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Publié par Michel El Diablo

collectif-polex

Nous apprenons avec satisfaction les bonnes nouvelles qui nous arrivent d'Amérique hispanophone (par exemple la réélection quasi triomphale du Président Bolivien): il en arrive si peu d'Europe...Cela ne doit pas nous faire oublier que le peuple mexicain, " SI LOIN DE DIEU, ET SI PROCHE DES ÉTATS-UNIS ", comme on le disait d'Haïti, vit un drame épouvantable sous la direction d'un président très bien vu à Washington et à Paris. Nos correspondants ont fait parvenir ces informations au collectif communiste Polex:

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mexique-carte

Le moment politique et social du Mexique a atteint des niveaux de tension qui traduisent le mécontentement et la colère de nombreux secteurs de la société mexicaine. L’évènement qui a déclenché cette vague d’agitation et de protestations massives dans les grandes capitales de province et aussi dans des villes moins importantes, s’est produit le 26 septembre passé, à la ville de Iguala, de l’État (province) de Guerrero, connu mondialement par le fameux centre touristique d’Acapulco.

Il s’agit de l’arrestation arbitraire par la police municipale de Iguala, d’un groupe d’étudiants de « l’école normale rurale Ayotzinapa », dédiée à la formation de professeurs du cycle scolaire primaire dans les régions les plus reculées de la province. Il est utile de noter dès maintenant que ces étudiants sont pratiquement tous fils de paysans pauvres, cherchant un emploi, capable de leur garantir un salaire modeste certes, mais sûr.
Cette arrestation n’a d’autre explication que des motifs politiques régionaux, révélateurs des conflits chroniques entre les grandes masses populaires appauvries, marginalisees des vastes zones rurales du Mexique et les pouvoirs publics locaux. Ajoutez à cela, qu’à l’Ëtat de Guerrero, un trait historique de la paysannerie et des professeurs ruraux est leur combativité et capacité d’organisation tant pour la défense de leurs droits à un minimum de qualité de vie, que pour la nécessité de résister aux abus des pouvoirs politiques et des secteurs sociaux dominants de la région.

Pour mesurer l’horreur de l’évènement en cause, il faut retenir que le gouvernement fédéral mexicain, après enquête, a déclaré que ces étudiants, victimes de l’arbitraire du pouvoir politique local, n’avaient aucune relation avec les groupes armés dédiés au trafic de la drogue, au kidnapping et autres actions de la « délinquance organisée », contrairement aux déclarations de la mairie de Iguala. L’arrestation de ce groupe d’étudiants et d’autres passagers du même véhicule de transport collectif venu du village Ayotzinapa, se solda par la mort immédiate de plus de 6 personnes (étudiants et voyageurs compris), puis par la disparition forcée, et peut-être l’assassinat (par les membres d’une organisation criminelle régionale :( Guerreros Unidos), de 43 étudiants.

Les principaux responsables de ce crime, sont le président municipal de Iguala et son épouse, accusés d’être liés au groupe criminel Guerreros Unidos. Ils ont été récemment arrêtés après une recherche policière intense, en réponse précisément au mécontentement populaire, et aussi à la pression de l’opinion mondiale, à travers la presse et les déclarations officielles de plusieurs gouvernements et organismes internationaux.

Au cours de l’agression par les agents de la Police Municipale, le poste de l’Armée Mexicaine de la même ville fut alerté, sans résultat, en demande d’aide pour freiner cet abus. Par coïncidence, la presse internationale, puis nationale venait de découvrir un autre évènement survenu, quelques mois avant, à l’État (province) de México, dans la localité de Tlatlaya : 22 membres d’un groupe armé, surpris par un détachement militaire, furent tués au cours d’une confrontation (version officielle de l’Armée, au début). Des témoins réchappés de cet incident, ont déclaré et démontré que beaucoup d’entre eux furent exécutés sans jugement, après reddition. Les soldats directement responsables sont actuellement incarcérés, en réponse à la pression de l’opinion publique, mais pas les haut gradés responsables de l’opération.

Ces deux derniers cas d’assassinats collectifs ne font qu’augmenter le nombre d’atrocités et de violations des droits humains, de morts enregistrés dans les combats entre les mafias, entre ceux-ci et les corps policiers et qui se comptent par dizaines de milliers ; le nombre des disprus atteint presque 26,000 au cours des 8 dernières années. La vie quotidienne est bouleversée. Cette situation de crise s’inscrit dans le contexte d’une société profondément inéquitable. Une dizaine d’entrepreneurs mexicains figurent dans la liste des plus riches du monde ; contraste angoissant avec la condition de misère extrême d’un peu plus de 20 millions de compatriotes. Les statistiques officielles considèrent que la moitié de la population du pays vit dans la pauvreté. Les gratte-ciels des centres financiers, les hôtels de grand luxe font ressortir encore davantage les quartiers sordides. La « classe moyenne » (du secteur des services et les ouvriers qualifiés), malgré sa croissance numérique, et ceci grâce aux emplois dérivés des investissements de l’étranger, est écrasée d'impôts qui font marcher l’État et aussi enrichissent les fonctionnaires corrompus.

