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DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

 

Archives

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Publié par DIABLO

Le 26 mars, confronté à une importante mobilisation des personnels devant ses locaux, le Conseil d'Administration (CA) du Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) a repoussé à une séance ultérieure le point le plus litigieux de l'ordre du jour : celui concernant le contrat d'objectifs de l'établissement. Mais, devant le refus de la présidente du CNRS de recevoir une délégation, une occupation s'est spontanément déclenchée et reste maintenue au moment où nous rédigeons cette note. En effet, malgré le report de la délibération du CA sur le contrat d'objectifs, le démantèlement des établissements publics de recherche comme le CNRS et l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) se poursuit. L'occasion de récupérer, en français et en anglais, une brochure intitulée « Le CNRS et l'Europe » qui évoque notamment le « marché » européen de la recherche et dont le contenu paraît, pour le moins, inquiétant.

Avec le sous-titre « dépasser les frontières », la brochure commence (page 3) par cette introduction du directeur général du CNRS :

« La stratégie de Lisbonne, lancée par l'Union européenne en 2000, ambitionne de faire de la production des connaissances le moteur de l'économie européenne d'une part en renforçant ses trois piliers, l'enseignement, la recherche et l'innovation, et d'autre part en créant l'Espace européen de la recherche (EER). Ce vaste « marché intérieur » de la recherche sur le continent européen permettra à la communauté scientifique européenne d'atteindre la masse critique nécessaire pour faire face aux grands défis scientifiques, économiques et sociétaux ».(fin de citation)

Cette thématique récurrente de la « masse critique » peut surprendre, si on pense au nombre plutôt réduit des signataires des plus importants articles scientifiques en dehors des expériences nécessitant le recours à de très grands équipements. Mais on apprend, page 5, qu'il s'agit de « mutualiser des ressources humaines, matérielles et financières » et, page 7, de « s'associer autour d'une identité européenne ».

Page 14, il est question d'Unités Mixtes Internationales (UMI), auxquelles « on affecte du personnel permanent - chercheurs, ingénieurs, techniciens, personnels administratifs - et où l'on accueille des non-permanents - thésards, post-doctorants ou visiteurs ». Ou encore, page 16, de Groupements de recherche européennes (GDRE), « des réseaux forts, réunissant un grand nombre de partenaires venant de pays et d'horizons variés : organismes de recherche, universités , académies, industriels »...

Même discours, page 18, pour les très grands équipements scientifiques et structures de recherche (TGE-IR). Et page 20, on retrouve le « marché unique » de la recherche :

« La recherche en Europe est aussi marquée par des temps forts. Comme celui du lancement en 2000 de la « stratégie de Lisbonne », qui voit dans la production des connaissances l'avantage compétitif de l'Europe et le moteur de l'économie européenne. Cette stratégie favorise la recherche et a pour clé de voûte la mise en place de l'Espace européen de la recherche (EER), un « marché unique » de la recherche sans barrières institutionnelles... »(fin de citation, lien de la brochure : https://dri-dae.cnrs-dir.fr/IMG/pdf/CNRS_EUROPEfr_web.pdf)

Nous analyserons plus en détail, dans un prochain article, cette brochure et d'autres textes institutionnels récents. Mais d'emblée, une conclusion nous semble s'imposer.

La mise en place du « marché unique » de la recherche à l'échelle européenne nous est imposée au nom de généralités dépourvues de toute argumentation, sur une prétendue nécessité de fédérer et regrouper à tout prix la recherche à l'échelle continentale. Ce discours purement « managérial » s'accompagne d'un fond euro-nationaliste sur une prétendue « identité européenne ». Mais dans la pratique, c'est l'asservissement du travail intellectuel, la perte d'indépendance des chercheurs et la marchandisation de la connaissance qui constituent le contenu réel d'un tel programme. A ce sujet, le silence de la dernière réunion nationale des délégués des laboratoires peut décevoir.

Source : Indépendance des chercheurs



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