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Publié par Michel El Diablo

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Les « turbulences » subies par le premier syndicat du pays n'ont rien d'un hasard à la veille des élections de la fonction publique. L'orchestration elle-même, menée de main de maître, témoigne d'une précision dans la démarche qui montre bien qu'il ne s'agissait pas simplement de bousculer la CGT, mais de l'affaiblir considérablement. L'échec, au moins partiel1, de cette opération n'a cependant pas épargné les milliers de militants qui restent choqués par les révélations. Mais c'est surtout l'attitude des dirigeants de la confédération qui sème un doute profond.


Dès début octobre, Michel Noblecourt, auteur du blog « Question(s) sociale(s) », fait état des « turbulences » auxquelles Thierry Lepaon continuerait à faire face depuis son élection controversée en mars 2013 lors du 50ème congrès. On omet néanmoins de révéler les vraies raisons de ces turbulences. Elles n'ont rien de personnelles et sont en partie une réponse aux frustrations des militants de la CGT, face aux attaques et aux victoires inouïes du patronat sur les acquis sociaux. Le secrétaire général répond sereinement qu'il ne se fait pas d'inquiétudes particulières pour un mandat qu'il compte renouveler... en 2016. Deux ans avant l'échéance, on remet ainsi en lumière des contestations qui ne révèleront leur dimension que quelques mois plus tard, au moment des élections de la fonction publique. Coïncidence ?


A peine vingt jours après la parution de cet article précurseur, le journal hebdomadaire « Le canard enchaîné » révèle un premier scandale dans un article faisant état d'un devis pour la rénovation de son appartement à près de 150 000 euros. La division s'installe dans la CGT. Particulièrement évidente lors de la manifestation du 15 novembre contre l'austérité à l'appel du collectif 3A – Alternatives à l'austérité –, où plusieurs fédérations et de nombreuses unions départementales se sont jointes aux cortèges malgré la consigne de la confédération de ne pas participer, Thierry Lepaon s'interroge sur l'image que peut refléter cette désobéissance dans les médias.


Un mois après la première révélation du Canard enchaîné, le 26 novembre, appuyant l'idée d'un « embourgeoisement » du premier syndicaliste de la CGT, on apprend que Thierry Lepaon aurait bénéficié de la rénovation complète de son bureau au siège de la confédération pour un montant de 62 000 euros. Dans son blog « Question(s) sociale(s) », Michel Noblecourt rappelle avec insistance les termes de Thierry Lepaon qui accuse dès octobre le Parti de gauche d'instrumentaliser la CGT. Il y aurait mis bon ordre et les infiltrations de l'organisation auraient été expurgées. Pourtant, les tensions persistent... et semblent contredire les causes de la crise analysée par Thierry Lepaon. Le 1er décembre, soit trois jours avant l'importante échéance des élections dans la fonction publique permettant d'évaluer la représentativité d'un syndicat qu'on dit en baisse, « L'Express » publie une dernière affaire révélant le bénéfice au profit de Thierry Lepaon d'indemnités de départ, perçues dans le cadre d'une procédure de rupture conventionnelle de la part de la région CGT qui l'employait. C'est le coup de grâce ! Cette fois, on titre « Thierry Lepaon acculé à la démission ».


Le 5 décembre, la rumeur persistante de sa démission est démentie par la confédération qui annonce une réunion de la Commission exécutive confédérale le 9 décembre. De plus, il est prévu de tenir avant le 16 décembre une réunion des secrétaires généraux des organisations pour « permettre le débat le plus large dans la CGT ». L'Union régionale d'Ile-de-France et plusieurs fédérations sont vent debout et exigent la tenue d'une session extraordinaire du Comité confédéral national (CCN), seul organe souverain entre deux congrès. On flaire les combines avec certaines fédérations et unions départementales que Thierry Lepaon cherche à rallier au détriment de la démocratie et de la transparence due aux adhérents. La démission du trésorier de la CGT, Eric Lafont, le 9 décembre, ne fait qu'amplifier un climat de méfiance et d'insatisfaction généralisée.



Les réactions sont vives au sein de la CGT, car « l'affaire Lepaon » n'est que le révélateur d'une crise plus profonde. Elle prend ses racines dans le tournant réformiste pris et confirmé par la CGT lors de son adhésion à la Confédération européenne des syndicats (CES) en 1999. Cette organisation, dirigée au début des années 2000 par l'ex-numéro un de la CFDTNicole Notat, prône le dialogue social comme modèle de rapprochement entre syndicats de salariés et patronat au niveau européen. La stratégie de ces syndicats dits réformistes, dont on peut constater aujourd'hui les dégâts par la régression généralisée, est appliquée ainsi loin des bases syndicales sans consultation démocratique. Les salariés n'ont plus qu'à subir les effets de décisions prises à l'échelle européenne et les manifestations « européennes » des syndicats affiliés n'ont pour le moins pas le même écho, ni la même efficacité que celles organisées en France. L'Europe néolibérale tient ainsi les syndicats d'une main de fer pour mieux imposer une politique économique qui vise à libérer les pays de l'Union européenne de leur carcan légal. Ce sont les patrons européens, aidés par les gouvernements social-démocrate, qui se frottent les mains... Et les salariés continuent à plonger dans la précarité.

 

Le 10 décembre 2014

source: les eaux troubles

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