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Publié par Michel El Diablo

liberons-munia.jpg

Le 9 décembre 1981 la police de Philadelphie arrête Mumia Abu-Jamal.

33 ans plus tard, l'Etat de Pennsylvanie veut l’empêcher de parler et d’écrire.


A cette occasion, Mumia a adressé le message ci-dessous à ses soutiens du monde entier.

 

Amis et camarades,


On the Move,


Nous sommes réunis aujourd'hui, unis par un même esprit, et quand nous regardons autour de nous, nous voyons cette même volonté de résister avec le même esprit révolutionnaire.


Les maux et les ravages d'une police déchaînée nous ont conduits à ce moment fatidique où des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers de gens défilent pour dénoncer le terrorisme policier. Quand ces valets de l'Etat tuent hommes, femmes et même des enfants, oui, des enfants comme Tamir Rice, âgé de 12 ans, tué il y a quelques jours à  Cleveland alors qu'il brandissait un jouet dans un parc. Quand le gouvernement dit « on va régler le problème », ne l'écoutez pas. Le plus souvent, c'est le gouvernement le problème,  il ne peut donc pas apporter la solution.


Mes frères, mes sœurs, mes amis, mes camarades, comme une rivière va alimenter la mer, notre combat alimente un mouvement toujours grandissant et il en est la source. Cet élan, c'est celui qui incite les gens à se lever pour dénoncer un système injuste, pervers, répressif et raciste et qui disent « ça suffit ».


Nous sommes ici aujourd'hui grâce à vous. C'est ensemble, aujourd'hui, que nous nous battons contre l'injustice. Aujourd'hui, nous décuplons notre mouvement. Aujourd'hui, nous nous battons sans répit contre la cruauté de la peine de mort, la perversion de l'isolement carcéral et contre toute cette répression que constitue l'incarcération massive (1).


Nous représentons la liberté. Et n'oublions pas nos frères et nos sœurs de MOVE innocents (2) dont huit d'entre eux entament leur 37ème année de prison. Tous ensemble, continuons à renforcer notre mouvement et à nous battre pour retrouver toutes nos libertés.


Merci,


On the Move,


Liberté pour tous les membres de MOVE !


Depuis « la Nation Prison », c'est Mumia Abu-Jamal.


Le 9 décembre 2014

 

 

(1) Les Etats-Unis détiennent le record mondial du nombre de personnes emprisonnées (25% des détenus de la planète alors que la population ne représente que 5%) … avec le même taux d’incarcération, il y aurait 600.000 personnes dans les prisons françaises !


(2) Les injustices et les crimes d’Etat  dont est victime la communauté de MOVE ont largement inspiré le livre « Prisons de femmes » de Claude Guillaumaud-Pujol  paru aux Editions Le Temps des Cerises (vous pouvez le commander à l’adresse ci-dessous).

 

 

******

Les Meurtriers ont-ils le droit de s'exprimer ? Dans le cas de Mumia Abu-Jamal, la Pennsylvanie répond non.

 

par Beth SCHWARTZAPFEL (*)

 

 

C'est un court discours pour une remise de diplômes - moins de 11 minutes - où sont évoqués l'écologie, les changements de société, les valeurs universitaires... Mais du jour où le discours pré-enregistré de Mumia Abu-Jamal est rendu public, le 5 octobre à l'université de Goddard-Vermont, on assiste à une explosion de rage en Pennsylvanie, où Abu-Jamal purge une peine de prison à vie pour le meurtre d'un policier en 1981. Dès le lendemain de la diffusion du discours, les élus de Pennsylvanie proposent un additif au « Crime Victims Act », appelé « Revictimization Relief », destiné à restreindre les propos qui pourraient provoquer « un accroissement temporaire ou permanent de stress mental » chez les proches de victimes de meurtres. Maureen Faulkner, veuve du policier assassiné, « souffre de la funeste renommée du meurtrier de son mari, emprisonné depuis de nombreuses années ... Avec ses livres, ses chroniques radio, et récemment son discours public, ce meurtrier sans remords a dépassé les limites ». Tels sont les propos tenus par Maureen Faulkner lors de la signature de la loi par le gouverneur Tom Corbett [1].

