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Publié par Michel El Diablo

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Leblon-Delienne : la mort définitive d'un savoir-faire

 haut-normand issu de l'industrie du cycle ?

L’entreprise Leblon Delienne installée à Neuchâtel-en-Bray qui s’était fait connaître avec ses figurines de héros de la BD avait été mise en liquidation judiciaire en octobre dernier, mais, en l'attente d'un repreneur, le Tribunal de commerce de Dieppe avait autorisé la poursuite de l’activité jusqu’au 5 décembre. Il vient de décider la mise en liquidation définitive de l'entreprise, et le licenciement des salariés.


L’histoire de Leblon Delienne, qui ne compte plus aujourd'hui qu’une quinzaine de salariés, arriverait-elle à son terme? Le tribunal de commerce de Dieppe a en effet rejeté l’unique offre de reprise, celle de la société Artoyz le 23 décembre 2014.


Cette triste fin ne peut faire oublier que cette entreprise fut une extraordinaire aventure permise par la rencontre d'une artiste et d'un savoir-faire ouvrier local.


Comment imaginer l'implantation improbable d'un tel fleuron de la culture européenne, dans un arrière pays normand inconnu — sinon par son fromage — sauf, comme toujours en pareil cas, par la préexistence d'un savoir-faire et d'une filière de production ?


En effet, le moulage du caoutchouc et du plastique préexistait à Neufchatel-en-Bray. L'ancienne entreprise de cycles Maillard, disparue au début des années quatre-vingt, comportait depuis les années soixante une fonderie pour corps de moyeux de vélos, pédales et moyeux-tambour de cyclomoteurs, traitements thermiques d'équipement pour cycle et motocycle. Mais il y avait aussi, à l'époque, un atelier qui comporta jusqu'à 250 salariés qui fabriquait les roues à rayons vissés pour voitures d'enfants, mais aussi tous les produits en caoutchouc nécessaires, obtenus par injection (blocs pour pédales ; patins de freins ; bandages pour patins à roulettes, tondeuses à gazon...). C'est de ce savoir-faire du travail du caoutchouc des ouvriers de cet atelier que nait ce fleuron de la culture européenne, qui fabriqua pendant plusieurs decennies les figurines de collection que l'on connait.


C'est donc de la rencontre de ces ouvriers neufchâtelois avec une artiste sculptrice (Marie Leblon), et un cadre (Eric Delienne, son conjoint), que nait le projet de créations de figurines platiques.

A l’origine, Marie Leblon et Eric Delienne fabriquaient à leur domicile des marionnettes pour enfants qu’ils vendaient dans les festivals et sur les marchés artisanaux. Leur vie, et celle des ouvriers en injection de chez Maillard, a basculé réellement en 1983 lorsque Marie Leblon montrait, aux héritiers d’Hergé, une petite statuette de Tintin en posture de yogi. Ils tombaient sous le charme et faisient aussitôt signer une licence à Marie Leblon. La seconde vie en 3D des personnages de BD pouvait alors commencer… Astérix, Disney, Playmobil, Bécassine, Les Schtroumpf, Monsieur Madame, l’univers des figurines de bois, puis de résine, était large.



L’entreprise avait été rachetée en 2008 à ses fondateurs, Marie Leblon et Eric Delienne, mais le nouveau dirigeant n’est jamais parvenu à trouver un nouvel équilibre à cette entreprise qui employait, au moment du changement de propriétaire, 45 salariés pour un chiffre d’affaires de quatre millions d’euros. Car, peu après la reprise, Moulinsart SA, qui représentait les intérêts des ayants droits d’Hergé, résiliait la licence des figurines des personnages de Tintin qui avaient fait le succès de l’entreprise depuis sa fondation en 1983. A la perte de ce marché, qui avait représenté jusqu’à la moitié de l’activité de l’entreprise, s’est ajoutée la baisse du pouvoir d’achat après le krach boursier de 2008 qui a réduit les ventes de tels objets de collection, pas vraiment obligatoires dans le train de vie d’un ménage.


En 2011, l’entreprise, qui avait toutefois conservé les licences Disney, Playmobil, Barbapapa, Bécassine, Blake et Mortimer, Caliméro, les Stroumpfs, Astérix, Spirou, ou encore Michel Vaillant déposait une première fois son bilan avant d’être placée en redressement judiciaire.

Un plan de continuation était négocié. Il permettait de relancer l’activité fin 2013. L’entreprise se diversifiait alors dans le marché de la décoration et de l’aménagement intérieur ainsi que dans les statuettes à l’échelle 1. Mais cette nouvelle orientation n’a pas suffi à compenser la contraction de ses marchés historiques et au mois d’octobre 2014 l’entreprise devait retourner devant le tribunal de commerce qui prononçait sa liquidation.


Peut-on imaginer que ce savoir faire de cinquante années disparaisse à tout jamais, et que Neufchatel continue à s'enfoncer dans le sous-emploi? Impossible ! L’idée de créer une Société coopérative et participative (SCOP) est aujourd’hui à l’étude.

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