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Publié par Diablo

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Le 21 mai 2013, nous (Jean Lévy, Jean-François Loubière et Dominique Dionisi représentant POLEX) avons été reçus par Jean-Paul Guevara-Avila, Ambassadeur de Bolivie en France. 
 

 

Ce premier contact, imprégné de beaucoup d’amitié et de fraternité de part et d’autre, nous a permis de poser plusieurs questions sur la situation actuelle en Bolivie. En voici les sujets et les réponses de Jean-Paul Guevara-Avila :

 

L'entretien s'est ouvert par une question faisant référence à un article récemment paru dans le quotidien « Le Monde » (18 mai 2013) sur une grève lancée par la C.O.B. Selon le journal français, ce mouvement était largement suivi et mettait en danger le gouvernement bolivien en raison de la nature des revendications portant sur les salaires et les retraites.

 

L'Ambassadeur a répondu que cette lecture du mouvement était déformée et mal interprétée par le journal puisque, au bout de 5 jours de grève qui, de toute évidence, avaient pour but de mettre en difficulté le gouvernement, tout le monde avait compris que la C.O.B. tentait de jeter les bases d'un parti politique se disant positionné à gauche du mouvement social et politique bolivien. En faisant durer la grève, la revendication extrémiste tentait ainsi de masquer les avancées du gouvernement qui, lui, a mis en place une mesure phare, une sorte de "rente" attribuée à toutes les catégories sociales, notamment les plus défavorisées, afin de les garantir contre la pauvreté.

 

Jean-Paul Guevara-Avila a utilisé le terme "récupération" pour qualifier la méthode de l'organisation syndicale. Il a ajouté qu’en fait très peu de salariés ont une retraite (seulement 15% de la population). Pour les autres il n’y a rien sauf cette "rente" créée par le gouvernement. Elle est ouverte à tous les citoyens boliviens âgés. Elle est  actuellement équivalente à 25 euros/mois. Elle sera, tout prochainement, portée à l'équivalent de 30 euros/mois. Cette aide est appelée "retraite dignité". Pour mesurer l'importance de cette décision, il faut savoir que le salaire ouvrier moyen bolivien serait  de l'ordre de 140 euros/mois actuellement. Il a augmenté de plus de 60% ces dernières années. Par ailleurs, la retraite versée aux boliviens (ceux qui en ont une !) est égale à 70% de leurs salaires quand ils étaient en activité. Sauf pour les militaires qui gardent 100% de leur solde.
 

 

Ce qui nous a amenés à aborder les notions d'état, d'état-nation et de nation.

 

Réponse de l’Ambassadeur : C’est un aspect très important qui ne doit pas être occulté dans l'information sur la réalité bolivienne. En effet, 64% de la population nationale est d'origine indigène et ce % se retrouve dans tous les secteurs économiques et sociaux du pays. Ceci explique, entre autres, la force significative du mouvement ouvrier bolivien. Le peuple (agriculteurs, employés, ouvriers, même les cadres) se retrouve en Evo Morales, lui-même ancien ouvrier et indigène. Le gouvernement reste très populaire puisque d’après les sondages Morales aurait  66% d’opinion favorable.

 

Naturellement nous avons évoqué les renationalisations des secteurs essentiels. 
 

 

A ce sujet, Jean-Paul Guevara-Avila a souligné, qu’à l'exception des banques restées privées, ces renationalisations ont contribué à garantir le contrôle par l'Etat de ces activités (mines, télécom, etc) et surtout à faire que l'essentiel des bénéfices et économies ainsi réalisés restent au pays. Pour contourner les obstacles dressés par les banques privées, l'Etat a créé une banque centrale qui est directement sous son autorité. Cette décision a largement diminué les mouvements douteux de capitaux puisque toutes les banques privées sont tenues de rendre compte de leurs activités à la banque centrale.

 

 

La question de la formation des cadres dans tous les secteurs-clés fut posée car, actuellement, beaucoup de postes de décisionnaires et de techniciens supérieurs sont occupés par des ressortissants des entreprises étrangères exploitant notamment les secteurs industriels.

 

 

Réponse de l’Ambassadeur : Le gouvernement a commencé de mettre en place une politique tendant à intensifier et  imposer la formation de cadres de nationalité bolivienne. Cette directive est en bonne voie.

 

Toujours sur le développement industriel et son contrôle par l'état bolivien, Jean-Paul Guevara-Avila nous a apporté deux précisions d’importance:
Une grande avancée est en cours. Il s'agit de la production et de la vente du gaz à l'Argentine et au Brésil. Jusqu'à maintenant, le pays vend le produit brut à ses clients mais la construction d'un complexe de raffinement du gaz brut permettra bientôt de vendre un gaz raffiné, donc plus cher, et, aussi, de transformer et de commercialiser en interne les sous-produits issus du raffinement.
 

 

La très forte présence de lithium dans le sous-sol national (environ 50% de la présence mondiale de cette "terre rare" !) porte le gouvernement à rechercher des partenariats avec des pays ou des sociétés étrangères.

 

A la question portant sur les velléités de 5 des 9 départements de revendiquer l'autonomie, voire l'indépendance, la réponse de l'Ambassadeur fut sans détour : Ceux qui sont derrière ces revendications n'ont aucun projet politique à l'échelle de la Bolivie et ignorent la réalité du terrain. Leur seul projet est celui du maintien des privilèges dont ils ont toujours tenu écarté le peuple.

 

Dernier point : En lui demandant, à la fin de notre entretien, de nous éclairer sur le concept du "Socialisme du Bien Vivre" nous pensions bien provoquer une réaction positive. Mais dans sa réponse, Jean-Paul Guevara-Avila est allé au-delà de notre souhait. Il a proposé à POLEX d'en faire, en partenariat avec l'ambassade, l'objet d'une des prochaines conférences-débats à la Maison de l'Amérique Latine. Là où, chaque dernier jeudi du mois l'ambassade organise une rencontre. Proposition qui, bien sûr, a retenu toute notre attention et concluait, provisoirement, cet entretien chaleureux.

 

Les quatre-vingt-dix minutes que Jean-Paul Guevara-Avila nous a consacrées augurent bien de l’avenir de nos relations fraternelles avec le représentant, en France, du peuple bolivien et de son gouvernement.

 

Dominique DIONISI, Jean LEVY, Jean-François LOUBIÈRE

 

Source Collectif Polex

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