AREVA : le gouvernement « socialiste » ouvre la porte à une privatisation rampante de la filière nucléaire
Le gouvernement fait le choix du démantèlement du groupe AREVA et ouvre la porte à une privatisation rampante de la filière nucléaire
En affirmant que la filière nucléaire « est essentielle à l’indépendance énergétique de notre pays, à la réussite de la transition énergétique et à la production d'énergie décarbonée », le gouvernement reconnaît ce que la CGT revendique depuis longtemps.
Et pourtant, alors qu’il prétend refonder la filière nucléaire française, il supprime des emplois en soutenant les mesures de réduction des effectifs et d’économies drastiques projetées chez AREVA, avec tous les dangers qu’elles engendrent sur le plan industriel et sur les compétences, et toute l’injustice qu’elles commettent vis-à-vis des salariés qui n’ont pas démérité et à qui on veut faire payer l’addition.
Le premier effet du plan présenté hier (le 3 juin 2015) est de conduire à un démembrement d’AREVA, réduit aux anciens périmètres de COGEMA et TECHNICATOME.
C’est un plan principalement tourné vers l’export et l’augmentation des marges financières au risque de fragiliser encore plus la filière sur le sol français.
Des questions, pourtant cruciales pour l’avenir industriel et l’équilibre économique de la filière restent sans réponses :
-le montant de la recapitalisation, et ses modalités, ne sont pas précisés ;
-le devenir des activités d’AREVA NP (réacteurs), qui seraient logées dans une filiale d’EDF, est pour le moins incertain ;
-la gestion des contrats d’AREVA avec ses clients électriciens étrangers, pour ces mêmes activités, n’a pas été clairement abordée ;
-la gestion des affaires, qui ont conduit AREVA à sa situation actuelle (EPR finlandais, URAMIN, ENR…) sur un périmètre d’AREVA réduit, rendrait encore plus délicate la situation du Groupe dans sa nouvelle configuration.
-la maîtrise des technologies par le maintien et le développement des savoir-faire et des compétences.
-le gouvernement fait l’impasse sur les besoins de financement dans les outils industriels et sur leurs impacts financiers pour EDF, soumis par ailleurs à ses propres contraintes.
Le projet de refondation se résume aux seuls Groupe EDF et AREVA, alors que la dimension filière englobe les outils de recherche abrités par le CEA et tout le tissu industriel d’entreprises sous-traitantes nécessaire au fonctionnement de la filière. Des questions émergent d’ores et déjà dans les territoires. La CGT rappelle qu’un plan de 2000 suppressions d’emploi est en cours à Vallourec.
Cette refondation de la filière nucléaire ne répond pas aux besoins industriels, sociaux et environnementaux.
La CGT a interpellé les groupes parlementaires sur l’ampleur du dossier et les enjeux qu’il porte.
La CGT revendique un débat national et appelle les salariés à se mobiliser localement et nationalement pour peser sur les choix.
SOURCE DE L'ARTICLE:
Les salariés d'Areva La Hague étaient en grève le 2 juin 2015 pour défendre leur emploi et demander au gouvernement une structuration pérenne et durable de la filière nucléaire dans laquelle Areva doit poursuivre son rôle majeur.
Ils étaient entre 1200 et 1500 à manifester le 2 juin dans les rues de Cherbourg. Ce qui n'était pas arrivé depuis près de 20 ans.
Cette mobilisation forte doublée d'un arrêt total des 2 usines de La Hague permet d'envoyer un message clair au gouvernement avant la réunion d'aujourd'hui à l’Élysée.
D'autres actions suivront, la CGT ne laissera pas casser notre entreprise, ne laissera pas les salariés être la seule variable d'ajustement pour remettre à flot le groupe qui a été mis à mal uniquement par nos dirigeants et gouvernements successifs depuis le début des années 2000.
Action coup de poing le 5 juin 2015 dès 6H00 ce matin de la CGT Areva la Hague qui a planté 400 croix place Napoléon à Cherbourg afin de symboliser les suppressions d'emplois sur le Nord Cotentin. D'ici fin 2017, ce seront 500 emplois Areva qui seront supprimés, au moins autant chez la sous traitance et encore autant dans les emplois induits. Soit au minimum 1500 emplois supprimés sur le bassin d'emploi du Nord Cotentin.
La CGT n'accepte pas cet état de fait, n'accepte pas que ce soit aux salariés de payer les erreurs du passé de notre direction et des gouvernements successifs depuis 2001.


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