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Publié par Michel El Diablo

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Chers lecteurs, en ces jours où la France est en guerre au moyen orient, en guerre budgétaire à Bruxelles – et croyez-moi, c’est celle de Bruxelles qui risque de faire le plus de dégâts, une affaire a été traitée pendant une heure à l’Assemblée Nationale, dont l’importance vous a peut-être échappé. Un député, Julien Aubert, s’est vu infliger une sanction pécuniaire de 1500 euros pour avoir manqué à ses obligations de représentant du peuple. Et qu’a-t-il fait, Julien Aubert pour mériter une telle sanction ? A-t-il, à l’image de certains de ses collègues, omis de payer sa contribution fiscale ? Non, pas du tout. A-t-il vendu son vote à l’un de ces charmants lobbies qui pullulent aux portes de l’Assemblée ? Vous n’y êtes pas. Non, le crime abject commis par Julien Aubert est de s’être adressé à Sandrine Mazetier, présidente de séance, en l’appelant « Madame LE président » et non « Madame LA présidentE ». Et d’avoir refusé de abjurer son crime au prétexte que l’Académie Française l’autorise.


Je vous laisse juges, mes chers lecteurs, de l’étendue de ce crime. Mais de toute évidence, il y a des gens pour qui il s’agit d’une affaire gravissime, suffisamment pour interrompre le travail législatif et monopoliser plus d’une heure le travail de l’Assemblée pour s’assurer qu’il soit puni. Il n’est pas inintéressant d’essayer de comprendre pourquoi.


D’abord, leurs arguments : la féminisation des titres et des professions est, paraît-il, l’un des piliers de la lutte contre le patriarcat. L’utilisation de la forme traditionnelle – et invariable – des titres serait une manière de refuser la possibilité que des femmes puissent les occuper. Appeler « Madame LE président » une femme est une sorte de « masculinisation » forcée. Mais un regard un peu plus précis à la constitution de notre langue montre que cet argument ne tient pas. Il y a des titres et des professions qui sont féminins du point de vue grammatical, alors qu’ils ont historiquement été occupés presque uniquement par des hommes. L’exemple le plus connu est celui de « sentinelle ». On dit « LA sentinelle », « UNE sentinelle », et lorsqu’on s’adresse à un homme qui exerce cette fonction la forme correcte est « monsieur LA sentinelle », et pas « monsieur LE sentinelle ». Doit-on conclure que cette forme d’appel contient une volonté d’émasculation forcée des sentinelles de sexe masculin ? En tout cas, je ne connais pas beaucoup de sentinelles qui aient protesté pour exiger la « masculinisation » de leur titre. Il faut noter par ailleurs que beaucoup de femmes ayant occupé de hautes responsabilités refusent de se prêter à ce jeu ridicule. Michèle Alliot-Marie était connue pour avoir passé des savons mémorables aux membres de son cabinet qui s’étaient risqués à lui donner du « madame LA ministre ». Si, comme le prétend la maffia du « genre », l’utilisation des titres « masculins » était offensante pour la dignité des femmes, comment expliquer que tant de femmes rejettent la « féminisation » comme une insulte ?


En fait, la campagne pour la « féminisation des titres » organisée par la mafia du « genre » vise un objectif bien plus ambitieux qu’une simple modification des usages langagiers. Il vise la mise en place d’un ordre totalitaire sur lequel la sanction à Julien Aubert jette une lumière particulièrement crue. En démocratie, la loi n’est censée interdire que ce qui est nuisible à la société. Pour le reste, ceux qui cherchent à changer la manière de penser et d’agir des gens sont censés n’avoir d’autre instrument que la persuasion. Le problème, c’est que cette idée qui nous vient de l’esprit des lumières est aujourd’hui battue en brèche par toutes sortes de groupes de pression qui prétendent imposer par la loi les idées et les comportements qu’ils estiment « corrects », et de réprimer ceux qui ne s’y soumettraient pas. C’est ainsi qu’on fait de plus en plus de règles et de lois répressives qui n’ont aucun rapport avec l’intérêt général mais qui en fait permettent à ces groupes d’imposer leurs « marottes » au reste de la société.


