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Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par DIABLO

l-echo

Hier, nos voisins espagnols ont manifesté dans toutes les grandes villes du royaume et ont déclenché une grève générale contre les mesures d’austérité proposées par le nouveau gouvernement ultra-libéral de Mariano Rajoy. Un tel camouflet alors qu’il n’est chef du gouvernement que depuis le 20 novembre 2011, soit depuis quatre mois, est assez inédit dans l’histoire de la démocratie ibérique. Mais le peuple espagnol a sa dignité. Il refuse d’avaler les couleuvres sous la forme de la destruction annoncée de 630000 emplois dès cette année et un chômage record à 24,3% des actifs d’ici à décembre, prétexte à une réforme du travail.
Bruxelles et l’économie libérale appliquent dans toute l’Europe les mêmes recettes, sans doute parce qu’ils n’ont rien d’autre à proposer. Pour les salariés, c’est la peste ou le choléra. On ne leur laisse pas le choix tout en sachant que ça ne marche pas.
Ce qui se passe à Madrid doit nous faire réfléchir. Le socialiste Zapatero a perdu les élections parce qu’il ne faisait pas une politique de gauche. Mariano Rajoy est en difficulté parce que la différence avec son prédécesseur, sur les volets social et économique, est inexistante. L’un accompagnait le libéralisme, l’autre le conforte. Pas une voix, si ce n’est celle des Indignés et des syndicats, ne semble émerger dans la classe politique espagnole pour offrir autre chose.
La montée du Front de gauche serait donc une chance pour la France car il propose de tourner le dos à un modèle unique et néfaste. Certes, ça secoue, mais au bout du chemin, il y a la possibilité d’un monde meilleur. C’est une nouvelle version du «pari de Pascal»: si on gagne, on gagne tout, si on perd, on ne perd rien. Mais si on gagne, alors l’Europe des peuples peut s’en inspirer et retrouver l’espoir.

 

Thierry SPRIET

Editorial de L'ECHO de la Haute-Vienne

Vendredi, 30 Mars, 2012

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