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Publié par Michel LeDiablo

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Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais

Nos réflexions.

Dans un de nos courriels précédents, qui accompagnait le n° 58 de nos Cahiers Communistes, nous expliquions que depuis la création de la Cellule Ouvrière du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais, il y a aura bientôt un an, nous n’avions pas progressé quantitativement et que notre objectif d’être plus présents dans les masses n’avait pas été atteint.


Ainsi, entre camarades, nous entamions une réflexion collective sur la tactique à adopter et sur la stratégie à développer dans cette démocratie libérale verrouillée de toutes parts par des appareils politiques puissants dont l’objectif est loin de la réalité de la lutte des classes et des masses populaires et laborieuses froidement attaquées par un système qui veut se débarrasser de la vérité et de l’objectivité pour conforter son rôle dominant sur les peuples et les nations.


Nous avons donc décidé de ne plus s’appeler Cellule mais Cercle, plus en lien avec notre réalité. Désormais nous serons donc le « Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais »


Il est sorti de nos débats que le problème de fond est l’ignorance intentionnelle, ce qui sous-entend un manque de volonté politique pour comprendre les choses autrement, c’est-à-dire sans les lier mécaniquement à l’économisme et à la vie quotidienne.


On peut en déduire en toute subjectivité qu’une partie importante des masses de notre pays capitaliste, est soumise à la domination libérale, et si ce n’est pas volontairement, elle est minée par un sentiment d’impuissance vis-à-vis du système qui les opprime.


Ainsi cette ignorance permet de rendre compatible l’incompatibilité des idées et permet la négation de la réalité de l’antagonisme entre les classes sociales que tout oppose... l’impossible mélange entre l’eau et le feu, même si l’eau peut être un accélérateur du feu qui peut faire disparaître l’eau.


La sphère moralisatrice de la politique politicienne au service quasi exclusif du grand capital, est vicieuse avec son ronron académique et ses discours édifiants de mensonges et de contradictions créent une confusion décidée par les stratèges de l’ombre. Aussi, tout ce qui sort du cadre et du ronron académique, soient-ils critiques, fait peur aux masses.


Certes, ceci semble théorique pourtant cette réflexion est basée sur la question d’un camarade à son collègue, un ouvrier qui dit vouloir voter FN, las des embrouilles et des magouilles des partis institutionnels : « pourquoi voter à la droite de la droite, et ne pas voter à la gauche du PS ? »


La réponse fût sans hésitation « le discours de Marine Le Pen fait moins peur que celui de Mélenchon ! »... d’où la réalité objective de cette ignorance intentionnelle admettant la création facile de bouc-émissaires pris pour cible par peur de rompre une forme de conformisme établi depuis des siècles par les forces moralisatrices de la politique politicienne de cette démocratie libérale et bourgeoise.


Nous n’avons pas atteint notre objectif d’être plus présents dans les masses en sortant de nos habitudes syndicales et des revendications économiques.


Mais une deuxième réflexion est venue sur la base d’une discussion lors d’une réunion contre l’intervention en Syrie, sur la diffusion de nos tracts. Alors que nous imaginions la méthode pour sensibiliser un maximum, proposition fût faite de faire du porte à porte pour discuter au cœur même des masses dans les quartiers populaires. Mais un des camarades présents eût cette juste réflexion : « on a constaté qu’en faisant du porte à porte, les gens se sentent agressés dans leur intimité ».


Et il est indéniable que les masses ont perdu cette habitude d’être dérangées pour discuter de politique, alors qu’il y a 20 ans cette pratique communiste d’information et de discussion était courante dans nos quartiers populaires, chez l’habitant et dans les lieux publics tels que les cafés, comme elle l’était à la sortie des usines de manière récurrente et fidèle.


Alors certains diront que c’est la faute aux média, mais c’est là aussi la création d’un bouc-émissaire facile même s’il est certain que la télévision a ce rôle d’isoler pour mieux désinformer...


Cela veut bien dire à qui voudra l’admettre et à qui voudra faire son autocritique, que le sentiment d’impuissance ressentie n’est pas que le seul fait de la puissance du capital et de ses partenaires aux ordres, il vient aussi de l’abandon politique en direction des masses populaires.


Le contact naturel au sein de notre propre classe est presque rompu, alors qu’aucun chemin révolutionnaire ne pourra être emprunté sans les masses populaires et laborieuses.


