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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par DIABLO

Compte rendu de l’ouvrage « Orange stressé, ou la gestion par le stress à France Télécom » d’Ivan du Roy, (La Découverte, septembre 2009)


Faut pas rêver : depuis toujours, le travail est synonyme de mal être pour les ouvriers. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si l’expression « aller au chagrin » signifie allait à l’usine. De même, Georges Navel, dans son livre magnifique « Travaux » ne dit-il pas ? « Il est une tristesse ouvrière, dont on ne sort que par la politique. » En effet, comment être serein, quand on passe une longue semaine de travail, avec un statut de dominé, qui vous colle à la peau ? Simplement, les formes de cette domination ont changé selon le capitalisme en cours : celui des 30 glorieuses, ou le capitalisme financiarisé actuel.

Une violence sociale incroyable d’une classe sur une autre.

Force est de constater que l’on vit aujourd’hui, au travail, une violence incroyable d’une classe (la bourgeoisie) sur une autre (les ouvriers). Car ce terme est mille fois préférable à celui de « souffrance au travail » : donnant le sentiment que le salarié souffre tout seul, indépendamment de son environnement et de ses chefs ; comme on peut être pris de malaise, suite à une constitution déficiente.
Les médias officielles se focalisent sur le seul problème des mutations forcées, à France Télécom : et c’est vrai que les salariés de l’entreprise doivent changer de poste, tous les 27 mois.
Mais l’ouvrage d’Ivan du Roy évoque un cadre de travail asphyxiant, autrement global : dû à l’espionnage constant du chef n+1 sur les conversations téléphoniques des techniciens, avec les clients d’Orange. Afin de voir si ce dernier lit bien le « script », un document écrit à l’avance par la direction ; et dont il convient de ne pas se départir d’une virgule. Sinon, on voit tomber sa prime mensuelle de rendement. Dû aussi à l’obligation d’allumer une lumière jaune (c’est délicat !), quand on veut faire une pause pipi. A l’envoi de mails injurieux par la délégation régionale de France Télécom, si l’établissement ne parvient pas à remplir ses objectifs. Au licenciement, chaque année, des 10 % de salariés jugés les moins « productifs ». Au déclassement programmé de vieux salariés expérimentés, qui ont 20 ans de boîte, mutés sur des postes de débutants, ou obligés de servir des orangeades !

La responsabilité du PS dans ce management par le stress.

Or, chaque fois que France Télécom se privatise, ou change son management, on trouve des socialistes à la manoeuvre : en 1981, on assiste aux premiers durcissements de la gestion des salariés de l’entreprise : avec ses premiers cortèges de prise d’antidépresseurs, et de dépressions.
En 1990, sous le gouvernement Rocard, la gestion du téléphone donne lieu à la création d’une entreprise publique, distincte de la poste. De même, la libéralisation de France Télécom intervient, à compter du 1er janvier 1998, soit, sous le gouvernement Jospin. Dès cette époque, la médecine du travail alerte la direction de l’entreprise sur les graves problèmes de stress subis par les salariés. Les folles années de la spéculation, sous la houlette de Michel Bon, PDG de la boite, sont toutes avalisées par les différents ministres de l’économie socialistes, Dominique Strauss Khan, Sautter et Fabius.

France-Télécom, une machine à exclure permanente, qui s’appuie sur la maltraitance des salariés.

Cette gestion par le stress n’est pas gratuite : Il s’agit, ni plus, ni moins, de démultiplier le nombre de démissions de salariés de France Télécom, ayant presque tous conservé leur statut de fonctionnaires. Et ça marche : en moins de trois ans, le nombre de démissions bondit, passant de 4,5 % à 15 %. L’ « essaimage » aussi : il s’agit d’inciter les salariés à créer de petites entreprises : pizzeria, vente d’huile anti-douleur…, qui, malheureusement, se cassent presque toutes la figure.
De même, on favorise le passage dans d’autres administrations : sur le seul motif qu’un salarié n’est qu’un « coût », qu’il convient de diminuer par tous les moyens.
Or, ce phénomène dépasse largement le cadre d’Orange : en cela, la formule en vogue aujourd’hui dans les médias officielles « les suicides à France Télécom » est profondément inexacte. Tant il est vrai qu’on se suicide aussi dans la police (39 suicides pour 100 000 agents) ; dans l’enseignement, avec 33 suicides pour 100 000 enseignants ; dans l’administration de l’Equipement, avec 25 suicides chaque année. Sans parler des suicides à Renault, Peugeot, Thalès ou H&M. Les médias officielles ont construit une digue, qui limiterait ce phénomène à une seule entreprise : mais la réalité montre qu’il s’agit d’un geste qui a cours autant dans le privé que dans le public.
Il ne faut donc surtout pas opposer les salariés au travail et les demandeurs d’emploi enkystés dans le chômage. Il n’existe pas, d’un côté, des salariés repus de bonheur, vivant dans des oasis fleuries parcourue de fontaines cristallines ; et de l’autre, de pauvres hères qui se traîneraient dans des immensités désertiques. C’est le même libéralisme qui frappe et qui exclut durablement. Quoique, sous des formes différentes : d’un côté, la pression psychologique, afin de multiplier le nombre de démissions ; de l’autre, l’utilisation du code du travail et des plans sociaux.
Lisez ce livre, il est remarquable : dans un style fin et nerveux, qui évite le pathos et le larmoyant qui tâche, il vous raconte par le menu comment les salariés vivent le quotidien du travail : un sujet profondément tabou depuis des années. Tant les médias méprisent ces « invisibles » que sont les ouvriers, les techniciens et les fonctionnaires. Pour ne faire ses gros plans que sur les gens qui pétillent. Ce livre a donc l’immense mérite de réhabiliter le peuple, les sans nom, les sans grade de toujours ; qui deviennent de nouveau un sujet de préoccupation officielle, faisant même la une du vingt heures de TF1 du 16 juin 2009. Faisant cette semaine, le 16 novembre 2009, la une du Figaro, à l’occasion du succès du questionnaire adressé aux salariés de France Télécom ; et auxquels 75 % ont répondu : souhaitons qu’ils fassent la une de toutes les médias le plus longtemps possible...

 

Brigitte Pascal

Membre de la commission

 "droits des salariés"

du Parti de gauche

source: " ufal info"

 

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