, qui a jusqu’ici fait montre d’une sage modération dans ses relations avec les autres forces progressistes, suggérait au(x) « syndicaliste(s) » glorieusement anonyme(s) instigateur(s) d’une « pétition » grotesque et provocatrice contre notre candidature avec le M’PEP à Hénin, de se calmer un peu et de nous adresser plutôt un courrier. Les choses ne vont pas si vite d’ordinaire, de votre côté, quand il s’agit de répondre à notre invitation moult fois répétée de faire quelque chose de tangible de nos déclarations communes contre l’euro et de les diffuser ensemble aux travailleurs, et cela, bien avant que n’eût été envisagé quoi que ce soit par nous au sujet d’Hénin...

Nous observons d’ailleurs que, effrayés à l’idée que cela puisse contrarier votre appui acritique au front de gauche (ou plutôt, critique en paroles mais nullement en actes), vous prétextez de notre divergence tactique actuelle pour enterrer sine die la campagne commune anti-euro, que vous prétendez pourtant stratégique à vos yeux. Les fins marxistes que vous êtes ne peuvent pourtant ignorer la différence qui existe entre une alliance tactique ( « notre travail d’unité tactique dans le Front de gauche » dites-vous, sans rappeler que ledit Front de gauche se prononce pour la mensongère « Europe sociale » et pour l’utopique « euro au service des peuples…) et une alliance entre communistes sur une question stratégique déterminante pour la restauration de l’indépendance nationale et la possibilité même du socialisme dans notre pays : le retrait de la France de l’UE et de l’euro sur des bases progressistes inspirées des grands principes du CNR.

Pour notre part, n’étant ni des opportunistes ralliés, ni des imprécateurs adressant des sommations aux autres progressistes, nous recherchons le dialogue critique et fraternel avec les militants du Front de gauche et du PCF. Nous avons écrit en termes mesurés à M. Mélenchon en lui demandant de clarifier sa position sur l’euro et l’UE et un dialogue fécond s’est instauré sur ce thème avec des militants du FDG qui sont fort loin pour beaucoup, de votre sectarisme si rétro. Nous avons rencontré Hervé Poly à la fédé du Pas-de-Calais et avons eu avec lui un dialogue politique courtois et respectueux ; c’est lui qui nous a appris qu’il ne comptait pas mettre la lutte contre l’euro au cœur de sa campagne ; cela a pesé dans notre réflexion politique car nous jugeons qu’on ne peut pas combattre efficacement Sarkozy et Le Pen en n’affrontant jamais de manière frontale la question de l’actuelle désintégration européenne de la nation.

Par ailleurs, nous n’avons jamais conditionné le dialogue respectueux et l’action communiste avec vous à une rupture de votre alliance avec le FDG, même si le fait qu’elle soit pour vous clairement stratégique et non pas tactique, - comme le révèle à votre corps défendant l’épisode actuel -, exige désormais une révision de notre attitude à votre égard. Mais libre à vous de préférer l’excommunication d’autrui au nom des grands principes tout en vous mettant de facto à la remorque servile d’une orientation social-européiste (plus franche que votre lettre, la « pétition » anonyme nous faisait clairement reproche, elle, d’aller à Hénin pour attaquer l’euro sur des bases de gauche !). Or c’est cette orientation social-européiste qui, objectivement (les intentions des uns et des autres ne sont pas en cause), subordonne la gauche dite anti-libérale à la social-eurocratie et qui nourrit la montée du FN en France et dans le 62 depuis trente ans en abandonnant aux fascistes qui le dévoient, le drapeau de l’indépendance nationale et du produire en France si cher à la classe ouvrière (française et immigrée) torturée par l’euro-casse de l’industrie et du secteur public.

Le ton inquisitorial de votre lettre est de nature à susciter de notre part un silence ironique. Cependant, nous ne pouvons laisser passer les contre-vérités nombreuses qu’elle contient en peu de lignes.

D’abord, nous ne nous présentons pas « contre Hervé Poly », avec lequel nous souhaitons dialoguer, y compris durant la campagne, et pour lequel bien évidemment nous appellerions à voter au second tour si le suffrage universel l’y portait (à charge de revanche comme il se doit). C’est un amalgame frisant la paranoïa politique et la pure affabulation que de prétendre que nous ferions d’Hervé « l’adversaire à abattre ». C’est votre comportement qui au contraire a pour effet d’envenimer des rapports qui auraient pu, et qui peuvent encore de notre point de vue, rester courtois et même, coopératifs face à l’ennemi commun.

