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Publié par Michel LeDiablo

Le secteur du bricolage est un marché particulièrement dynamique. Selon l'INSEE, son chiffre d'affaires a doublé entre 1996 et 2006, année où il atteignait 17 milliards avant de grimper à 24 milliards l'an dernier. La concurrence y est rude, tous les coups sont permis.  Rappelons quand même que c'est le patron de  BRICORAMA  qui a demandé et obtenu l'interdiction de l'ouverture pour ses concurrents, après avoir été, lui-même, sommé de fermer le dimanche à l'automne 2012.

 

 

Le dimanche 29 septembre 2013, foulant aux pieds la loi - sans faire d'ailleurs hurler le ministre de l'Intérieur plus prompt quand il s'agit des Roms –  deux grandes enseignes ouvraient leurs portes, offrant force croissants et boissons chaudes aux clients.  Entre deux bouchées, le personnel soi-disant volontaire et si heureux d'être là leur proposait le stylo pour signer la pétition réclamant le « droit de travailler le dimanche ».  Les journalistes arrivés là par hasard, offraient leur micro pour organiser cette gigantesque opération de propagande au service du capitalisme. A toutes les heures de grande écoute de ce dimanche, les medias ont joué leur partition à la gloire du profit !

 

 

Mais quelle discrétion, quel manque de curiosité sur les salaires pratiqués dans ces établissements ! A t-on souvent vu des patrons proposer au personnel d'organiser réunions, pétitions etc… donner toutes facilités pour s'exprimer ? La ficelle est grosse.

 

 

Arguer de la nécessité impérieuse de sacrifier son dimanche pour ceux à qui on ne concède que quelques centaines  d'euros par mois relève d'un cynisme, débridé,

 

Oui, bien sûr des salariés acceptent de travailler le dimanche, le soir n'importe quand, en périodes fractionnées etc. Quel choix ? Quand il faut de loger, se nourrir avec 1000 ou 1100 euros par mois  en travaillant à temps complet, sinon les salaires sont bien inférieurs, comment oser parler de libre choix ? Tous ces gens haïraient-ils les dimanches ? Non, ils souffrent de salaires de misère et tous les faux-nez sortis ces jours-ci ne font que tenter de cacher cette réalité. On ne peut pas vivre correctement avec un SMIC.  Les étudiants ? Mais quel scandale que de devoir travailler pour se payer sa formation, son logement etc. parce que la famille ne le peut pas ! C'est cela la seule vraie question.

 

 

L'opération d'envergure ainsi menée et si bien relayée dissimule mal la volonté patronale de faire exploser ce qui reste du Code du Travail déjà bien mis à mal par Sarkozy et Hollande. Faire éclater tous les cadres de référence idéologique, le capital en a besoin pour conserver l'avantage.

 

 

Coup double cette fois : les syndicats, la CGT surtout sont à la fois désignés comme ceux qui vont à l'encontre des droits des salariés et comme des fauteurs de chômage.

 

 

Faut-il d'ailleurs que cette bataille soit importante à gagner pour que Leroy-Merlin se dise prêt à payer 120 .000 euros d'astreinte par jour !

 

 

 

Fin du week-end, toutes affaires cessantes, le gouvernement annonce benoîtement une réunion exceptionnelle des quelques ministres concernés. Une commission est nommée pour plancher sur ce problème sous la houlette de Jean-Claude Bailly.

 

 

Celui-ci, loin d'être inconnu, est un dangereux récidiviste : au Conseil économique et social, il proposait dès 2007  d’ôter toute limite aux ouvertures dominicales. Il a oeuvré comme PDG de la RATP puis la Poste où il a organisé la privatisation et a dû quitter précipitamment son poste après une impressionnante vague de suicides dans le personnel, non sans avoir tenu des propos ignobles sur ces employés que son management avait poussé vers la mort.  Le choix du gouvernement n'est donc franchement pas anodin.

 

 

Pour « Communistes »,  c'est simple : il faut interdire le travail de nuit et du dimanche, augmenter considérablement les salaires des employés et les bourses des étudiants. Il faut réserver les dérogations d’horaires au strict nécessaire déjà répertorié.

 

 

Non, les travailleurs ne sont pas dupes de cette manipulation si bien orchestrée par le capital et le gouvernement qui le sert si bien ; avec eux mettons un terme à leur recherche féroce de nouveaux profits.


Source:
 http://www.sitecommunistes.org/

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