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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par El Diablo

image d'illustration

 

Tribune libre dans l'Humanité du vendredi 25 septembre 2020

Par Christian de Montlibert, sociologue

"Décentraliser, « aller sur le terrain », raccourcir les chaînes de décision en se rapprochant des « territoires » serait, à première vue, une bonne idée s’il s’agissait de réduire le pouvoir omnipotent d’une bureaucratie dominée par une « élite » plutôt méprisante des réalités de la vie du « peuple » mais, en fait, cette territorialisation cache un processus perfide d’acceptation et même de creusement des inégalités en réduisant l’aire de souveraineté de l’État déjà bien entamée par la mise en place de l’euro. Affirmer lutter contre une bureaucratie impersonnelle, contre une technocratie aveugle aux problèmes locaux, contre un État omnipotent au nom d’un État « modeste » plus proche des problèmes des citoyens est un leurre. Seul un État qui accepte d’être un « État social » peut servir l’intérêt général et se montrer à même de contraindre les pouvoirs particuliers. L’État est le seul univers social qui peut avoir comme fins le service public, le service du public, le dévouement à l’intérêt général.

En fait, la décentralisation que le premier ministre propose comme solution originale est incluse depuis longtemps dans le processus de développement des institutions européennes. Après avoir créé de grandes régions comparables aux Länder allemands, après avoir délégué aux régions des fonctions jusqu’alors du monopole de l’État, après avoir créé des agences régionales dans de multiples secteurs, il est question maintenant de décentraliser plus encore. Ce qui n’est pas dit c’est, qu’ainsi, on ira plus vite vers l’« Europe des régions ». Le Comité européen des régions a été instauré par le traité de Maastricht dans le but de minimiser la place des États centraux (la France est particulièrement visée), pour faciliter l’interaction entre les niveaux régionaux et le niveau supranational. Pour ce faire, le Comité européen des régions dispose de moyens financiers importants dispensés par le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen, auxquels s’ajoutent des fonds spécifiques : le Fonds de cohésion pour les régions les plus pauvres, le Fonds européen agricole pour le développement rural et le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche.

Depuis la Révolution, la République française a refusé le fédéralisme en proclamant qu’elle était « une et indivisible », aussi faut-il une « loi organique » pour imposer des régions « différenciées ». « L’Europe des régions », quoi qu’on en dise est une machine à remettre en cause les pouvoirs d’État, d’abord, par les forces économiques capitalistes qui gagneront en « liberté » d’exploitation en écartant les contraintes juridiques imposées à tous (par exemple le droit du travail), ensuite, par les forces politico-administratives de l’Europe qui y gagneront en pouvoir en se débarrassant de l’échelon étatique, enfin, par les forces politiques locales qui rêvent d’augmenter leurs capacités décisionnelles. « Différenciée », chaque région devra « se vendre » pour obtenir tel ou tel avantage, telle ou telle déconcentration, telle ou telle localisation du capital. La concurrence entre les unes et les autres ne peut qu’induire des disparités qui contribueront à défaire un peu plus les services publics et l’égalité. Dans un tel contexte de généralisation du néolibéralisme, l’idée même de socialisme pourrait devenir caduque"

SOURCE : Facebook – page de Claude Deloume

 

 

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Bernard 18/10/2020 22:53

Ce texte est très juste et éclaire les initiatives de Mitterrand après son élection.
Avant Mitterrand, la Région n'existait pas: à l'échelle territoriale il fallait un peu harmoniser les politiques de départements unis par une histoire commune. Pour ça existait une petite structure sous les ordres d'un Préfet: l'Etablissement Public Régional.
Mitterrand a confié à Defferre la responsabilité de "Décentraliser" (en douce, outre exécuter les instructions de Bruxelles, il voulait sans doute récompenser ses amis PS). Dans la décentralisation l'EPR a été élevé au rang de "collectivité territoriale de plein exercice" qui s'est ajouté aux Départements, en en rassemblant quelques uns ayant des limites communes. Il y avait par cette loi 22 Régions.
On les a vite appelées "Région de Programme", car ça correspondait au périmètre sur lequel l'Etat assoyait la Programmation (la planification en fait) de ses interventions lourdes.
Mais dès lors, le ver était dans le Fruit: le Préfet de Région avait plus d'importance que les préfets de département, et le Conseil Régional était élu dans un scrutin de liste (alors que les départements gardaient les élections cantonales assurant sa liaison plus forte avec les citayens).
Le carriérisme des élus a fait le re reste. Le plus célèbre des "Régionalistes" était Pierre Mauroy. Le Nord et le Pas de Calais avaient leurs présidents à vie PS. Mauroy n'avait qu'une Ville (Lille). Il avait donc emporté la présidence du Conseil Régional. Où il a installé tous ses amis (nottamment son gendre Delebarre qui sera plus tard président du Comité des Régions de l'UE)
La loi Defferre de 1982 a fait l'objet de beaucoup d'ajustements mais deux Texte ont été décisifs: le Rapport Balladur (en 2009, sous Sarkozy) et la Réforme Lebranchu (à peu près la même que le Rapport Balladur, sous Hollande)
Le nombre des Régions a été réduit drastiquement: de 22 à 13 [passant ainsi à la "taille Européenne"], les départements sont toujours en balance mais leur suppression guette toujours, les grandes villes sont passées du stade de communautés urbaines à celui de "Métropoles".
C'est de la sorte qu'en quelques dizaines d'années les "Länder" à la française ont vu le jour (et que le PCF, a toujours suivi les socialistes: à l'UE,et dans la transformation des collectivités locales françaises)