Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Information

1-Mon blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non-commercial et totalement amateur. Les images (photos et/ou vidéos), les textes dont je ne suis pas l'auteur ainsi que  les musiques et chants seront supprimés de mon blog sur simple demande par courriel.

2-Je publie textes et communiqués émanant d'auteurs et d'organisations diverses.Ces publications ne signifient pas que je partage toujours totalement les points de vue exprimés.

3- Je décline toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens.

Salut et fraternité

ElDiablo

Adresse pour me contacter:

igrek@live.fr

POUR SUIVRE CE BLOG

CLIQUEZ CI-DESSUS

à gauche

dans le bandeau noir

Archives

Publié par Diablo

Mohamed-El-Brahmi-01.jpg

Un texte implacable que vient d'écrire 

Mustapha El Haddad, ingénieur tunisien:

"Il y a prés de six mois, le 06 février 2013, peu après 8 heures du matin, Chokri Belaïd est tué de quatre balles, tirées à bout portant, alors qu’il quittait son domicile à el Menzah VI. En Tunisie, les derniers assassinats politiques datent de plus de cinquante années : ceux de Salah Ben Youssef et de Farhat Hached remontent respectivement à 1961 et 1952.

Ennahdha et le Gouvernement portent une grande part de responsabilités dans l’assassinat de Chokri Belaïd



Les déclarations de certains responsables du parti au pouvoir et de certains de ses alliés ont pour le moins provoqué le passage à l’acte de l’assassin de Chokri Belaïd. A titre indicatif et non exhaustif nous citerons les déclarations et incidents suivants :



Le 12 juin 2012, lors d’une émission télé émise en direct, Mohamed Ben Salem, le ministre de l’agriculture et membre de la direction d’Ennahdha, traite Chokri Belaïd de sioniste ;

- Le lendemain, à Zarzis, en public, des fondamentalistes religieux mettent à prix la tête de Chokri Belaïd ;



Le 11 aout 2012, Ali Laarayedh, alors ministre de l’Intérieur, accuse nommément Chokri Belaïd d’inciter les habitants de sidi Bouzid à manifester contre le gouvernement (alors que le représentant d’Ennahdha à Sidi Bouzid s’en prend à Nidaa Tounès pour les mêmes motifs) ;



Le 29 novembre 2012, Ali Laarayedh, ministre de l’Intérieur, accuse de nouveau nommément Chokri Belaïd d’être derrière les agitations sociales partout en Tunisie, il déclare : « Chokri Belaïd appelle aux actes de violence. Partout où il passe, on assiste à des désordres et des destructions. Car il ne reconnait ni l’Etat ni la Loi.» Ces graves accusations sont vite reprises par d’autres cadres et sympathisants d’Ennahdha : dans la foulée, Habib Ellouze qualifie Chokri Belaïd de « vendu » à Ben Ali et qu’il n’a aucun respect pour des individus du type de Chokri Belaïd.



• Quelques jours après les accusations d’Ali Laarayedh et les insultes d’Habib Ellouze, le premier décembre 2012, un prédicateur wahhabite, lors du prêche du vendredi, pousse plus loin l’invective en appelant ses fidèles à « faire face à l’opposition qui est constituée de traitres et de sbires de Ben Ali. »



Le 02 février 2013, Rached Ghannouchi déclare qu’ils existent des incitations pour une guerre totale en Tunisie que des parties contre révolutionnaires veulent détruire ;



• Le même jour au Kef, Chokri Belaïd et ses compagnons son agressés lors d’une rencontre organisée par son mouvement ;



Le 07 décembre 2012, à Sfax, l’imam autoproclamé de la mosquée de Sidi Lakhmi, lors du prêche du vendredi, appelle ses fidèles à mourir en martyr dans le cadre de la guerre sainte contre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le Gouvernement ;



Le 31 décembre 2012, Chokri Belaïd est agressé par trois individus qui ont proféré des menaces de mort à son encontre. Le Front Populaire réagit et met en cause Ennahdha dans la campagne de dénigrement subie par Chokri Belaïd ;