 

Selon cette nouvelle législation, toute personne qui se dit victime « d'une souffrance consécutive à un crime » peut porter plainte auprès d'un juge et lui demander d'interdire « un comportement qui perpétue les conséquences du crime ». Selon la loi de Pennsylvanie, une « souffrance consécutive à un crime » s'applique à toute personne blessée ou tuée mais aussi victime d'un vol ou de blessures consécutives à une conduite à risque ». En fait, cela permet à la victime ou son représentant de saisir le juge pour tout acte qu'ils estiment être « une souffrance supplémentaire », et ce quel que soit l'acte commis ; au juge de décider ensuite », dit le député Mike Vereb, qui a défendu cette loi. Le juge peut donc décider de « compensations appropriées », ce qui peut inclure une interdiction de s'exprimer publiquement et le versement de dommages et intérêts.



Mais la définition de ces « compensations » est si vague qu'elle a suscité une nouvelle explosion de colère - cette fois de la part des associations de défense des droits de l'homme, des juristes et des défenseurs du 1er Amendement. « C'est une violation flagrante du 1er Amendement » dit Burton Caine, spécialiste de la Constitution, professeur de droit à Temple University. Il se dit confiant dans le fait que les Cours fédérales vont abroger cette loi car elle est « contraire à la liberté d'expression ».

 

L'ACLU of Pennsylvania (équivalent de la Ligue des Droits de l’Homme en France) envisage de déposer un recours auprès de la justice fédérale pour bloquer l'application de cette loi.


Le Pittsburgh based Abolitionist Law Center, l'a déjà fait, au nom d'Abu-Jamal. « C'est un cas classique et il est vraiment très, très rare que la Cour Suprême valide ce type de loi » dit Sara Rose, avocate pour l’ACLU.

 

Les recours de condamnés à mort sont toujours suivis avec beaucoup d'intérêt mais dans le cas d'Abu-Jamal, ancienne Panthère Noire et journaliste engagé, les

Passions sont exacerbées. En début d'année, la décision du Président Barack Obama de nommer Debo Adegbile à la tête du département des Droits Civiques au Ministère de la Justice a été rejetée suite à l'allégation qu'il a travaillé brièvement avec l'équipe de défense d'Abu-Jamal, en qualité de Directeur de la NACCP.

 

 

Les années 70 sont une période de fortes tensions raciales entre la police de Philadelphie, presque exclusivement blanche, et les quartiers noirs. La police a fait l'objet de plusieurs enquêtes pour corruption et violences physiques et Abu-Jamal a appartenu à un groupe entretenant des relations très tendues avec la police. Quand Abu-Jamal est condamné pour le meurtre de Faulkner, suite à un contrôle routier qui a dégénéré, son procès et sa condamnation à mort deviennent un cas emblématique. Pour les partisans d'Abu-Jamal c'est un exemple du racisme du système judiciaire. Pour la police et ses partisans la campagne de soutien internationale pour défendre Abu-Jamal est un exemple du mépris des lois et un manque de respect envers les policiers qui risquent leur vie. Abu-Jamal a toujours clamé son innocence, les preuves à charge produites sont contestables et il est évident que le racisme ambiant a jeté le doute sur l'issue du procès. Il vient de passer près de 30 ans dans le couloir de la mort jusqu'à ce qu'une Cour fédérale reconnaisse que les instructions données aux jurés pour le choix de la sentence étaient erronées ; sa peine a été commuée à la prison à vie en 2011.

 

Ses nombreux écrits et son engagement, bien qu'incarcéré, en ont fait une « cause célèbre », une situation qui a choqué les familles de victimes. La nouvelle loi ne cite pas Abu-Jamal, mais c'est bien lui qui est ciblé. Si le discours avait été écrit par un autre prisonnier, dit Terry Madonna, Professeur de Droit Public à Franklin & Marshall College, cette loi n'aurait pas été votée en l'état. La mort de Faulkner reste en effet « un sujet très sensible ». Dix jours après le discours d'Abu-Jamal, la nouvelle loi est adoptée à l'unanimité au Sénat et avec une très faible opposition à la Chambre des Députés. Cinq jours plus tard le Gouverneur Corbett la ratifie, au coin de Locust et de la 13ème rue à Philadelphie, l'endroit même où Daniel Faulkner a été tué en 1981. Et la cérémonie a lieu juste un mois avant les élections de novembre, organisée par un Gouverneur se battant pour être réélu mais qui finalement perdra son mandat  avec 10 points de retard sur le Démocrate Tom Wolf. « Un droit constitutionnel négligé depuis trop longtemps est celui du droit des victimes à obtenir compensation au civil » dit Corbett en signant la loi.

