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Publié par Diablo

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Quand, au mois de janvier dernier, la direction du groupe annonce la fermeture prochaine des 26 magasins et le licenciement des 1000 salarié-e-s, à Marseille comme ailleurs, les employé-e-s sont abasourdis. Cela faisait bien plusieurs années que la direction leur disait que le groupe allait mal, ils avaient bien eux-mêmes constaté des choix de gestion transformant peu à peu cette chaine qui se voulait une référence culturelle, en un supermarché – un de plus – du livre et du CD, ils espéraient quand même qu’on n’en vienne pas à cette extrémité. Et puis le groupe mondial appartient en France à deux actionnaires « costauds » : BUTLER (SNCM, SERNAM, le PSG, France Champignons…) et LAGARDERE…que l’on ne présente plus.



Et pourtant il faut bien s’y faire la fermeture est là et semble inéluctable. A Marseille la date de l’annonce coïncide, à quelques jours près, avec celle de l’ouverture en grandes pompes de Marseille capitale de la culture 2013 : drôle d’ironie. Ce jour-là, les salarié-e-s vêtus de leurs gilets rouge, défilent dans la ville jusqu’à la mairie en criant « Oui à la culture, Non à la fermeture ». Devant le magasin, situé au 75 rue St Ferréol, la rue piétonne et commerçante de la ville, des clients par dizaines signent une pétition ou écrivent quelques mots de soutien.



Les jours suivants, dans ce magasin où passent en moyenne 3000 personnes par jour, les messages de soutien se renouvelleront sans jamais se démentir. La cinquantaine de salarié-e-s eux, dans un magasin où il n’y a pas de syndicat, attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Ils espèrent au moins que si fermeture il doit y avoir, l’actionnaire va avoir la décence de proposer des indemnités correctes.



L’espérance, bien que plus ténue, porte sur la venue d’un éventuel repreneur. En vain. 3 mois passent et ni repreneur, ni plan social ne montrent le bout du nez. A l’échéance prévue, le tribunal donne un délai supplémentaire.



Les salariés décident alors de prendre leur destin en main. Ils lancent une conférence de presse, à laquelle ils reçoivent le soutien remarqué des Fralib, et annoncent leur volonté de travailler à un projet de reprise du magasin. A partir de là tout s’enchaine. Le jour même de la conférence ils reçoivent un appel du cabinet d’Eugène Caselli, le président de la communauté de communes MPM qui leur propose un rendez-vous. A celui-ci ils se présentent avec un pré-projet et demandent la tenue d’une table ronde. M. Caselli écrit alors au préfet pour lui demander qu’il organise celle-ci. Il écrit aussi à Aurélie Filipetti, ministre de la culture. Les jours suivants c’est au tour du maire de la ville de dépêcher M. Tian maire de secteur qui dit être très intéressé par le projet et déclare qu’au besoin la mairie est prête à organiser ladite table ronde.



Quelques jours passent et se produit un mini coup de théâtre. Le groupe Cultura qui était venu visiter le magasin à plusieurs reprises depuis janvier déclare qu’il va déposer une offre de reprise pour Marseille et Avignon…après avoir dit le contraire à plusieurs reprises en comité d’entreprise y compris au dernier précédent l’annonce. La mairie crie victoire, les salarié-e-s, qui se demandent en eux-mêmes comment il se fait qu’une telle offre arrive maintenant, prudents répondent en gros : bienvenue à Cultura comme à tout repreneur sérieux pouvant apporter un projet complémentaire à celui des salarié-e-s ou l’intégrant dans son offre. Patatras ! outre le fait que le groupe ne semble pas vouloir discuter avec les salariés, le projet qu’il propose est bien insuffisant et comporte des clauses inacceptables (reprises des actifs pour…2 euros ( !), licenciements des salariés en maladie ou maternité et reprise de 35 personnes mais embauche en dehors du groupe Virgin de 13 personnes de son choix ce qui est tout simplement illégal.



Evidemment un tel projet ne pouvait pas passer. Le CE national consulté donne un avis défavorable, l’expert et l’administrateur aussi et très logiquement le tribunal aussi tout en donnant un nouveau délai pour améliorer le projet….et Cultura se retire de Marseille (en disant qu’il a été mal accueilli par les salariés sic !) et reste à Avignon avec un projet si peu retouché que le tribunal le refuse à nouveau.



Pendant ce temps les salarié-e-s ne sont pas restés inactifs. Travaillant avec des experts dont ils ont su s’entourer ils présentaient hier à la presse un solide projet de SCOP pour 26 salarié-e-s volontaires sur un espace représentant 2 des 5 étages du magasin. Un magasin qui n’a jamais connu de déficit pour un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros par an.
Pour les 3 autres étages tout est ouvert : galerie marchande, espace culturel public… et donc à discuter.



A la veille de la conférence de presse M. Caselli rendait publique une nouvelle lettre au préfet demandant une table ronde autour du projet de SCOP.



Pour démarrer la SCOP compte sur l’apport des salarié-e-s, sur celui de clients souscripteurs [1] et surtout sur l’engagement des pouvoirs publics à hauteur de 2 millions d’euros, engagement que Guillaume comparait à celui de la couverture du stade : 60 millions…



La balle est donc dans le camp des décideurs politiques d’autant que le propriétaire des lieux a déjà fait savoir qu’il était d’accord de participer à la table ronde et d’avoir la SCOP pour partenaire s’il y avait un engagement des pouvoirs publics.



Et le groupe Virgin ? Non seulement pour l’instant il n’est pas prêt à mettre un euro de plus dans le PSE au-delà de ce que la loi oblige à faire (environ 4000 euros par salarié), ce qui oblige les salarié-e-s de plusieurs magasins de France à occuper les sites pour arracher une rallonge, mais hier pour toute réponse il ordonnait par courriel la fermeture anticipée des 26 magasins (pour « raison de sécurité !!! »…Jusqu’au bout les actionnaires se seront comportés comme des animaux assoiffés de sang…


Les salariés qui jusqu’à hier, auront espéré une autre attitude, ont immédiatement appelé l’UL CGT voisine pour demander à pouvoir venir s’y retrouver après la fermeture imposée.



Ils savent qu’ils ont maintenant là un lieu dont ils disposent pour mener le nouveau combat qui est le leur, celui pour leur avenir, pour la reconnaissance de leur droit à l’emploi et du droit à la culture populaire pour les habitants de Marseille et sa région.

 


Le 13 juin 2013

Charles HOAREAU

 

[1] alors même que la SCOP n’est pas encore officiellement créée l’UL CGT du centre-ville a reçu une promesse de don de 100 euros d’un retraité adhérent de celle-ci.

 

 

Source : ROUGE MIDI

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