Élections européennes, et après… L’analyse de Jacques Cotta


Par Jacques COTTA
Edouard Philippe, le premier ministre, a déclaré, les premiers résultats à peine connus, « qu’il allait poursuivre la feuille de route fixée par le Président de la République ». En d’autres termes, le gouvernement a répondu sans attendre aux revendications de justice sociale que les GJ expriment depuis plus de 6 mois par une nouvelle fin de non-recevoir. C’est la première leçon de ces élections. La guerre sociale qui est déclarée dans le pays, loin de trouver un répit, va voir une nouvelle offensive gouvernementale concernant le pouvoir d’achat, les retraites, les soins, les services publics, l’emploi, la précarité, les salaires notamment.
Les illusions ont poussé un nombre d’électeurs plus important que prévu à se diriger vers les urnes. Bien que n’étant qu’un leurre ne servant qu’à légitimer l’Union Européenne dans sa croisade contre les aspirations des peuples et leurs revendications, 50% de nos concitoyens ont décidé de jouer ce jeu de dupes. Les différents appels au boycott n’ont donc pas été entendus. Et contrairement à tous les discours voulant accréditer l’idée que l’abstention servirait d’abord LREM et le FN, c’est bien l’inverse qu’on peut constater. Le vote plus massif que prévu a servi d’abord et avant tout les listes arrivées en tête.
-Une part du corps électoral qui s’est déplacé l’a sans doute fait pour sanctionner Macron, oubliant que le vote légitimait l’UE dont Macron est le représentant au pouvoir.
-Une autre part l’a fait aussi pour soutenir « le parti de l’ordre » en votant LREM, contre le mouvement social, contre « la chienlit », pour la défense des privilèges des plus privilégiés.
-Enfin, le recul de l’abstention marque le succès d’une propagande à toute épreuve: le « grand débat » macronien avait préparé le terrain…
Macron n’est pas De Gaulle…
Ces élections ont été personnalisées à outrance. Emmanuel Macron avait décidé de leur donner une forme de plébiscite en se mettant en avant comme s’il était lui-même tête de liste LREM, désignant Marine Le Pen comme sa principale adversaire. Macron-Le Pen, un troisième tour programmé.
Sous cet angle, Macron connait une défaite indiscutable. Il perd entre le premier tour de la présidentielle et cette élection 3 580 963 voix. La bourgeoisie s’est pourtant portée sur son nom puisque la liste LR s’effondre avec seulement 8,48% des suffrages, soit 4,2% du corps électoral. On peut donc considérer que Macron a rassemblé son socle électoral en siphonnant la droite, le socle de classe qu’il représente et défend.
Mais cet échec est le désaveu de sa politique. C’est d’ailleurs ainsi qu’il s’est lui-même positionné en appelant les français à le soutenir personnellement. Il a été battu. En d’autres temps, comme De Gaulle par exemple, le président aurait tiré les conclusions en tirant sa révérence. Mais Macron n’est pas De Gaulle. Il a d’ailleurs un rapport à la démocratie qui lui interdit de tirer les conséquences du scrutin en démissionnant, comme majoritairement le peuple français le lui a demandé.
Le RN comme gourdin
La liste RN qui arrive en tête a été saisie par nombre d’électeurs comme le gourdin susceptible de porter un coup à Macron, lorsque les autres étaient assimilées à des brindilles […]
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