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Publié par Michel El Diablo

CGT-UGICT.jpg

Alors que l’ouverture de la négociation sur les régimes de retraites complémentaires Agirc et Arrco a été repoussée au mois de février prochain par le patronat, la campagne idéologique s’organise : la Cour des comptes publie un rapport dénonçant le déficit des régimes et appelant à des mesures de rigueur supportées (bien sûr !) exclusivement par les salariés ; le patronat s’engouffre dans la brèche pour exiger un report à 64 ans de l’âge d’ouverture des droits à retraite complémentaire, suivi par le ministre du Travail qui propose d’allonger la durée de cotisation… Ça ne vous rappelle rien ?


La ficelle est grosse : l’objectif est d’avoir une négociation éclair, et de l’ouvrir seulement une fois que les esprits auront intégré que de nouveaux reculs sont inéluctables. Le but est, encore une fois, de confisquer cette négociation aux salariés, et de profiter du déficit de l’Agirc pour supprimer le régime.


Pourtant, les enjeux sont de taille : l’Agirc et l’Arrco assurent 60 % de la pension des cadres. L’Agirc a été créée en 1946 et, dans les conventions collectives, c’est le rattachement à l’Agirc qui détermine le statut de cadre.


Supprimer l’Agirc c’est envoyer le message aux cadres qu’ils n’ont qu’à se débrouiller par eux-mêmes pour financer leur retraite via la capitalisation. C’est donc in fine casser notre système de protection solidaire.


Cette négociation concerne donc les cadres, dont les droits seront les premiers à être rognés, mais aura des conséquences pour l’ensemble des salariés. La déclaration du ministre du Travail a le mérite d’être claire : un recul des droits sur les régimes complémentaires sera immédiatement utilisé par le gouvernement pour faire de nouvelles économies sur le régime général.


La mécanique est bien huilée et le scénario donne l’impression d’un mauvais remake, sauf que cette situation est justement tout sauf inéluctable. Les études commandées par la Cgt et son Ugict démontrent qu’il est possible de financer un régime de retraite complémentaire de haut niveau.


Deux exemples : l’égalité salariale entre les femmes et les hommes permettrait de régler 46 % des besoins de financement de l’Agirc d’ici à 2014. L’alignement du taux de cotisation des cadres – des salariés au-dessus du plafond de la Sécurité sociale – sur celui des autres salariés permettrait de dégager 94 % des besoins de financement…


Nous ne sommes donc pas condamnés à voir, années après années, nos droits à la retraite diminuer. C’est le sens de la grande campagne lancée par l’Ugict-Cgt pour permettre aux ingénieurs, cadres et techniciens de se réapproprier le débat sur leur retraite.


Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe 
de l’Ugict-Cgt


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