 

Cependant, même ceux qui n'ont pas de sympathie pour Abu-Jamal, disent que cette loi va trop loin. Stu Bykofsky, journaliste au Philadelphia Daily News, celui qui a qualifié les supporters de Mumia de « Mumidiots » a écrit : « priver un prisonnier de tous ses droits fait fantasmer ceux qui rêvent de vengeance mais c'est la loi du goulag, pas celle de l'Amérique ».


L'éditeur de Central Pennsylvania Patriot-News ajoute : « dans un monde parfait Mumia devrait purger sa peine de prison à vie dans un anonymat conforme à sa situation » ; néanmoins il conclut que Maureen Faulkner « n'a pas le droit de jouer le rôle de censeur-à-vie de Mumia » et que « certains proches de victimes de meurtres atroces resteront dans un état de souffrance mentale aussi longtemps que la personne qui a commis ce crime est en vie et respire encore ». Est-ce que « respirer » défini comme « conduite » peut permettre de saisir le juge ?


Sara Rose, avocate d’ACLU, dit que condamner tout le monde au silence « va non seulement priver les gens de parler mais cela empêchera aussi d'entendre ce qu'ils ont à dire ». Elle cite le cas de ceux qui sont condamnés à tort et qui auront peur de parler à des journalistes ou d'attirer l'attention du public sur leur situation car les cris d'innocence sont toujours pénibles pour les familles de victimes. Puisque la loi utilise le mot « accusé » cela pourrait aussi s'appliquer à quelqu'un qui n'est plus en prison ... Beaucoup de gens, quand ils ont purgé leur peine, deviennent des membres actifs de la communauté et ils militent dans des groupes et des associations qui essaient de protéger les adolescents pour leur éviter la prison, dit Sara Rose. Les victimes peuvent ne pas aimer les voir être interviewées à la radio ou à la télé, ajoute Sara Rose.

 

Abu-Jamal a lu son discours au téléphone au responsable de la station Prison Radio, qui l'a enregistré. En bruit de fond on entend les sons de la prison tandis qu'il évoque « l'atmosphère unique » et « l'environnement pastoral » de l'université de Goddard où il fit ses études dans les années 1970 et où il terminera sa maîtrise de Lettres par correspondance en 1996.

Dans son discours, Abu-Jamal ne fait aucunement référence à policier Faulkner, au meurtre ou à son propre cas.


Au demeurant, des lois existent déjà pour encadrer le droit d'expression des prisonniers. Ce sont les Son of Sam's laws, par exemple, qui veillent à ce qu'ils ne tirent pas profit de leurs méfaits. Promulguées en premier à New York, ces lois ont été reprises dans de nombreux Etats lorsqu'un tueur en série comme David Berkowitz, a voulu négocier de gros profits avec les éditeurs pour publier son autobiographie. La Cour Suprême des Etats-Unis a cependant abrogé cette loi en 1991, jugeant qu'elle était contraire au 1er Amendement de la Constitution. Quelques textes moins restrictifs subsistent cependant. Plus généralement les tribunaux tranchent en faveur de la liberté d'expression, même s'ils prennent en compte la souffrance des victimes. En 2011, la Cour Suprême a tranché en faveur de Fred Phelps et de son église Baptiste de Wesboro qui ont manifesté à l'enterrement d'un Marine américain (un caporal tué en Iraq) en brandissant des pancartes portant les textes suivants : « Nous remercions Dieu pour la mort de ces soldats en Iraq » et « armée de pédés ». « Le discours de l'église est grossier et répugnant, générant de la souffrance pour la famille » a écrit la Cour Suprême, mais concluant que « la liberté d’expression est protégé par le 1er amendement ». « Il est tout à fait compréhensible que les familles de victimes ne veulent pas entendre la voix ou les commentaires de ceux qui les ont tant fait souffrir » dit Ken Paulson du First Amendment Center. « Mais, selon la loi, nous devons autoriser ce discours afin que soient entendus tous les discours d'une société libre, et c'est ainsi que nous fonctionnons », précise-t-il. Le député Mike Vereb, qui a soutenu la loi devant le Congrès de Pennsylvanie se défend : « Nous ne voulons en aucun cas limiter le droit d'expression de quelqu'un emprisonné. Tout ce que cette loi autorise c'est que la victime puisse saisir le juge. Et ce sera au juge de décider si cela relève ou non du 1er Amendement ».