Prétendre, comme l’indigne « pétition » syndicale nous retirer le droit élémentaire de présenter des candidats aux élections (ce sera aussi le cas dans le Val-de-Marne, ne vous déplaise), cela revient à dire qu’il faut instaurer à gauche le parti unique (et même pas le parti unique révolutionnaire !) en retirant aux forces populaires minoritaires le droit de populariser leurs thèses indépendamment des « grands » partis. Ce n’est pourtant pas le M’PEP, ni le PRCF, qui ont conduit le pays dans l’état de décomposition politique, morale et sociale avancée où il se trouve aujourd’hui à la suite de trente années de pseudo-alternance sur fond de Parti Maastrichtien Unique accompagné par la « gauche plurielle ». En affichant votre prétention grossièrement hégémonique à décider de qui peut ou pas se présenter aux élections sur son propre programme, vous allez encore plus loin que Hollande, qui ne cesse d’appeler de la sorte au « vote utile » dès le premier tour pour tenter d’écraser les candidats sur sa gauche, mais qui du moins, n’a pas la prétention despotique de délégitimer le droit de Mélenchon, de x, y ou z, à poser leur candidature devant le peuple : votre prétention, comme celle de la prétendue « pétition » anonyme qui l’a précédée, est extrêmement inquiétante quant au sens que vous accordez au mot démocratie.

Redisons donc, puisqu’il n’est pire sourd que qui ne veut rien comprendre, que nous nous présentons depuis le début contre M. Le Pen et sa doublure Sarkozy, contre l’U.E. du capital et ceux qui la fardent de rose, et que cela ne nous interdit aucunement de démasquer le PS maastrichtien qui, tout particulièrement dans le Pas-de-Calais, a creusé le lit du FN par ses pratiques hégémoniques et malsaines, et par son mépris du 29 mai 2005, où 75% des électeurs du bassin minier, ouvriers en tête, ont voté non. Or ces électeurs n’ont pas seulement dit non à la constitution européenne, que la masse des gens n’avait évidemment pas lue, ils ont catégoriquement refusé la construction européenne elle-même qui a détruit le charbon, l’acier et la métallurgie en appauvrissant des milliers de familles populaires.

Au nom de quelle étrange conception de la démocratie, les forces qui combattent de gauche, sur des bases progressistes, cette Europe fascisante (voir la criminalisation des communistes à l’Est, ou la récente euro-installation de proconsuls en Grèce et en Italie), n’auraient-elles pas le droit de se présenter aux élections EN FAISANT LE PEUPLE JUGE ? C’est au second tour qu’éventuellement, on s’unit après s’être respectés au premier tour et évidemment, cela nécessite le respect en amont du premier tour, et non l’imprécation, l’intimidation et l’inquisition. Et c’est en invectivant en amont même du premier tour qu’on prend le risque irresponsable de miner la dynamique populaire qui se nourrit, non pas du monolithisme autoritaire, mais du débat démocratique et respectueux au sein du camp antifasciste. Au premier tour, on a le droit, on a même le devoir de porter ses propres couleurs si on pense que c’est nécessaire pour faire reculer le fascisme en dessinant les contours d’une alternative populaire, patriotique et antifasciste : une alternative qui fait totalement défaut tant qu’on prétend changer la France dans le cadre de l’UE et tout en cultivant l’illusion de sa « réorientation à gauche » à laquelle ne croit plus la majorité des ouvriers. Quand sur ces bases « euro constructives », que malheureusement le FDG partage encore avec le PS, un gouvernement « pluriel » conduit par Hollande ne pourra faire autrement qu’appliquer la gigantesque austérité prévue pour notre pays pour « sauver l’euro », le fascisme dans toutes ses variantes fera un nouveau un bond en avant si aucune force progressiste INDEPENDANTE n’a tenté d’arracher des mains du FN le drapeau usurpé et dévoyé en combattant dans son principe même le fascisant Empire européen en construction.

