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Publié par Michel El Diablo

romain-rolland.jpg

"Pourquoi je n'adhère pas au projet d'Union européenne tel qu'il se construit" par Romain Rolland

 

Un document d'une valeur exceptionnelle. Quand le comte Coundehove-Kalergi propose a l'écrivain Romain Rolland de prendre la tête de son projet de Paneuropa ( = Union européenne), ce dernier refuse et développe un argumentaire qui reste d´une remarquable actualité.

 

En quelques lignes, la plume de Rolland dévoile les hypocrisies du programme tiraillé entre les idéaux des belles âmes européistes et sa réalité concrète d´instrument entre les mains d´intérêts capitalistes.

 

Romain Rolland était bien un compagnon de route au sens noble du terme : critique sans concessions des duperies adverses, critique juste et bienveillant de nos erreurs, critique lucide de ses propres illusions passées, ici sur l´idée et la réalité d´Europe. A lire.

 

Introduction et texte retranscrit pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Sur Pan-Europa (28 janvier 1930)

 

 

J'ai refusé mon nom au comte Coudenhove et pour son comité d'honneur de Pan-Europa. En dépit des sincères bonnes volontés qui lui prêtent l'auréole de leur candeur idéaliste, je vois tapis sous la robe de Pan-Europa trop d'énormes intérêts et trop d'énormes intérêts et trop de menaces pour l'avenir.  

 

J'ai des raisons de craindre que "ce bloc enfariné" comme disait notre La Fontaine, n'ait pour premier objet l'exploitation du reste de la terreet pour conséquence finale la guerre contre les autres blocs qu'il aura provoquésTimeo Danaos...

 

C'est le malheur des temps que nous ayons perdu confiance dans le personnel qui nous gouverne, et - (le plus malheureux) - que cette méfiance soit saine. Car ce personnel est le même que celui qui nous a valu la guerre, et rien ne nous prouve qu'il ait changé. Ses batteries seules ont change. Il se sert aujourd'hui de la paix, comme hier de la guerre, ainsi que de deux sources de profits alternantes.

 

Nous ne devons pas être dupes des mots. Le mot "international" ne vaut pas mieux, en soi, que le mot: "national", si ce sont les mêmes hommes qui s'en encocardent.

 

Rien n'est plus "international" que le capitalisme oppresseur, et le moindre danger d'aujourd'hui n'est pas une Sainte-Alliance des grands capitaines d'industries et des grandes bourgeoisies fascistes d'Occident.

 

Je mets en garde tous ceux qui m'écoutent contre la montée de la Réaction en Europe et je les invite à en observer toujours, comme premier symptôme, les menaces contre la Russie. Je n'accepte point une Europe qui n'ait point accepté, sans arrière-pensée, l'URSS.

 

Car, quelles que soient les erreurs de celle-ci - (erreurs trop explicables dans un immense pays, encerclé d'ennemis, miné de trahisons où la Révolution a reçu du monstrueux régime qu'elle a brisé un héritage accablant de misère, d'ignorance, de corruption et de ruines, qu'il faut liquider) - quels que soient les échecs auxquels se sont heurtés les grands rêves du début, la pensée d'un Lenine, pure et tranchante comme un glaive, - l'URSS reste toujours la barrière indispensable contre la Réaction européenne, le contre-pieds nécessaire au fascisme qui, sous toutes les formes, s'infiltre dans les veines de l'Occident. N'y laissez point toucher.

 

Veillez ! Et quelle que soit la paix qu'on vous apporte, montez la garde autour ! Ne vous en déchargez pas sur des hommes dits de confiance ! Une saine démocratie n'est jamais mieux gardée que par elle-même.

 

Et souvenez-vous que la guerre dernière a été entreprise (disait-on!) pour être la dernière guerre et fonder la paix ici-bas! J'ai combattu naguère le bellipacisme. Veillez à ce que nous n'ayons pas a combattre maintenant le pacibellicisme !

 

Romain Rolland

 

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