Force est de constater qu’un grand nombre des auto-proclamés avant-gardes qui se « tirent la bourre pour savoir qui sera le plus révolutionnaire ou le plus en pointe de l’avant-garde » ont déserté le terrain des masses pour s’engager dans la facilité informatique mis à disposition par le capital, ou n’agissent que devant un parterre d’initiés. Aussi si cela est certes utile, c’est largement insuffisant car en cas de suppression du clic ou un couac orchestré par le pouvoir, la machine est déjà enrayée.


Ainsi et pour preuve, lors des élections présidentielles et législatives de 2012, là où les camarades ont pris conscience de l’utilité d’aller au contact de la population, de faire des collages massifs, et de s’investir au cœur même des masses ouvrières, populaires et laborieuses sans attendre une période électorale... l’extrême-droite a été distancée et les partis libéraux-sociaux ont été inquiétés.


Donc, si ce travail, cette tâche nécessaire du contact direct avec la population est remise en place avec discipline et organisation, non pas le temps d’une élection, mais de manière permanente, sans élitisme et sur des sujets politiques qui touchent le cœur des masses, nous lutterons contre l’ignorance intentionnelle et le repli sur soi.


Ce n’est qu’à partir de là, qu’il pourra y avoir une véritable réflexion collective et politique basée sur la dialectique et le matérialisme historique loin des stratosphères politiciennes, car nous le répétons, une barricade n’a que deux côtés, même si ce mot barricade est aujourd’hui trop fort, trop dévoyé pour l’employer communément. Aujourd’hui, il suffit de crier « au loup » pour les gens s’enferment et se referment sur eux-mêmes en attendant la fin de l’alerte.


Comment rallier les masses à un programme politique antagonique à la démocratie libérale et au dogme capitaliste, si nous ne prenons pas en compte leur réalité matérielle et leur réalité de conscience, avec en plus une perpétuelle division jugée politicienne par ceux qui les subissent, c’est-à- dire les masses de notre propre camp, de notre propre classe sociale ?


Enfin, cette dernière réflexion toujours issue d’une discussion entre camarades, il s’agit des écrits. « Les gens ne lisent plus et jugent les tracts trop longs ». Là aussi il est de constater que le capital a réussi son infantilisation, ce que nous avions développé dans un précédent texte.


La discussion porte donc sur la nature même de l’information à donner dans le cadre la propagande bourgeoise, mais aussi sur les raisons qui poussent des millions d’yeux et d’oreilles à être si attentifs et si assidus aux programmes infantilisants des télé-réalités, complétement décadents et humiliants. Un vieil adage dit « trop d’infos tuent l’info », pourtant personne ne dit « pas assez d’infos créent l’ignorance » alors on revient à parler d’éducation... toujours cette pratique scolaire éclairée et érudite de « ceux qui savent et de ceux qui doivent apprendre ».


Certes, les militants d’avant-garde issus des masses populaires et ouvrières doivent apprendre et ont le devoir de se former à la rude bataille des idées pour être en capacité de répondre à de nombreuses questions et problèmes : « qui se comprend bien, s’exprime bien »... mais rien n’est mécanique !


Car est-il possible de toujours répondre à des questions et à des problèmes fomentés par la démocratie libérale sans aborder le sujet de la transformation de la société, ce qui pousse souvent à un rejet, par crainte du changement liée à la propagande contre-révolutionnaire qui martèle qu’un autre système n’est pas viable, et que nos démocraties sont plus libres que les pays socialistes, même si elles créent des inégalités ?


Donc, il y a la théorie nécessaire, c’est-à-dire la compréhension scientifique et l’approche dialectique qui permettent de transformer la société, le marxisme-léninisme, et il y a la réalité historique et matérialiste qui freine cette transformation... d’où la fameuse combinaison « Théories-pratiques-théories » qui permet de vérifier un discours, une stratégie, une tactique et bien sûr une pratique. C’est ainsi que l’apport de la connaissance des camarades intellectuels dans la lutte des classes est important pour être un pas devant les masses.


Personne ne peut affirmer qu’en 1917, tous les prolétaires russes opprimés par l’aristocratie, réprimés par la police et servis comme chair à canons à des militaires impérialistes... avaient toutes les connaissances politiques des grands révolutionnaires professionnels, pourtant sans cette masse prolétaire, la révolution d’octobre n’aurait jamais été possible.


Ils ont fait leur propre expérience, qui a nourrit les mases de certitudes qu’une transformation de la société russe était possible.


