Tension sur les FINANCES GRECQUES, et lancement d’une « commission de vérité sur la dette »
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« Le temps est désormais compté » pour trouver un accord entre Athènes et ses créanciers de l’ex-Troïka. C’est l’avertissement qu’a lancé en début de semaine le Commissaire européen chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis.
Les discussions entre l’eurogroupe (ministres des pays de la zone euro) et le gouvernement grec issu des élections de janvier ont connu divers rebondissements. Un accord de principe avait été trouvé le 20 février dernier, permettant de « prolonger » le renflouement de la Grèce jusqu’à juin, mais conditionnant le versement d’une dernière tranche de prêts (plus de 7 milliards d’euros) à la présentation par le ministre grec des finances d’un plan de « réformes ».
Le 1er avril, Athènes avait soumis un tel plan, dévoilé par le quotidien britannique Financial Times (nos informations). Mais, manifestement, pour Bruxelles, cela ne suffit pas.
Or la situation du Trésor grec est particulièrement tendue. Il a remboursé la semaine dernière une échéance de 450 millions d’euros due au FMI, mais doit encore débourser 2,5 milliards cette semaine pour renouveler un paquet d’obligations venant à maturité. Dans les quatre prochains mois, les échéances de remboursement cumulées s’élèvent à 16 milliards. Pour M. Dombrovskis, une telle situation devrait « pousser le gouvernement hellène à accélérer les discussions » avec ses « partenaires » européens.
Parallèlement, une « commission de vérité sur la dette » a été instituée par le parlement grec. Celle-ci, composée d’experts internationaux, aura pour mission d’examiner tout à la fois la légalité et la légitimité de ladite dette. Le spécialiste de sciences politiques belge Eric Toussaint coordonnera l’équipe scientifique. Ce dernier a annoncé qu’un premier rapport serait rendu d’ici la fin juin – une échéance décisive dans les rapports entre Athènes et ses créanciers. L’étude portera sur l’endettement accumulé depuis 2009, avant d’être étendue aux périodes antérieures.
Selon M. Toussaint, il faudra notamment de déterminer dans quelles conditions « l’on est passé d’une dette publique détenue à 80 % par des créanciers privés, en particuliers des banques de la zone euro et du Royaume-Uni, à une dette détenue à 80 % par des créanciers publics ou parapublics ». En outre, la restructuration de la dette de 2012 a réduit les créances – mais pas celles de la Banque centrale européenne (BCE). Ce privilège était-il légal ? Sinon, la BCE n’est peut-être pas fondée à réclamer aujourd’hui l’intégralité de ses prêts.
Mais c’est surtout la légitimité des crédits qui sera examinée par les experts. « Il s’agira d’établir si les crédits ont été accordés en respectant l’intérêt général, ou en favorisant des intérêts particuliers et si oui, de trouver lesquels », a précisé M. Toussaint. Les chercheurs tenteront de déterminer si les conditions imposées à la Grèce ont conduit à ce que soient violés les droits fondamentaux des citoyens, en plongeant des milliers d’entre eux dans la pauvreté absolue.
Les conclusions des travaux de la commission pourraient mettre les dirigeants de l’eurogroupe en difficulté. Cependant, d’ici juin, les événements pourraient s’accélérer. Et même si cela reste une hypothèse très peu probable, certains gouvernements (le finlandais, et, hors euro, le britannique) ont reconnu travailler à des plans d’urgence dans le cas d’une sortie impromptue de la Grèce hors de la monnaie unique, provoquée par un remboursement non effectué (« défaut »).
Ainsi, une source anonyme au sein du gouvernement grec confiait mardi (14 avril) au Financial Times en perspective de la réunion du 24 avril : «nous arrivons au bout du chemin ; si les Européens ne veulent toujours pas débloquer la dernière tranche de prêts, il n’y aura pas d’alternative au défaut de paiement ».
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