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Publié par Michel El Diablo

Suisse-carte

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La Suisse, le pays où quand on fait une grève, tout le monde s'en aperçoit. Ce mercredi une grève a entièrement paralysé le réseau de transport genevois pour protester contre un plan de suppression de postes et la remise en cause du droit de grève.

 

« Grève à la française », « syndicalisme à la française ». L'hystérie s'est emparée d'une partie de la presse suisse en cette fin de semaine pour fustiger la grève lancée par le Syndicat du personnel des transports (SEV) des Transports publics genevois (TPG).


 

Aucun bus, aucun tram sorti des dépôts de Genève



L'arrogance de la direction, les menaces sur le droit de grève derrière l'idée d'un service minimum imposé par tous les moyens – concurrence des sous-traitants, bus sortis des dépôts sans les conditions de sécurité requises, pressions sur les chauffeurs – ont indigné tous les syndicats.

 

Ainsi, deux syndicats d'abord réfractaires à la grève se sont joints en solidarité, ASIP et Transfair. Bien que le SEV représente à lui seul 700 des 1 900 employés des TPG.


Mercredi matin, aucun tram ni aucun bus des TPG ne circulait dans les rues de Genève. L'assemblée générale a réuni 600 employés, soit un tiers des effectifs de la régie publique municipale.


 

Sauver une centaine de postes, préserver le droit de grève



La première revendication était le retrait du projet de contrat de prestations des TPG 2015-2018 qui prévoit la suppression d'une centaine de postes de travail. La menace d'un service minimum a fait de la défense du droit de grève une priorité tout aussi vitale.


De fait, pour la municipalité comme pour l’État suisse, l'incapacité à imposer le moindre service minimum a été perçue comme une humiliation. Ce fut, des mots de la secrétaire syndicale du SEV Valérie Solano, une véritable « démonstration de force ».


Si la grève a été reçue diversement parmi les usagers – entre fatalisme, réactions d'énervement, esprit bon enfant et marques de solidarité – cette réussite a suscité des répliques d'une haine terrifiante mêlant piques patronales anti-syndicales et relents de xénophobie francophobe.



Montée de xénophobie anti-française



D'abord, la direction des TPG a parlé de prise en otage non seulement des usagers mais aussi du personnel non-gréviste que les grévistes auraient intimidé pour les empêcher de prendre le volant.


Ensuite, la rumeur a été répandue que cette « grève à la française » n'était pas un hasard car elle aurait été fomentée par les frontaliers, ces chauffeurs français qui instillent cet esprit séditieux dans les paisibles terres suisses.

 

La présidente du Conseil d'Administration, Anita Frei, terrifiée par les remarques xénophobes sur les réseaux sociaux, a du démentir ces « fantasmes » qui alimentent « la division dans l'entreprise », faisant remarquer que le travail très dur avec des « horaires décalés et des tests exigeants » rebutait les Genevois et nécessitait le recours à des travailleurs français.

 

En 2013, on comptait 29 % de salariés des TPG qui ne sont pas de nationalité suisse et résidant en France.


 

L'extrême-droite (UDC) propose d' « interdire la grève » dans le public



Enfin, la droite locale a repris le flambeau de ce discours xénophobe et anti-syndical, combinant les deux dans un cocktail inquiétant.


Le Parti libéral-radical (PLR) a dénoncé une « prise en otage des Genevois », tout comme l'organisation des patrons genevois a qualifié la grève d'« illégale ».

 

C'est surtout l'UDC (Union démocratique du centre), un parti de droite extrême, connu pour ses positions anti-immigration, qui a mené l'offensive le plus loin qualifiant la grève de « coup de force syndical ».


L'UDC-Genève a ainsi dit étudier « diverses options pour interdire la grève dans les institutions subventionnées par l'Etat ».


Le Conseiller d'Etat Luc Barthassat, chargé des questions de transports, a emboîté le pas et avancé l'idée de sanctions contre les personnes qui ont fait de l'obstruction, empêché les autres de travailler, donc ceux à qui on reproche d'avoir fait grève.


De la Suisse à la Belgique, nos voisins se mobilisent sur le rail comme sur la route pour sauver leurs emplois, leur statut, le service public. Exprimer notre solidarité en France, c'est commencer par la reconstruction des conditions d'un mouvement d'ampleur contre les processus de privatisation des transports, ici et maintenant.

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