Aussi, c’est la différence avec aujourd’hui, les militants professionnels révolutionnaires bolchéviques étaient au cœur même des masses, et grâce à une organisation révolutionnaire planifiée en lien avec les réalités, ils avaient infiltrés les rouages de l’Etat impérial pour en décortiquer le fonctionnement et connaître son mode de contrôle politique, ils connaissaient les points de faiblesse et les points durs.


Même si nous ne pouvons affirmer qu’il faudrait mettre tout le monde à la même enseigne, car il reste des camarades sincères, honnêtes et proches des masses, la pratique politicienne d’un grand nombre d’élus et de dirigeants, est bien différente... pourtant le capitalisme a évolué et s’est renforcé au point de tout écraser.


Des pratiques concrètes, visibles et théorisées, une discipline collective, une détermination illimitée, la formation politique, le contrôle des tâches et du fonctionnement, l’information par l’analyse, la propagande liée aux enquêtes... sont des valeurs liées à l’organisation politique dont a besoin notre classe pour se débarrasser de son exploitation et de son infantilisation ! Si le terme communiste est important, si son sigle est important, ce sont d’abord les valeurs et les pratiques communistes que nous devons mettre au service des masses afin qu’elles fassent leurs propres expériences afin de penser par eux- mêmes et pour eux-mêmes, vers le « passage d’une classe en soi à une classe pour soi ».


Dans son ouvrage « Que faire ? » Lénine avait tracé le chemin de la théorie et de la pratique qu’il avait lui- même emprunté avec les masses pour arriver à la victoire. Il n’y avait alors ni l’informatique ni les réseaux sociaux, ni les média... qui font aujourd’hui circuler l’information bonne et mauvaise, à la vitesse de la lumière, et 80% de la population ne savait ni lire ni écrire... il n’y avait donc pas d’ignorance intentionnelle.


Mais les conditions faisaient que les masses écoutaient ceux qui étaient, malgré les risques et la répression, à leur côté et qui les guidaient au rythme voulu contre cette féroce exploitation liée à la servitude féodale et à la religion toute puissante.


Aujourd’hui, le nombre d’illettrés est faible (même s’il a tendance à remonter), donc lire ne devrait pas être un problème, même si lire paraît l’être, même si la contre propagande libérale à des effets négatifs.


Nous ne pouvons pas infantiliser les masses qui, soi-disant, ne veulent plus lire, car un tract se diffuse avec la discussion, et ce n’est pas parce qu’il n’est pas lu sur place qu’il n’est pas lu plus tard, et ce n’est pas parce qu’il est précis, donc plus long, qu’il n’intéresse pas, car ce qui compte c’est bien un contenu politique lié à une réalité matérielle.


On entend parfois des camarades expliquer qu’il faut illustrer les tracts pour les rendre moins lourd, certes un dessin peut ouvrir les yeux, mais il faut du contenu qui ne peut être succinct comme le font les organisations populistes qui prennent les masses pour des moutons imbéciles et incapables de réfléchir pour se forger une opinion, même en étant atteint du syndrome de l’ignorance intentionnelle.


Bien-sûr un texte tel que celui-ci n’est pas un texte destiné aux larges masses, ce sont des réflexions politiques ou se côtoient volonté d’unité politique et d’actions, et critiques et contradictions dans notre propre camp de classe.


Aussi, laissons au syndicat faire du syndicalisme sur la base des revendications des travailleurs, tout en apportant des pistes politiques pour changer le système politique qui les bafouent.


De toute façon le syndicalisme de classe et de masse et le mouvement révolutionnaire sont intimement et historiquement liés l’un à l’autre, même si des réformistes ont voulu couper cette courroie qui les unissait dans le mouvement de progrès social, pour se préserver d’un travail de terrain contraignant où jaillissent des contradictions issues de l’ignorance intentionnelle mais aussi d’un manque de pratiques dans les masses... qui ne veut entendre, feint d’être sourd, qui ne veut voir, feint d’être aveugle...


Et notre conclusion est : « tant qu’il y aura des divisions au sein même de notre classe, la classe capitaliste fera son chemin malgré ses propres contradictions qui la mèneront à disparaître. Donc si la patience, la vérité, la discipline sont révolutionnaires, accélérons la disparition du capitalisme qui ne peut être combattu réellement sans unité politique et d’actions, c’est-à-dire collectivement »

 

Le 25 septembre 2013
 


 

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