Libre à vous de ne pas mener ce combat très dur, qui est à la fois celui de l’indépendance de la France et celui de l’indépendance des forces populaires par rapport à la social-eurocratie ; mais du moins, ne prenez pas pour cible n°1 ceux qui le mènent courageusement et ne vous faites pas plus royalistes que le roi en vous faisant les porte-parole de forces politiques établies qui ont les moyens de s’exprimer par elles-mêmes et dont l’intérêt est d’entrer en campagne dans un climat serein, en tendant leurs forces contre l’extrême droite de « Nicolas Le Pen ».

Les masques finissent toujours par tomber. Dans les années 90, quand vos dirigeants du nord avaient rallié la première coordination communiste du PCF, celle qui se battait dans le PCF d’alors pour y défendre les idées révolutionnaires, vous nous traitiez de collabos du PCF ( !), nous qui, dans la fédé alors 100% anti-UE du Pas-de-Calais, menions la lutte au cœur de la majorité fédérale. Et certains d’entre vous se sont alors empressés de déserter ce combat sur des bases gauchistes et sectaires en délaissant le combat interne au moment où l’enjeu était encore d’unir à l’intérieur et à l’extérieur du PCF. Aujourd’hui que la « mutation » du PCF est achevée, que P. Laurent devenu président du P.G.E. défend l’euro à cor et à cris, vous voilà devenus, avec le zèle du néophyte, les flancs-gardes d’un parti dont nous respectons les militants et les dirigeants, dont on ne sait même pas si certains des siens ou de ses sympathisants entreront ou pas dans un éventuel gouvernement, ou dans une éventuelle majorité parlementaire « hollandiste » vouée à appliquer la giga-austérité édictée par la Banque de Francfort.

Nous poursuivrons donc sereinement notre travail pour l’unité de combat anti-Maastricht des communistes, membres ou pas du PCF, pour le rassemblement des syndicalistes qui ne mettent pas leur mandat au service de coups politiques, pour l’union de tous ceux qui veulent briser l’étau que resserrent autour du peuple français les fascistes et les forces maastrichtiennes, les uns en usurpant le drapeau national, les autres en brandissant l’étendard européen, troué ou pas.

Pour finir, laissez-nous vous dire qu’étant donné l’enjeu historique de ce combat à contre-courant pour unir à la fois contre les fascistes et contre l’UE en unissant, comme le firent les FTP-MOI, le drapeau rouge des ouvriers au drapeau tricolore de la nation, nous ne sommes pas si surpris des contre-attaques affolées auxquelles il donne lieu et dont vous êtes, nous le regrettons pour vous, le si consternant relais.

Georges Gastaud, secrétaire départemental du PRCF-62, Vincent Flament, secrétaire départemental du PRCF-59, Jean-François Maison, candidat suppléant du PRCF dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais

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Le 29 mars 2012 :

A la direction du PRCF 59/62

 

Camarades,

 

Nous sommes désolés de constater que votre réponse, teintée d'ironie voire de mépris, n'est pas à la hauteur du grave problème que nous avons soulevé et même, pour une très large part, répond à tout autre chose.

Nous n'avons pas abordé en effet une soi-disant "interdiction de présenter des candidats aux élections" (?!), mais UNIQUEMENT la question de votre candidature dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais. Dit autrement, nous ne critiquons pas par exemple votre candidature dans le Val-de-Marne (dont nous ne connaissons pas au demeurant les contours) et il est probable que nous ne vous interpellerions pas ainsi si vous vous présentiez ailleurs, à Lens par exemple où vous avez des militants.

 

Quelle est donc la situation PARTICULIERE de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais ?

Bien sûr il s'agit de la circonscription où se présente Marine Le Pen, ce qui va donner un écho important à la campagne électorale menée, va attirer les projecteurs et l'attention médiatique, et peut ainsi d'autant plus mettre en lumière une petite organisation qui cherche à "mettre en lumière" ses propositions et thèmes de campagne. C'est la raison pour laquelle le M'PEP a d'ailleurs choisi cette circonscription-là (ils ne seront présents, comme vous le  savez, que dans 3 circonscriptions dans toute la France). Il s'agit, comme l'a dit le congrès du M'PEP en janvier, de "ne pas laisser les citoyens qui veulent exprimer leur refus de l'UE et de l'euro dans les bras de la droite souverainiste ou sombrer dans les pièges tendus par la chef de file du Front national". Vous exprimez la même chose dans votre réponse au courrier du Rassemblement des Cercles Communistes.