 

24 novembre 2014

 

 

(*) Beth SCHWARTZAPFEL est une journaliste indépendante de New York qui porte un intérêt particulier au système de justice pénale et aux prisons.

 

 

[1]Pennsylvania Gov. Tom Corbett signed the Revictimization Relief Act on Oct. 21, 2014 in Philadelphia. DAVID M.WARREN/THE PHILADELPHIA INQUIRER,VIA ASSOCIA TED PRESS.

 

*****

 

 

PEINE de MORT aux ÉTATS-UNIS, ABOLITION en EUROPE

 

Article de Sylvie Kaufmann (*) publié dans The International New York Times le 4 novembre 2014

 

 

Quand Felix G. Rohatyn arrive à Paris en 1997 comme ambassadeur, il pense que la controverse à laquelle il devra faire face sera la méfiance française envers « l'hégémonie américaine ». A sa grande surprise il découvre que le sujet de controverse numéro 1 c'est l'usage de la peine de mort.


La « haine incroyable des français pour la peine de mort », me dira-t-il en 2001, à son retour à New York, « m'a ouvert les yeux »; sans doute aussi son amitié pour Badinder, le ministre de la justice français qui, sous la présidence de François Mitterrand, a mené la lutte pour l'abolition la peine de mort en 1981.


« Toutes ces manifestations, devant l'ambassade et les consulats, montrent à quel point les gens se passionnent pour cette cause, et en définitive, je pense qu'ils ont raison » dit M. Rohatyn.


Deux articles récents - un en France et un autre aux Etats-Unis - montrent que si le débat subsiste à Paris, il a pris une nouvelle tournure aux Etats-Unis. L'opinion américaine sur la peine de mort a grandement évolué ces dix dernières années, et l'Europe a joué un rôle important dans ce changement.


En Septembre, un supplément du journal Le Monde inclut un article sur la visite de Badinter à la prison de la Santé à Paris, actuellement fermée pour rénovation. C'est ici, en 1972, qu'il voit guillotiner un des derniers condamnés à mort français, un homme dont il est l'avocat et qu'il a désespérément tenté de sauver. « L'ombre de la guillotine est partout, » fait tristement remarquer M. Badinter, aujourd'hui âgé de 86 ans.


De l'autre côté de l'Atlantique, le Texas Monthly de Septembre publie une longue interview de Michelle Lyons, ancienne journaliste de The Huntsville Item qui a été, pendant plus de dix ans, en charge de la communication au ministère de la justice du Texas. J'ai moi-même rencontré Melle Lyons en 2001, alors jeune journaliste de 25 ans, chargée de la rubrique sur les prisons texanes. Je l'interroge sur l'exécution à laquelle elle vient d'assister, et sur sa description des « derniers râles » des prisonniers après l'injection létale : « Certains donnent l'impression de tousser », dit-elle « certains poussent un long soupir ».


Je suis frappée par le comportement très froid de cette jeune femme intelligente et directe, confrontée à de si sombres réalités.  Je ne vais pas chercher à tester son point de vue sur la peine de mort, mon éducation européenne me donnant à penser que c'est une épreuve pour elle, même si elle ne le montre pas.


