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Publié par Michel El Diablo

ebola-cuba.jpg

Article de Seamus Milne, 

pour le quotidien britannique The Guardian



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Cela fait quatre mois qu'a été déclaré l'état d'urgence contre Ebola qui a ravagé l'Afrique occidentale. Cuba mène la lutte contre l'épidémie, c'est le pays qui a apporté jusqu'alors le soutien direct le plus important.



Les Etats-unis et la Grande-Bretagne ont envoyé des milliers de soldats, ils ont promis – ainsi que d'autres pays – une aide qui tarde à se matérialiser. Mais, l'OMS insiste, ce dont a le plus besoin sur le terrain, ce sont des travailleurs de la santé.



L'île des Caraibes, avec une population d'à peine 11 million d'habitants et un revenu par tête de 4 500 € par an, a répondu à l'appel.



Ils étaient les premiers au front contre l'Ebola, et ont envoyé le plus large contingent de docteurs et d'infimiers – 256 sont déjà sur le terrain – 200 volontaires sont sur le départ.



Tandis que l'intérêt des médias occidentaux devient plus evanescent au fur et à mesure que la menace d'une infection mondiale s'éloigne, des centaines de travailleurs de la santé britannique se sont déclarés volontaires pour les rejoindre.



Les 30 premiers sont arrivés au Sierra Leone la semaine dernière, tandis que des soldats vont aller construire des cliniques. Mais les médecins cubains sont sur le terrain, en nombre, depuis octobre et ils sont là pour rester.



La situation ne peut être plus urgente. Plus de 6 000 personnes sont déjà mortes. L'opération Cubaine couvrait tellement les pays occidentaux de déshonneur que les politiciens britanniques et américains se sont sentis obligés d'envoyer leurs félicitations.



John Kerry a décrit la contribution de l'Etat que les Etats-unis essaient de subvertir depuis plus d'un demi-siècle d'« impressionnante ».



Le premier médecin cubain à contracter Ebola a été traité par les médecins britanniques, et les responsables américains ont promis qu'ils « collaboreraient » avec Cuba pour lutter contre Ebola.



Mais ce n'est pas la première fois que Cuba a livré la part du lion de l'aide médicale à la suite d'une catastrophe humanitaire.



Il y a quatre ans, après le tremblement de terre qui a ravagé un Haiti paupérisé, Cuba a envoyé le plus grand contingent médical et s'est occupé de 40 % des victimes.



A la suite du séisme du Cachemire en 2005, Cuba a envoyé 2 400 travailleurs médicaux au Pakistan et traité plus de 70 % de ceux touchés ; ils ont aussi laissé sur place 32 hôpitaux et donné un millier de bourses pour des études en médecine.



La tradition consistant à apporter une aide en situation d'urgence remonte aux premières années de la Révolution cubaine. Mais ce n'est qu'une facette de cet internationalisme médical global extraordinaire.



Il y a désormais 50 000 médécins et infirmiers cubains dans 60 pays en développement.



Comme le professeur canadien John Kirk l'explique : « L'internationalisme médical a cubain a sauvé des millions de vie ».Mais cette solidarité sans comparaison n'a trouvé que peu d'écho dans les médias occidentaux.



Les médecins cubains ont conduit 3 millions d'opérations des yeux dans 33 pays, principalement en Amérique latine et dans les Caraibes, et largement financés par le Vénézuela révolutionnaire.



Voilà comment Mario Teran, le sergent bolivien qui a tué Che Guevara, sur ordre de la CIA en 1967, a pu retrouver la vue 40 ans plus tard, grâce aux médecins cubains, dans une opération payée par le Venezuela, dans la Bolivie radicale d'Evo Morales.



Alors que le soutien d'urgence a souvent été financé par Cuba lui-même,les services médicaux globaux du pays sont habituellement payés par les gouvernements bénéficiaires et sont désormais devenus, de loin, le premier secteur d'exportation, liant idéaux révolutionnaires et développement économique.



