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Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par Michel El Diablo

UBER : la fin du droit du travail par l'individualisme consumériste

Si la violence des chauffeurs de taxi ne fait que révéler au grand jour celle plus feutrée d'un capitalisme prédateur, les raisons de cette colère ne doivent pas occulter la finalité d'un système qui se sert des technologies de l'internet pour s'exonérer de toutes les obligations liées au droit du travail. Désormais, c'est tout un chacun qui peut devenir son propre patron et goûter aux plaisirs de l'entrepreneuriat, emboîtant une course au profit dans laquelle seul l'intermédiaire Uber est gagnant. A terme, se sont de nouveaux esclaves qui participent à l'enrichissement d'un patron américain, un vrai celui-là, qui se paye le luxe de ne devoir rien à personne.

Quand le chauffeur Uber prend son véhicule personnel pour conduire son « client » tel un chauffeur de taxi, il espère améliorer ses fins de mois de la manière la plus simple du monde. Un prestataire lui vient alors au secours : Uber, intermédiaire obligé qui fournit les clients et les services nécessaires et qui se fait au passage une marge sans rapport avec la rentabilité supposée d'une course du quidam-taxi. Car, si dans l'immédiat notre taxi amateur se fait bien un peu d'argent pour améliorer son maigre salaire, il ferme volontiers les yeux sur une activité illégale pour laquelle il prend tous les risques, pénaux aussi, assumant toutes les charges (matérielles, fiscales, assurances, etc.), sans se rendre compte que cette activité peut lui coûter plus cher qu'elle ne lui rapporte. Il participe à une tromperie pour laquelle il se fait lui-même, « librement » bien entendu, victime consentante en consacrant son temps à sa mise à disposition au moindre signal reçu sur son smartphone. Uber ne s'occupe strictement que de la fourniture des clients... et de sa satisfaction, car le taxi-esclave est bien entendu noté. Comme un patron, le chauffeur Uber doit se mettre lui-même en règle avec l'administration fiscale. Autant dire que la tentation est grande de laisser courir et de s'adonner en réalité aux joies du travail « au noir ». De même, le moindre accident reste l'affaire du taxi « du dimanche ». Le moindre conflit aussi. Que se passe-t-il en cas de désaccord avec le client ? C'est son affaire, mais l'amabilité doit être de règle, sinon il perd les faveurs d'Uber ! Aucune formation, aucun contrôle sur le temps de travail, car, ne nous leurrons pas, l'activité ne peut être rentable que dans la mesure où les courses sont nombreuses. Le sacrifice de son temps libre est donc important, car il ne permet pas de respirer pour un conducteur qui se met dès lors fébrilement aux aguets. Le plus longtemps possible. Le temps, c'est de l'argent !

Le phénomène fait sortir de l'ombre des commentateurs prêts à condamner « l'immobilisme » d'une profession qui n'aurait jamais su prendre le virage d'une nouvelle économie, celle de l'internet et de la mondialisation. Selon eux, ils ne font que récolter les conséquences d'une réticence à « se moderniser », « Faute de l'avoir fait » écrit Le Monde, « ils en sont réduit aujourd'hui à lutter pour leur survie ». Bref, ce quotidien estime que si les chauffeurs de taxi sont en train de se faire avoir, c'est bien de leur faute. La plupart des commentateurs de la presse française abonde dans ce sens. « Le modèle français dans son écrin capitonné se lézarde » constate Yves Dusart dans l'Est Républicain, élargissant à l'ensemble de l'économie française le « vague à l'âme des taxis pris comme tant d'autres dans le tsunami de la mondialisation ». Autrement dit, malgré les dures « réformes » – de gauche – qui sont déjà en train de précariser des millions de travailleurs français sans rien améliorer à « la courbe du chômage », le gouvernement n'aurait pas réussi à accompagner la mondialisation comme il se doit et ce sont les travailleurs et les entreprises elles-mêmes qui auraient raté le coche. Faudrait-il aller plus loin encore ? Comment peut-on soutenir un discours mondialiste en mettant ainsi en cause l'attitude de travailleurs qui ne seraient pas capables de se remettre en cause ? Certes, les chauffeurs de taxi sont des salariés qui se distinguent par leur individualisme, un individualisme qui se calque à une conception proprement patronale de leur métier. Mais c'est ignorer tant d'autres « auto-entrepreneurs » et « freelance » qui se disent être leur propre patron et se font en réalité les esclaves des temps modernes, prêts à tout pour courir derrière le moindre client, la moindre opportunité, le moindre contrat... avec l'insécurité en plus. C'est un phénomène qu'on observe dans l'informatique en particulier, bénéficiant aux grands groupes qui usent ainsi de services au moindre prix avec une qualité équivalente. Ce comportement devient une évidence, tant il s'insère dans la vie quotidienne entre des applications qui vous proposent « l'auto-partage », la mise à disposition de votre matériel personnel (perceuse, tondeuse à gazon), de votre propre savoir-faire comme bricoleur, etc. Tous les moyens sont bons pour optimiser la rentabilité dont les salariés eux-mêmes considèrent qu'il s'agit d'un passage obligé... jusqu'au jour où tout ce système se retourne contre eux. Car les vrais bénéficiaires sont les entreprises du 2.0 qui mondialisent leur activité au détriment d'un droit du travail jusqu'ici protecteur. Lorsque le licenciement et la précarité frappera à la porte de ces salariés opportunistes, il sera sans doute un peu tard pour se réveiller...

La situation sociale est catastrophique. A l'heure d'une économie en crise, appuyée par une Union européenne capitaliste sagement orientée par les États-Unis, prenant ce prétexte pour réduire le droit du travail à néant avec la complicité d'un gouvernement français à son service, alors que les syndicats réformistes sont eux-mêmes, par leur participation à un dialogue qui n'a plus rien de social, instigateurs de cette précarité, la société française est en train de se dissoudre dans un réflexe suicidaire du chacun contre tous. Comment peser face à une lame de fond néolibérale qui impose un esclavage des temps modernes où ne s'expriment, avec la force que requiert une réponse aux attaques du patronat, que les corporations professionnelles, qu'ils soient transporteurs routiers ou chauffeurs de taxi, petits patrons qui ne sont entendus que grâce à l'usage de la violence, tandis que les syndicats réformistes restent inaudibles et donc inefficaces. La CGT doit prendre l'initiative face à une situation qui risque globalement de lui échapper. Elle démontrerait sont utilité, face à une demande pressante de justice sociale à laquelle les syndicalistes réformistes ne répondent plus. Si la confédération tourne le dos aux salariés en se fourvoyant exclusivement dans un réflexe de dialogue, dialogue qui n'a plus lieu d'être car le patronat a déjà imposé sa rupture, alors la CGT embrayera avec son déclin. Elle ne se relèvera que difficilement... voire plus du tout. Il est encore temps de répliquer, mais alors, avec la vigueur qui s'impose.

 

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