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Publié par Michel El Diablo

moulins-maurel1

Un épisode de plus dans le combat des salariés des moulins et des Bouches-du-Rhône pour la défense de l’emploi et de l’outil industriel. Pour l’instant le groupe Nutrixo, propriétaire du site, est déterminé non seulement à fermer mais aussi à bloquer toute possibilité de redémarrage des moulins Maurel. Pour autant les salariés et la CGT n’ont pas dit leur dernier mot.


Jeudi 3 octobre 2014, au petit matin, les forces de police de Valls et Cazeneuve sont venues en très grand nombre [1] faire une bien sale besogne pour le compte de Nutrixo : expulser les salariés en lutte depuis plus d’un an et qui occupaient le site depuis une semaine, prendre l’usine, démonter et charger dans un semi-remorque les deux plus grandes et performantes machines, charger les militants qui faisaient le gué dehors et partir en laissant le site sous la garde de milices privées, les mêmes que celles utilisées par la direction de Fralib….


L’intervention, à la légalité plus que douteuse au vu des différentes ordonnances du tribunal qui appelaient à la poursuite du dialogue, est d’autant plus scandaleuse que Nutrixo refuse de discuter avec le groupe qui s’est porté candidat à la reprise du site et l’a encore rappelé ce jeudi à la préfecture. Là encore la responsabilité des pouvoirs publics est écrasante : non seulement ils ne font rien pour forcer Nutrixo à négocier alors que l’état est actionnaire à 11% du groupe mais en plus avec l’épisode de jeudi dernier ils se rendent complices du démantèlement du site espérant sans doute décourager la trentaine de salariés qui se battent pour leur emploi.

Eh bien si l’abattement était le but recherché, patronat et gouvernement en seront pour leurs frais. 


C’était sans compter la convergence des luttes initiée par la CGT dans le département sur les nombreux dossiers de défense d’emploi avec 17 autres organisations. 


C’était sans compter également avec la solidarité entre les travailleurs qui ici n’est pas un vain mot ou un simple slogan. 


C’était sans compter avec la détermination des salariés dont la vie de famille, l’avenir professionnel et la santé sont en jeu dans ce bras de fer travailleurs / patronat, gouvernement.


Ce samedi 4 octobre la CGT du département appelait à un rassemblement devant l’usine et tous répondaient présents.


Edouard, le délégué de l’entreprise, prenait la parole le premier et rappelait la force de cette stratégie : « En face ils ont peur quand ils nous voient au côté des camarades d’Air France, de la SNCM, de l’APHM, de LyonDell…Et nous on y va parce qu’on a besoin de routes, d’hôpitaux, d’éducation, d’emplois, de services publics et c’est ce qu’on leur dit quand on parle des moulins Maurel. On pensait avoir un ennemi, les patrons ; en fait on en a deux : les patrons et le gouvernement. »


Et de détailler les éléments qui prouvent tout à la fois la mauvaise foi de Nutrixo, la complicité du gouvernement et la volonté commune des deux adversaires de faire sur le site une opération immobilière au détriment de l’emploi et des besoins de la population. Comment ne pas penser en entendant Edouard démontrer le mécanisme qui lie le patronat au gouvernement à cette phrase historique : « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif de la classe bourgeoise » comme l’écrivaient Marx et Engels dans le manifeste du Parti Communiste ...en 1848. Même si le contexte socio-économique de l’époque n’est pas comparable avec celui d’aujourd’hui, le gouvernement français actuel est bel et bien du côté des patrons qui broient la vie des travailleurs. Aujourd’hui encore l’affrontement capital/ travail n’a pas fondamentalement changé.


Eric Chenais du bureau départemental de la CGT et Julien Huck secrétaire Fédéral de la FNAF ont également pris la parole en faisant le lien entre le rassemblement devant l’usine et la journée nationale d’action à venir du 16 octobre.


Tous les 3, et plus particulièrement Edouard, répondant à l’envie qui traversait si fort l’assistance que les grilles métalliques en furent toutes secouées et manquèrent de tomber, faisaient une promesse : « On reprendra notre usine » et les fralibs présents à qui cela rappelait des souvenirs, avec l’ensemble des manifestants, approuvaient avec force.


L’histoire n’est pas finie, les camarades en luttes des moulins et les militants qui les soutiennent ont bien montrés ce 4 octobre, qu’ils étaient déterminés à l’écrire en leur faveur.


source : rouge midi



[1] difficile de dire combien ils étaient mais on a bien dénombré plusieurs dizaines de fourgons de CRS

 

 

 

moulins-maurel.jpg

la-marseillaise

Moulins Maurel. Contre la force publique, l’union des travailleurs

 

Soutiens et convergence des luttes comme un grain de semoule dans les rouages d’un patronat aux faveurs de l’État. Ainsi vont salariés, militants et citoyens réunis au pied des silos.