Le 03 février 2013, quelques jours avant l’assassinat de Chokri Belaïd, organisation d’une rencontre au sommet de trois courants islamistes radicaux : Habib Ellouze d’Ennahdha, Ridha Belhaj du Hezb Ettahrir et du prédicateur Wahhabite Béchir Belhassen ;



Le 06 février 2013, Chokri Belaïd est tué de quatre balles tirées à bout portant alors qu’il quittait son domicile à el Menzah 6, peu après 8 heures du matin. Chokri Belaid n’a eu de cesse de dénoncer la violence et les menaces de mort dont il est la cible



Dès le 12 juin 2012, il met en garde contre le spectre du terrorisme qui commence à planer sur la Tunisie ;



Le 31 juillet 2012, il accuse les milices d’Ennahdha de l’agression des syndicalistes de l’hôpital Hédi Chaker à Sfax ;



Le 29 août 2012, il dénonce la campagne menée contre lui dans les médias et les réseaux sociaux, il accuse Ennahdha et ses alliés d’être derrière cette campagne ;



Le 17 septembre 2012, il accuse les courants salafistes et Ennahdha d’être responsables des agressions touchant des militants de gauche, et le ministère de l’intérieur de faire la sourde oreille ;



Le 20 septembre 2012, il accuse la Troïka de complicité passive face à la recrudescence de la violence ;



Le 06 novembre 2012, il condamne les attaques contre les locaux de son parti à Jendouba et les menaces de mort récurrentes dont lui et ses amis ont été la cible. Il dénonce le mutisme du Gouvernement et l’accuse d’être derrière les vagues de violences successives qui s’abattent sur le pays afin de détourner l’opinion publique des sujets brulants et des dossiers urgents ;



Le 04 décembre 2012, Chokri Belaïd déclare que la violence pratiquée en Tu-nisie profite au Gouvernement ;



Le 09 décembre 2012, il prévient que le Gouvernement conduira le pays vers le chaos et l’anarchie à travers les « ligues de protection de la révolution » fascisantes ;



Le 23 décembre 2012, il appelle à la dissolution des « ligues de protection de la révolution » criminelles et hostiles à la vie démocratique ;



Le 13 janvier 2013, il signale que les « ligues de protection de la révolution » ont tenté de saboter la tenue des réunions du front populaire à Médenine et à Zarzis ;



Le 20 janvier 2013, il accuse Ennahdha d’avoir instaurer un climat de violence afin de camoufler son incompétence. Il dénonce la vague de violence qui secoue le pays, les actes agressifs et brutaux des « ligues de protection de la révolution » et la prolifération d’armes à El Mourouj, dans le nord ouest du pays et à Médenine ;



Le 02 février 2013, il déclare que des groupes salafistes et des membres d’Ennahdha sont les exécuteurs des attaques dont il a été la victime lors du meeting organisé par son parti au Kef ;



Le 05 février 2013, Chokri Belaïd déclare que le pays est menacé par le terrorisme et qu’il y a une volonté politique claire qui vise à anéantir l’armée nationale et la sécurité républicaine. Il appelle à la tenue d’un congrès national pour lutter contre la violence auquel participeront tous les partis politiques. Il accuse Ennahdha de tenter de démanteler l’Etat et de créer des milices pour terroriser les citoyens et entrainer le pays dans une spirale de violence. Il précise que l’armée tunisienne est la seule au Monde qui ne soit pas en état de guerre tout en étant sur le terrain depuis plus de deux ans. C’est dangereux ! Les soldats sont épuisés. Il existe un complot visant l’affaiblissement de l’armée afin de faciliter le passage d’armes et de terroristes sur les frontières. Certains ont la volonté de démanteler l’Etat.