Mademoiselle Lyons, qui a maintenant près de quarante ans et est mère de plusieurs enfants,  vient de quitter son emploi au ministère de la justice. A ce jour, elle a assisté à 278 exécutions. Elle dit en toute candeur, au Texas Monthly : «  Je pense que c'est le moment opportun pour ce type de décision. »


Si M. Badinter est encore hanté par la guillotine, 42 ans après avoir été témoin d'une exécution, cela semble tout à fait normal pour des Européens de penser que Melle Lyons est perturbée après avoir assisté à 278 exécutions. Ce qui est nouveau c'est que Melle Lyons fasse part de ses sentiments et qu'elle trouve une audience, dans son propre pays, prête à l'écouter.


Selon un sondage Gallup publié la semaine dernière, le pourcentage de gens favorables à la peine de mort aux Etats-Unis est maintenant de 63%; il était de 80% dans les années 90.


Sans relâche, depuis les trente dernières années, les Européens et leurs gouvernements ont fait campagne contre la peine de mort pour faire pression sur la puissante Amérique. Même la Commission Européenne est intervenu en 2011, en interdisant l'exportation de huit produits utilisés dans l'injection létale dans les prisons américaines. En 2012, l'Union Européenne a adopté « Le Plan d'Action pour la défense des Droits Humains », faisant de la lutte contre la peine de mort une priorité.


Aux Etats-Unis, la peine capitale reste légale dans 32 Etats mais la dynamique est en route: six Etats ont aboli la peine de mort durant ces six dernières années, et plus d'une douzaine d'autres Etats observent un moratoire sur la peine de mort. Deux facteurs ont été décisifs dans le déclin de la peine de mort aux Etats-Unis depuis 15 ans. L'un est le fruit de campagnes menées par de charismatiques avocats américains pour prouver l'innocence de gens condamnés à tort, parfois grâce à l'utilisation de tests ADN; cette campagne a permis d'innocenter 146 condamnés depuis 1973. Le fait que des gens puissent être exécutés pour des crimes qu'ils n'ont pas commis inquiète nombre de citoyens américains.


L'autre facteur est l'absence de « médicaments » pour les exécutions car, suite aux pressions des militants européens les firmes pharmaceutiques ont cessé d'en vendre aux Etats qui exécutent. Ce manque de médicaments a laissé le monde de l'exécution en plein désarroi.


Certains Etats ont commencé à tester de nouveaux produits et de nouveaux protocoles. Parfois ça marche, parfois non. Il y a des exécutions « ratées » comme celle de Clayton Lockett, le 29 avril dernier,  dans le Oklahoma, qui doit être interrompue car il se débat, est pris de convulsions et tente de se lever de la table à laquelle il est attaché; il meurt finalement d'un arrêt cardiaque 43 minutes plus tard ; c'est une parfaite illustration des « châtiments cruels et inhumains », bannis par le 8ème Amendement à la Constitution.


Un jeu du chat et de la souris s'est instauré : c'est désormais la firme pharmaceutique Mylan, installée en Pennsylvanie, qui est la cible des abolitionnistes. Depuis que l'Alabama a annoncé avoir utilisé un produit fabriqué par Mylan pour l'injection létale, un fond d'investissement allemand a vendu toutes les parts qu'il détenait dans cette firme.


Pour les abolitionnistes européens, que la machine à tuer continue néanmoins à fonctionner dépasse l'entendement et renforce leur détermination. Car l'Europe et l'Amérique sont censées partager des valeurs identiques.

« La peine de mort est contraire aux idéaux qui ont fondé l'Amérique, » déclare Richard Dieter, directeur du Death Penalty Information Center, à une rencontre récemment organisée par une délégation européenne à Washington.


Et elle est aussi contraire à l'idée que les Européen se font des valeurs fondatrices de l'Amérique. Et l'Europe le fait savoir. C'est l'influence bénéfique de l'Europe.

 

 

 

(*) Sylvie Kaufmann est journaliste au journal Le Monde et en a été la rédactrice en chef.

 

 

Collectif français de soutien à Mumia Abu-Jamal

rassemblant une centaine d’organisations et de collectivités publiques

43, boulevard de Magenta 75010 Paris / TEL : 01 53 38 99 99

e.mail : contact@mumiabujamal.com

MEMBRE DE LA COALITION MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT

www.mumiabujamal.com

 

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