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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

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Publié par El Diablo

Un texte du PCF datant de 1979 et toujours d'actualité : « Faire converger les forces de patriotes d'opinions les plus diverses pour que vive la France »

Alors qu’a lieu le 38ème Congrès du PCF, il est bon de rappeler les analyses, datant de 1978, des communistes fidèles à la Nation, à sa souveraineté et à l'indépendance de la France

 

EUROPE, LA FRANCE EN JEU, Éditions Sociales, 1979, Préface de Maxime Gremetz pages 245 à 248 :

 

Une nouvelle et grande bataille pour la France est engagée. Au-delà des illusions et des limites, de la technocratie et du juridisme, l’affaire est simple : va-t-on, au nom de l’Europe, accepter que se poursuive un inqualifiable gâchis de ressources matérielles et humaines de notre pays, laisser les bureaux bruxellois rayer d’un trait industries et régions entières, tolérer que les grandes options nationales soient décidées ailleurs qu’en France et que notre peuple se voit privé de la liberté de décider de son sort, bref, va-t-on laisser la France perdre sa substance, son âme, son identité ?

Ou est-on déterminé à garantir à notre pays sa souveraineté politique et son intégrité économique, à lui donner la maîtrise de son développement, à reconnaître aux Français le droit inaliénable de choisir leur avenir, à faire de la France une grande nation indépendante et ouverte à la coopération amicale avec tous, à façonner une image progressiste de l’Europe ?

Le choix, pour les communistes, ne souffre aucune ambiguïté. Une fois encore, et dès la première heure, ils ont manifesté leur ardent attachement à cette liberté essentielle qu’est l’indépendance nationale.

Ils ont exigé, et obtenu, que la loi française interdise tout glissement supranational de la prochaine Assemblée européenne élue au suffrage universel.

Ils ont combattu toute forme d’ingérence étrangère dans la vie politique française, y compris l’intrusion de l’argent européen dans le financement de la campagne électorale.

Ils se sont élevés contre l’établissement d’un super impôt européen, directement prélevé par les autorités européennes au mépris des assemblées élues françaises.

Ils ont témoigné leur inlassable solidarité avec la paysannerie française qui, depuis des années, fait les frais des abandons giscardiens à Bruxelles.

 Ils n’ont cessé, avec les sidérurgistes de Lorraine comme du Nord, les ouvrières du textile des Vosges, les travailleurs des chantiers navals de la Ciotat, de dénoncer la responsabilité flagrante des choix européens du pouvoir dans le démantèlement de leurs industries.

Ils ont rappelé combien l’alignement derrière les visées de Washington, l’alliance préférentielle et inégale avec la RFA, étaient synonymes pour la France d’abaissement national.

Ils ont alerté, enfin, l’opinion française devant les conséquences d’un élargissement de la CEE aux trois pays méditerranéens, alibi pour un dessaisissement de la souveraineté politique de notre pays et l’accentuation du marasme économique et social.

Dès à présent, l’écho de cette campagne est profond. Au moment où ces lignes sont écrites, des évolutions politiques significatives, à peine perceptibles lors de la mise en chantier de ce livre, sont intervenues. Qu’au lendemain de Noël, un responsable politique français, partisan inconditionnel de longue date de l’intégration européenne, doive déclarer qu’il n’y a pas de honte à se dire européen, voilà qui est parlant… Le ton est nouveau mais bien compréhensible.

C’est que le passif de l’Europe est lourd, ses politiques actuelles douloureuses, et ses projets inquiétants. Il est clair que tous ceux qui souhaitaient faire de la campagne électorale européenne une « fête » cachent mal leur dépit. L’Europe est perçue toujours mieux pour ce qu’elle est. L’ampleur de la crise et l’imminence de nouvelles menaces, jointes aux larges explications des communistes, y sont pour beaucoup. Tout semble montrer que l’opinion n’est pas prête à prendre pour argent comptant l’imagerie d’Épinal avec laquelle, du gouvernement au Parti socialiste, on nous présentait ce remède miracle appelé Europe.

Il sera bien malaisé aux tenants de la supranationalité de rééditer l’opération de 1957, où l’Europe donnait lieu aux promesses les plus mirobolantes. Ne leur en déplaise, les temps ont changé.

Dès aujourd’hui s’exprime avec une force particulière dans le midi de la France un large mouvement refusant de faire de cette région une zone assistée, voire sous-développée, proclamant que ce n’est pas le midi qu’il faut défaire mais l’Europe qu’il faut refaire.

Dès aujourd’hui, comme à Denain ou à Longwy, des dizaines de milliers de sidérurgistes manifestent derrière des calicots proclamant : « Ils veulent faire l’Europe en cassant la France. » Dès aujourd’hui, dans des milieux politiques et sociaux divers, se précise l’idée que le 10 juin prochain, c’est bel et bien l’indépendance de la France qui est en jeu.

Le comportement récent du RPR, n’hésitant pas, comme le fit Jacques Chirac début décembre, à fustiger le « parti de l’étranger » à l’œuvre à la direction des affaires publiques, témoigne – au-delà d’évidentes préoccupations partisanes – de l’ampleur, de la profondeur de ce mouvement de refus des projets européens du pouvoir. À sa manière, il tend à rappeler qu’à d’autres moments de notre histoire, chaque fois qu’il s’est agi de s’opposer aux partisans de la capitulation et à l’idéologie du renoncement national, des patriotes d’opinions les plus diverses surent faire converger leurs forces pour que vive la France.

Décembre 1978

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