Les uns veulent travailler, les autres liquider. Nouvel épisode d’une casse sociale en bande organisée, la Préfecture, mandatée par le gouvernement, a octroyé jeudi l’usage de la force publique au géant de l’agro-alimentaire Nutrixo contre une poignée de salariés qui s’accrochent depuis sept mois à leur outil de travail. Riposte des travailleurs hier devant les silos des Grandes Minoteries de la Méditerranée (ex-Moulins Maurel) venus de tout le département à l’appel de l’UD CGT pour montrer, contre ce nouveau mensonge d’État, qu’il est encore possible de moudre le grain dans les silos de la Valentine, en activité depuis 1860 à Marseille.

 

Dès 11 heures, ils rejoignent les rangs par centaines. Le mot est passé, les UL de la CGT sont là, les sections du PCF également, le PG et le NPA, Solidaires, la FSU… soit, des hommes et des femmes, des travailleurs en lutte tels les Fralib, Air France, ou les marins de la SNCM, mais encore les métallos d’Ascométal, d’ArcelorMittal, de la réparation navale, du port, de la Centrale de Gardanne, des Télécoms, des impôts, d’EDF… Tous ici, car tous unis dans un même combat.

 

Tous embarqués dans le même bateau


Secrétaire général de la FSU 13, Alain Barlatier estime : « ce qui se passe sur ce site est symptomatique des cadeaux que le gouvernement fait au patronat, cet ogre insatiable. Une suite logique de toutes les concessions faites sur le dos des salariés. Nous attendons autre chose d’un Préfet ». Pour la CGT réparation navale, Noël Kouici explique : « ce sont les salariés qui se battent pour la survie de l’industrie. On ne peut pas tous vivre du tourisme et de la grande consommation. Et les attaques pleuvent des actionnaires et du gouvernement ». Et les salariés commencent à aiguiser leurs armes. Marc Bastide, de la Fédération CGT des métallos estime : « il y a 4 éléments sur lesquels s’appuyer : Ne pas oublier qu’on a condamné La Ciotat mais que le combat fait qu’aujourd’hui il y a encore 800 salariés qui y travaillent. Le maintien de la réparation navale sur les bassins Est est dû à une lutte de 523 jours. A Fos, le maintien d’Ascométal a permis aux salariés d’ArcelorMittal de former une grande organisation syndicale. Et il y a la victoire des Fralib. » De quoi démonter que porté en masse par les salariés, le sauvetage de l’emploi est possible.

 

Éprouvé, mais très remonté après la charge d’une horde de CRS subie jeudi, Édouard Pagni, figure de la lutte des salariés des ex-Moulins Maurel, ne lâche pas l’affaire : « On pensait avoir un seul ennemi. Nutrixo. Mais le gouvernement est son complice pour fermer l’activité. Or c’est pas fini ! Il y a un repreneur ». Mais il lâche le morceau : « Il a écrit au Préfet. Il a appris que les CRS avaient été envoyés contre nous. Que Nutrixo avait embarqué deux machines. Il est scandalisé et il maintient son offre. Mais il a un problème : il attend toujours une réponse de Nutrixo pour son offre de rachat du 6 mai. Il ne sait pas combien il doit acheter, combien il doit investir, combien il doit mobiliser. Jusqu’à 25 millions, il peut. Après, il a des partenaires. Un chinois qui veut faire de la levure, de la semoule et de la farine, un marocain dans l’alimentation pour animaux qui est prêt à entrer au capital… »


Vendre le terrain, un vieux rêve foncier


Jusque-là, la mission du commissaire au redressement productif semblait vouée à l’échec. C’est même ce que la préfecture s’était empressée de relayer dans un communiqué réduisant l’activité de l’usine à néant. Et profitant d’une réunion des représentants des salariés en préfecture, le démantèlement de l’usine s’est organisé. Grâce à l’appui de l’État, qui envoie des CRS pour laisser la voix libre à un énorme camion remorque. Il a engouffré deux des belles machines de la minoterie pour les embarquer on ne sait où. « Le gouvernement est complice, il transmet ses infos au cabinet de communication de Nutrixo ». assureÉdouard Pagni« on lance une procédure contre la Préfecture qui outrepasse ses droits ».

 

Toujours propriété du groupe, le site de la Valentine attire les convoitises des agents immobiliers. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. Les salariés des Moulins Maurel en ont une preuve qu’ils confient à leur avocat : « on a une lettre datée de 2010 d’une société immobilière d’Aubagne où une proposition est faite pour le rachat des parcelles à 10,5 millions d’euros en vue d’un projet d’urbanisme déjà posé à la Mairie ! » La farine n’a été stoppée qu’en 2011 et le 1er Adjoint au Maire jurait encore en 2012 que Marseille ne laisserait pas mourir ses moulins. Mais depuis, la verve a fait place au silence. Ceci aiderait à comprendre pourquoi Nutrixo montre tant d’empressement à débarquer du site l’activité qui fait vivre les salariés des Moulins Maurel comme l’économie de la région.

 

Après une petite bousculade contre les grilles d’enceinte, le mur de Nutrixo s’effrite. Les 7 vigiles, dont l’emploi depuis 7 mois a coûté 700.000 euros au groupe, prennent un coup de stress. Mais « on n’est pas en guerre, juste en lutte », rassure Édouard Pagni« Quand ce sera le moment de reprendre l’usine, on la reprendra ».

 

Myriam Guillaume (La Marseillaise, le 5 octobre 2014)

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