 

Or dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, l'enjeu réel n'est pas de se "faire voir" en se servant de cette élection médiatisée comme une tribune, l'enjeu réel est d'empêcher concrètement Marine le Pen d'accéder à la députation. Car sa victoire est possible malheureusement, non seulement parce qu'elle part d'un socle électoral particulièrement haut, mais aussi parce qu'elle peut continuer à capitaliser sur la déconfiture de la "rose mafia" socialiste. Or qui dit "battre Marine Le Pen au second tour" (car bien sûr il est quasiment certain qu'elle sera au second tour) dit voter pour le candidat qui sera en face d'elle. Nous voulons que ce candidat-là ne soit pas, ne soit plus le candidat du PS déshonoré, mais le candidat présenté par le PCF à savoir Hervé Poly.

 

Est-ce possible ? Le M'PEP en doute puisqu'il affirme se présenter là où le candidat du Front de Gauche "n'a aucune chance d'être élu", position que vous partagez en tant que PRCF, comme affirmé dans la "lettre aux sympathisants" des candidats, donc co-signée par Jean-François Maison, publiée ce 25 mars.

Ce n'est pas voir que l'évolution de la situation politique du côté du PS héninois d'un côté, et la dynamique populaire du Front de Gauche de l'autre côté, peuvent contribuer à bousculer la donne dans le rapport PC/PS et faire en sorte qu'Hervé Poly soit en tête des candidats d'opposition à Marine Le Pen. Or pour réussir ce pari, pour être en tête, il n'a absolument pas besoin de concurrence sur sa gauche !  Comment n'arrivez-vous pas à voir cela ?

 

A moins - ce que laisse entendre par certains côtés votre lettre qui ne semble plus voir les différences existant entre la direction nationale du PCF muté euro constructif et Hervé Poly, le secrétaire de la Fédération PCF du Pas-de-Calais - , que vous considériez qu'il n'y a pas d'enjeu à savoir quel candidat sera en face de Le Pen, que pour vous ainsi il n'y a pas de différence entre un candidat du PS et le candidat Hervé Poly.

 

Non, ce n'est pas la même chose ! Et ils n'ont pas le même programme, y compris sur la question cardinale de l'euro !

Vous dites qu’Hervé Poly ne "compte pas mettre l'euro au cœur de sa campagne" et, pour vous, cela a été déterminant dans votre choix de présenter une autre candidature, concurrente et qui fera perdre des voix précieuses.

Pourtant, ce ne veut pas dire qu'Hervé Poly sera silencieux sur la question de l'euro et de l'intégration européenne (!), et son débat télé avec le représentant du FN lors de l'émission sur France 3 "la Voix est libre" a bien montré qu'il entendait aussi combattre sur ce terrain-là. A juste titre. Mais par contre, et à juste titre également, il n'entend pas faire sa campagne uniquement sur ce sujet-là, mais disputer à Marine Le Pen le terrain social, en illustrant par des exemples concrets la réalité de son programme sur le logement, les salaires, ou la retraite, la réalité de sa fortune (à ne jamais oublier), la réalité de ses votes ou non-votes au Conseil régional où elle ne défend pas les travailleurs, l'école ou l'hôpital public. Il s'agit aussi de faire en sorte que l'électorat populaire ouvrier sanctionne l'imposture des Le Pen qui tentent démagogiquement de s'approprier la victoire du NON au TCE.

 

Vous rappelez dans votre lettre vos combats passés quand "l'enjeu était encore d'unir à l'intérieur et à l'extérieur du PCF". Pour nous, l'enjeu n'a pas changé, et nous n'avons pas changé d'orientation sur ce point depuis l'époque où nous l'avions formulé, au début des années '90, quand bien même vous essayez de réécrire l'histoire et de décrire de soi-disant "changements de cap" dans notre orientation vis-à-vis du PCF. Vous, par contre, passez du soutien peu critique d'hier à l'hostilité ouverte qui va jusqu'à la concurrence électorale dans un contexte où apparaît le besoin d'unité autour du candidat le plus à même de battre Marine le Pen sur des bases anti-libérales progressistes.