Les négociants mineurs et petits entrepreneurs sont rançonnés par les sbires des mafias urbaines. Les paysans sont les derniers des derniers, impotents en face d’un marché agricole capitaliste d’importation et d’exportation impitoyable. Ils abandonnent leurs champs, leur famille et émigrent au USA ou aux grandes villes de l’intérieur. Des villages entiers son vidés de leurs adultes masculins et n’abritent que les vieillards, les épouses et leurs enfants. Une conséquence paradoxale de l’inégalité sociale est que cette énorme masse d’émigrés (perte de force productive pour leur pays d’origine), fait la richesse du pays voisin, et en plus renvoie au Mexique une somme élevée de dollars, qui contribue à son équilibre économique.

La corruption est généralisée. Les partis politiques semblent dénués d’une idéologie dans leurs actions. dans leur gestion publique. Seuls leurs intérêts de parti ou personnels guident leurs décisions. Les processus électoraux, qui sont bien subventionnés par l’État, sont négocies entre les groupes dirigeants de ces partis. Les syndicats sont contrôlés par les patrons et une majorité de la classe ouvrière est divisée et dépolitisée.
Dans le cadre de cette débâcle, le trafic des drogues et le crime organisé trouvent un terrain fertile, l’impunité règne dans tous les processus de la vie nationale. Les organes de direction du pays sont infiltrés par les mafias à tous les niveaux, en particulier, dans les municipalités, livrées à elles-même. L’insécurité est une plaie nationale, en n’importe quel point du pays. En résumé, l’État blesse une société qui n’en peut plus avec l’énorme concentration des richesses en peu de mains, avec l’impunité et l’insécurité. La circulation dans les villes, dans les routes interurbaines est dangereuse a certaines heures. Le kidnapping ne se limite plus aux riches, simplement le coût de la libération varie.

L’actuel parti au pouvoir, le Partido Revolucionario Institucional (PRI), contrôle le secteur législatif. Après une absence de 12 années, durant lesquelles la droite radicale gouverna le pays, le PRI a repris les rênes du pouvoir. Le gouvernement actuel de Peña Nieto a réformé la Constitution et la nouvelle politique économique permet la participation des secteurs privés nationaux et étrangers, dans l’exploitation du pétrole et la production de l’énergie électrique. L’activité minière est abandonnée à des compagnies mexicaines et étrangères qui contaminent impunément, sans contrôle, les cours d’eau, le sol et l’atmosphère, au grand dommage des paysans agriculteurs, malgré les compromis relatifs à la protection du milieu ambiant physique souscrits par le Mexique.

Le peuple mexicain, dans une grande majorité, n’approuve pas ces changements qui, au contraire, sont applaudis par les secteurs financiers et par les compagnies transnationales qui ont désigné l’actuel président comme « le sauveur du Mexique ».

C’est dans cette démarche soit-disant triomphale du gouvernement que se produit la disparition et probablement massacre des étudiants, dans une province aguerrie. Les manifestations quotidiennes de milliers de citoyens dans tout le pays, les réactions violentes contre les sièges physiques des pouvoirs publics sont des actions qui réunissent de plus en plus d’adeptes, surtout les jeunes qui n’ont pas les moyens de s’éduquer et ne trouvent pas un emploi stable, feront peut-être réfléchir ces fonctionnaires habitués au laissez faire des gouvernements corrompus.

Depuis 1968, on n’avait pas vécu une mobilisation populaire aussi profonde et aussi critique de l’État mexicain..

Malgré cela, les réponses officielles ne peuvent encore satisfaire les grandes couches de la population. Il paraît que les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux essaient « d’administrer » une crise sévère, par le truchement de mesures retardées et de déclarations contradictoires ou confuses. La complicité de la majorité des médias écrits, parlés et télévisés, sont un puissant instrument de contrôle et de propagande en leur faveur. Le panorama est sombre au point même d’inquiéter « notre bon voisin » qui n’apprécie pas du tout cette turbulence sociale.

Il est difficile de prévoir l'issue prochaine de cette crise, et seulement on peut assurer que ce réveil politique national peut apporter des changements nécessaires et favoriser la construction d’une société équitable et juste.

 

D.H.

 

source: collectif communiste polex

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