L’assassinat de Chokri Belaïd provoque une grave crise politique et un rejet quasi unanime de la violence par la société civile, les syndicats et les partis de l’opposition



Dés le 06 février 2013, la famille du défunt, ses camarades de lutte et la quasi-totalité de la classe politique condamne cet assassinat. Des mouvements de colère populaire éclatent dans plusieurs villes et régions de la République. La responsabilité politique de cet assassinat est imputée au parti au pouvoir En-nahdha. Les membres de la Troïka condamnent eux-mêmes cet assassinat. L’ambassadeur des USA à Tunis, condamne l’assassinat de Chokri Belaïd. D’autres messages de soutien et d’inquiétudes parviennent des représentations étrangères.

Dans la soirée, le Premier ministre annonce sa décision de former un nouveau Gouvernement restreint constitué de compétences non partisanes. Cette décision est appuyée par la plupart des partis d’opposition et par l’UGTT, elle est par contre rejetée par d’Ennahdha et par la mouvance islamiste radicale.



Le 07 février 2013, l’UGTT décrète une journée de grève générale nationale pour le 08 février 2013, le jour des obsèques de Chokri Belaïd. Le président de la République décide d’organiser des funérailles nationales et une sépulture dans le carré des martyrs du cimetière du Jellaz est attribuée à Chokri Belaïd ;



• Le lendemain, une marée humaine assiste aux funérailles de Chokri Belaïd au Jellaz. Des citoyens de tous les milieux, de tous âges, de tous bords et des deux sexes assistent à la cérémonie d’enterrement. Ceux sont, sans aucun doute, les funérailles les plus populaires, les plus imposantes que la Tunisie ai connu à ce jour. A travers tout le cimetière sont repris en chœur l’hymne national alterné par des slogans anti Gouvernement et anti Ennahdha : « Ghannouchi assassin ! » …



Le 19 février 2013, Hamadi Jébali, désapprouvé par son parti Ennahdha, échoue dans sa tentative de former un Gouvernement restreint non partisan. Il présente sa démission au président de la République ;



Le 23 février 2013, Ali Laarayedh est désigné par son parti Ennahdha pour remplacer Hamadi Jébali en tant que Premier ministre. Dans la foulée, le président de la République lui demande de former le nouveau Gouvernement.

Six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, l’assassin et ses commanditaires courent toujours



Dés le 06 février 2013, Besma Khalfaoui Belaïd, épouse du défunt, accuse le parti au pouvoir d’être responsable de l’assassinat de C. Belaïd. Elle précise que son époux recevait des menaces de mort depuis plusieurs mois et qu’il avait averti la police par écrit ou par téléphone pour demander sa protection ;



Le 26 février 2013, le ministre de l’Intérieur affirme que le principal suspect a été identifié, qu’il appartiendrait à un courant religieux extrémiste et serait encore en fuite. Que quatre de ses complices ont été arrêtés et qu’ils auraient avoués leur participation à l’opération de l’assassinat de C. Belaïd. A l’issue de cette déclaration Besma K.B. précise qu’il serait également tout aussi important d’identifier et d’arrêter les commanditaires du crime.



• Le 28 février 2013, Moncef Marzouki, le président de la République, est entendu par le juge d’instruction en tant que témoin. La famille du défunt avait en ef-fet déclaré que M. Marzouki aurait informé C. Belaïd d’un projet d’assassinat à son encontre.



Le 02 mars 2013, lors de l’émission télé « Essaraha Raha », Habib Ellouze refuse de parler du conflit qui l’avait opposé à C. Belaïd.



• Plus d’un mois après l’assassinat de C. Belaïd, constatant le peu de progrès de l’enquête, la famille du défunt et ses camarades de lutte évoquent l’idée d’un recours auprès de l’ONU.