Cela dépend en retour du rôle central de la santé et de l'éducation publiques à Cuba, puisque la Havane a construit une industrie de bio-technologie low-cost avec des infrastructures médicales et des programmes d'alphabétisation dans les pays en développement qu'il aide – plutôt que de pomper leurs médecins et infirmiers sur le modèle occidental.



L'internationalisme est dans l'ADN de Cuba. Comme la fille de Guevara, Aleida, elle-même médecin qui a servi en Afrique, le dit : « Nous sommes des Afro-latino américains, et nous assumons notre solidarité envers les enfants de ce continent ».



Mais ce qui a commencé comme une tentative de répandre la révolution cubaine dans les années 1960 et est devenu une intervention militaire décisive en soutien de l'Angola contre l'Apartheid dans les années 1980, s'est désormais transformé dans le projet de solidarité médicale le plus ambitieux du globe.



Son succès dépend du tournant progressiste qui s'est saisi de l'Amérique latine durant cette dernière décennie, inspiré par l'exemple socialiste de Cuba pendant les années de dictature militaire de droite.



Les gouvernements de gauche et de centre-gauche continuent d'être élus, ré-élus dans toute la région, permettant à Cuba de se renouer avec sa fonction de phare de l'humanitarisme international.



Mais l'île continue d'étouffer sous l'embargo commercial américainqui a maintenu un étau économique et politique sur le pays pendant un demi-siècle.



Si Barack Obama veut faire quelque chose qui en vaut la peine pendant ses dernières années comme président, il peut utiliser le rôle de Cuba dans la crise d'Ebola pour lancer le processus de levée du blocus, et pour mettre un terme à la guerre de déstabilisation américaine.



Cuba a le vent en poupe.



Dans ce qui ressemble à une tentative de forcer la main de l'administration,le New York Times a publié six éditoriaux dans les dernières semaines, en octobre et novembre, louant le bilan médical global de Cuba, demandant la fin de l'embargo, s'attaquant aux efforts visant à pousser les médecins cubains à déserter, et appelant à un échange négocié de prisonniers.



Cette campagne de presse a accompagné le vote à l'Assemblée générale de l'ONU qui a voté pour la 23 ème fois, par 188 voix contre 2 (États-Unis et Israël), pour exiger la levée du blocus américain, d'abord imposé en représailles à la nationalisation d'entreprises américaines, et désormais justifié sur la base des droits de l'Homme – par un Etat allié à certains des régimes les plus répressifs au monde.



L'embargo ne peut être abandonné que par le Congrès, ce qu'empêchent les héritiers d'une dictature soutenue par les Etats-unis, que Fidel Castro et Guevara ont renversé.



Mais le président américain a, dans le champ de son pouvoir exécutif, le pouvoir d'assouplir considérablement et rétablir les relations diplomatiques.



Il peut commencer en libérant les trois « Cinq de Miami » qui restent, des agents du renseignement cubains emprisonnés il y a 13 ans pour des opérations espionnage visant des groupes militants anti-cubains liés au terrorisme.



Le moment opportun pour qu'Obama mette un terme à 50 ans de campagne américaine contre l'indépendance américaine, ce serait le Sommet des Amériques d'avril prochain – que les gouvernements latino-américains ont menacé de boycotter à moins que Cuba ne soit invité.



La plus grande contribution que ceux qui sont vraiment préoccupés par les libertés démocratiques à Cuba puisse apporter, ce serait de laisser revenir Cuba dans cet organisme.



Si le blocus venait réellement à être démantelé, ce ne serait pas seulement la légitimation du bilan remarquable de Cuba en termes de justice sociale au pays et dans leur solidarité à l'étranger, soutenus par une Amérique latine indépendante, qui prend de plus en plus confiance en elle-même.



Ce serait aussi à l'avantage des millions de personnes à travers le monde qui profiteraient de l'émancipation de Cuba – et une preuve de ce qui peut être réalisé quand on met les peuples avant les profits des grandes entreprises.

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