 

Ce n'est pas compréhensible. La lutte antifasciste a besoin de clarté, certes. Mais elle a besoin aussi d'unité. Et quand le terrain sur lequel le fascisme progresse est le terrain électoral (avec le risque réel que sa représentante la plus en vue gagne une élection), l'unité doit aussi se faire sur ce terrain-là. Pas l'unité sans rivage dès le premier tour avec n'importe quel individu ou parti social-démocrate qui se réclamera du combat anti-le Pen, mais l'unité des forces qui se réclament du changement radical de société, de la lutte anti-libérale voire anticapitaliste et même ici de la lutte contre la monnaie unique équarrisseur des peuples, l'unité qui peut se faire ici derrière le candidat Hervé Poly, candidat d'un réel front populaire de gauche en construction.  Par le soutien à la candidature d'Hervé Poly, il s'agit aussi de faire en sorte que l'électorat populaire ouvrier sanctionne l'imposture des Le Pen qui tentent démagogiquement de s'approprier la victoire du NON au TCE.

Dans l'intérêt antifasciste de cette bataille politique essentielle qui va se jouer dans la 11ème circonscription, nous souhaitons que vous reconsidériez votre position. Nous sommes prêts et souhaitons même en discuter de vive voix avec vous.

Salutations communistes

Le secrétariat de la Coordination Communiste 59/62

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caroleone 31/03/2012 14:15


Bonjour Diablo,


 


Serge a raison quand il dit que les divisions sur les terrains où l'on combat le FN font le jeu de ce dernier. Nous en avons un exemple dans le sud de la France où les combats politiques se
mènent à la culotte face à la peste brune et j'ai toujours considéré pour ma part les engagements de mes camarades communistes auprès du FDG autrement justement à cause de cette problématique que
nous ne rencontrons pas partout en France. Ce qui bien entendu nous conforte dans l'idée d'adapter les luttes au terrain mais aussi d'unir au lieu de diviser. En cela, la lettre d'un lecteur
corrézien que tu viens d'éditer est très bien ficelée et à le mérite de remettre les pendules à l'heure.


 


Amicalement


 


caroleone

Serge des bois 31/03/2012 09:51


Consternant ! C’est le qualificatif le plus « doux » qui me vient à l’esprit à la lecture de ces lettres. Où sommes-nous ?  C’est ça la composante la plus révolutionnaire de la classe
ouvrière ? 


Remettez tout ça dans un contexte révolutionnaire, et celui qui a le pouvoir envoie l’autre à la guillotine …


Pour qui et pourquoi luttons-nous ? Pour assurer le leadership de « son » organisation ou pour  améliorer le sort de la classe ouvrière dont on se prétend le représentant ? 


L’histoire ne nous apprend donc rien ! Les combats fratricides entre républicains espagnols ont servi le peuple ou Franco ?


Ici et maintenant, qui tire les marrons du feu grâce à la dislocation du mouvement communiste?


Comment prétendre rassembler les travailleurs de ce pays si, entre ceux qui luttent pour le même idéal, l’instauration du communisme, il n’est pas possible de s’entendre, chacun ayant, bien sûr,
la conviction d’être le « vrai », et dans le vrai de la doctrine. 


La doctrine, elle importe peu si elle conduit à l’absurde ! Elle n’est, de toutes façons que ce que chacun y prend pour justifier ses actions.


Un exemple : le PRCF se réfère de façon absolue au « marxisme-léninisme », s’affirmant  partisan de la dictature du prolétariat et du centralisme démocratique. Très bien.  Mais alors,
peuvent-ils m’expliquer pourquoi, tous (ou presque) anciens du PCF, l’ont quitté en refusant précisément de se plier à la majorité, c’est-à-dire de respecter le principe fondamental du
centralisme démocratique : « la majorité a toujours raison » (car dans le cas contraire, il n’a aucun sens). Là, leur soi-disant respect absolu de la doctrine n’a pas pesé lourd face à leur
intime conviction. Une attitude que l’on pourrait respecter si elle les avait conduit à renoncer à ce principe. mais ce n’est pas le cas,  et cela affaiblit considérablement, pour ne pas
dire détruit, leur argumentation d’aujourd’hui.