Le 18 mars 2013, à l’occasion du 40èm jour du décès de C. Belaïd, alors qu’un hommage est rendu au défunt dans plusieurs villes et régions de la République ainsi que dans plusieurs capitales européennes, le Collectif de Défense, crée par la famille et des amis de C. Belaïd, pour connaitre le vérité sur l’assassinat du martyr, envisage de poursuivre en justice l’ancien ministre de l’Intérieur, Ali Laarayedh, et le ministre de la Justice, N. Bhiri, suite aux manquements du ministre de la justice qui n’avait pas alerté le parquet après les menaces de mort proféré contre le défunt. Les poursuites contre le ministre de l’Intérieur sont motivées par le fait que son départ n’a pas fourni la protection nécessaire à C. Belaïd malgré le message transmis par le conseil de l’ordre des avocats au ministère de l’Intérieur. Le Collectif signale plusieurs irrégularités graves dans la conduite des investigations.



Le 06 avril 2013, deux mois après l’assassinat de C. Belaïd, l’enquête piétine. Le ministère de l’Intérieur refuse de publier le portrait du principal suspect et de ses complices en fuite et A. Laarayedh ne répond pas aux convocations du juge d’instructions. Pour la famille et les amis de C. Belaïd, la prise en charge des investigations par la brigade criminelle comporte un certain « risque d’ingérence politique ».



Le 13 avril 2013, le ministère de l’Intérieur publie finalement les portraits des suspects en fuite.


Le 25 avril 2013, le nouveau ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, confirme que Kamel Gadhgadhi est très probablement l’assassin de Chokri Belaïd et qu’il se trouverait encore en Tunisie. B. Khalfaoui – Belaïd et huit autres personnalités de la société civile lancent l’ « Initiative pour la Recherche de la Vérité sur l’Assassinat » de Chokri Belaïd, un organisme de veille.



• Six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, l’assassin et ses commanditaires courent toujours !

 



Enfin, l'assassinat aujourd'hui de Mohamed Brahmi semble être un défi lancé par les assassins de C. Belaïd alors que le pouvoir s'apprête à de nouvelles révélations."

 

Merci à Mustapha El Haddad pour ce rappel salutaire. Tout ceci explique le ras-le-bol du peuple tunisien. Dans ce communiqué de presse, le Front Populaire dont était membre Mohamed Brahmi appelle pour la 1ère fois à un Gouvernement de Salut National. Il appelle à la désobéissance civile, et à la poursuite du mouvement par la grève générale jusqu'à la chute du Gouvernement de la Troika. Merci à Mouna Mathari de me l'avoir transmis.




Source : Le blog de Raquel Garrido

 

 

Biographie de Mohamed Brahmi :

 

Né(e) à Sidi Bouzid, Tunisie (58 ans)


Mohamed Brahmi, né le 15 mai 1955 dans la région de Hachena, gouvernorat de Sidi Bouzid, a effectué ses études primaires à l’école 2 mars et l’école primaire d’Erramlia, puis il a étudié à El Meknassi et au lycée secondaire de la cité des jeunes de Gafsa et a obtenu son baccalauréat au lycée technique de bizerte.


Il a rejoint par la suite l’Institut supérieur de Gestion et obtient la maîtrise en comptabilité en 1982 et a enseigné durant deux ans comme enseignant d’économie et de gestion au lycée technique de Menzel Bourguiba.


Il a travaillé par la suite à l’office des zones irriguées pendant 8 mois puis de 1985 à 1993 au sein de l’agence foncière d’habitation. Il a ensuite travaillé comme consultant à l’agence de coopération technique en Arabie Saoudite où il a été auditeur à partir de 1994. Il a occupé depuis 2004 le poste de gestionnaire général au sein de l’agence foncière d’habitation.


Pour ce qui est du parcours politique, Mohamed Brahmi était membre des étudiants arabes progressistes et unionistes. Il y était actif jusqu’en 2005 date à laquelle il a créé le mouvement unioniste nassériste, qui était un mouvement interdit, travaillant dans la clandestinité.


Après la révolution, il créa le mouvement du peuple.


Il a été arrêté deux fois en 1981 et 1986, mais un non-lieu a été prononcé suite à ces deux arrestations.


Il a été assassiné le 25 Juillet 2013 à sa sortie de sa maison par tirs de balles.


Source

 



Commenter cet article