La mafia du « genre » ne cherche pas à persuader, elle cherche à contraindre. Il ne s’agit pas de changer les mentalités, il s’agit d’obliger ceux qui ne partagent pas leur vision à se renier publiquement. Pour cela, on mélange subtilement l’humiliation publique, le terrorisme intellectuel et, si cela ne suffit pas, la sanction civile ou pénale. Cette méthode n’est pas nouvelle : elle fait partie de l’arsenal classique des minorités porteuses d’un système de pensée totalitaire. Un tel système a toujours pour ambition de contrôler la pensée des gens. En pratique – et en attendant de trouver un moyen de lire dans nos pensées – cela se révèle impossible. On se rabat alors sur un substitut : puisqu’on ne peut pas changer ce que les gens pensent dans leur for intérieur, il faut créer l’illusion du consensus en empêchant ces pensées de s’exprimer. On ne peut pas obliger les gens à adhérer vraiment, mais on peut les obliger à faire semblant d’adhérer. Et pour cela, il faut les humilier et les terroriser jusqu’à ce qu’ils simulent, dans leur comportement, dans leurs gestes, dans leur expression, la conformité avec la doxa officielle. C’est cela qui explique pourquoi tous les régimes totalitaires inventent une ribambelle de gestes que chaque individu est censé faire, de paroles que chaque individu est censé prononcer, des objets que chaque individu est censé porter pour manifester en public sa conformité avec les canons du système. Et pour ceux qui n’acceptent pas, il y a l’huile de ricin, la confiscation des biens, le passage à tabac, la prison, le camp de concentration ou la mort.


Nous n’en sommes – heureusement pour Julien Aubert – pas encore là. Mais l’intention y est. Rappelez-vous de la polémique sur la loi créant l’incrimination de « harcèlement sexuel », une loi répressive au caractère idéologique tellement évident que le Conseil Constitutionnel n’a pu que constater qu’elle n’offrait les garanties minimales exigées d’une loi pénale. Rappelez-vous les réactions de la « mafia du genre » après le non-lieu prononcé par la justice américaine à l’encontre de DSK, au motif, jugé tout à fait scandaleux, qu’il n’y avait contre lui aucune preuve justifiant une inculpation. A chaque fois, le raisonnement est le même : l’accusé est, par essence, coupable. Tout homme est par essence un violeur ou un harceleur, de la même manière que dans une affaire célèbre, celle du notaire de Bruay-en-Artois, l’extrême gauche avait soutenu que le notaire était coupable de meurtre non pas parce qu’il avait tué quelqu’un, mais parce que c’était un bourgeois. Les faits n’ont aucune espèce d’importance, est c’est normal puisqu’il ne s’agit pas d’une question de fait, mais d’une nécessité politique : il faut que l’autre ait peur. Une peur qui le rendra docile, tant il est vrai que la première réaction des individus est d’abord d’éviter les ennuis.


Combien de députés, parmi ceux qui partagent l’opinion de Julien Aubert quant à la « féminisation des titres » se risqueront maintenant à mettre leurs actes en accord avec leur pensée profonde ? On peut parier qu’ils seront fort peu nombreux. Et encore moins nombreux ceux qui, tout en étant favorables à la féminisation des titres, défendront le droit des autres à avoir la conviction opposée et à agir en conséquence. Car lorsqu’on parle de l’affaire avec quelques députés, ils vous racontent tous la même histoire : pas question de prendre le risque de se mettre « le gang du genre » à dos. Dans ces conditions on ne saurait pas souligner trop le courage – ou l’inconscience – de Julien Aubert. Après cette affaire, il peut être sûr que son nom sera traîné dans la boue, qu’il aura contre lui un « lobby » très bien organisé et fort puissant chaque fois qu’il sera candidat à un poste, qu’une promotion s’offrira à lui.


Dans un contexte où l’on n’arrête pas de dénoncer sur tous les tons le « terrorisme », il est effrayant de constater combien les stratégies terroristes sont utilisées, en toute impunité, dans nos institutions les plus vénérables. Et comme toujours, devant le terrorisme, la lâcheté n’est pas la meilleure politique.


Descartes

 

source: le blog de descartes

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