Oui, la division d’Hénin Beaumont ne peut que servir le FN !


Si les « camarades » de là-bas ne sont pas capables de le comprendre et faire ce qu’il faut pour arriver à présenter un front commun (à défaut d’être uni), il n’y a plus qu’à tirer l’échelle.


C’est le cas aussi au niveau national, je me suis déjà exprimé plusieurs fois là-dessus sur ce blog et ailleurs, et je n’y reviendrai pas ici.


Fraternellement


 


 

DIABLO 31/03/2012 19:34



Evidemment ce que tu dis Serge des bois est sans doute juste mais je pense qu'il faut se situer dans le contexte et comprendre comment nous en sommes arrivés
là.


Les groupes en cause (coordination communiste, PRCF...) sont nés pour cause de "mutation" du PCF menée par un certain (mais il n'était pas seul) Robert Hue,
devenu le toutou du PS. Non Serge cette "mutation" n'est pas issue d'un processus réellement démocratique. Je l'ai (mal) venu. Les dirigeants et leurs hommes (les permanents) ont manipulés les
militants sincères (votes par téléphone, "adhérents" non cotisants participants aux votes...). Voilà la vérité que j'ai vécu :donc rien à voir avec le centralisme démocratique.


Alors , des camarades (j'en étais) ont tentés de s'organiser en dehors, en fonction des lieux et des circonstances, des "groupes" et des "associations" de
conmmunistes se sont constitués.  Tous ces groupes avaient vocation de s'unir pour "reconstruire un vrai parti révolutionnaire".


Il y a eu de nombreuses tentatives mais, les chapelles étaient déjà constituées et aucun dirigeant national n'avait l'autorité et la notoriété nécessaires
pour jouer un rôle unificateur et ça n'a pas été possible. 


Aujourd'hui, certains groupes n'ont plus beaucoup d'activités, d'autres ont disparu. Reste une "place forte" en Nord-Pas-de-Calais, un peu aussi en Région
parisienne et marseillaise. Ailleurs c'est plus clairsemé...


Dans ces groupes il y a bien sûr quelques "vieux stal" (mais il en reste aussi au PCF) mais il y a de bons copains qui bossent sur la bases de contenus
politiques forts.


Je participe régulièrement (comme invité) à des réunions du PRCF et crois-moi on discute tranquillement et sans sectarisme.


Je ne connais pas la situation particulière d'Hénin-Beaumont sinon qu'il y a déjà eu dans cette ville des initiatives communes PCF/PRCF. Alors, il y a
effectivement le poids électoral du FN et la présence de Marine Le Pen mais il faut sans doute se poser la question de savoir pourquoi ces gens-là ont réussi leur implantation dans cette ville
historiquement ouvrière.


Je n'en suis pas certain mais je pense que la position du PCF sur la question de l'U.E. et de l'Euro et l'ambiguïté de la position de la fédé 62 sur le sujet
n'est pas pour rien dans la candidature M'PEP/PRCF.


D'autant que le FN fait de la démagogie autour de la question de l'Europe et de l'Euro.


Je crois savoir, en effet, que le M'PEP (associé ou non au PRCF) ne présentera des candidats que dans des circonscriptions où il y a risque d'élection de
députés FN.


Nous sommes aujourd'hui dans une dynamique (celle de la candidature Mélenchon) et je m'en réjoui: ça peut , je l'espère, ouvrir des perspectives de
mobilisations populaires post-électorales mais on ne pourra pas faire l'économie du débat autour de la question de la souveraineté nationale et populaire et de la monnaie si nous voulons
conquérir de nouveaux droits et de nouveaux pouvoirs pour le peuple.


Cette question est fondamentale, car dans le cadre européen actuel aucun vrai progrès social réel n'est possible et il ne suffira pas à "la gauche" d'être
unie et de gagner, il faudra que le peuple y trouve son compte (1).


Quand à l'avenir de la "mouvance communiste" elles dépendra beaucoup de cela.


Salut et fraternité  


Diablo


(*)A défaut, pour le coup, c'est Marine Le Pen qui pourrait, un jour, enlever la mise.