GRÈCE : Après les dernières propositions du gouvernement Tsipras, comment vont réagir le peuple grec et les députés de la « Vouli » ?
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Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 juillet 2015, le gouvernement d’Alexis Tsipras a adressé un texte de 13 pages à la Commission européenne, à la BCE, au FMI et aux créanciers.
Par ce texte - intitulé « Actions prioritaires et engagements » -, le gouvernement propose d’adopter la quasi-totalité des mesures proposées par les créanciers le 26 juin 2015, qu'il avait alors rejetées, en annonçant la tenue d'un référendum. Le peuple grec a confirmé ce rejet en votant majoritairement NON qui a obtenu 61,31 % des suffrages exprimés.
Les médias annoncent le contenu du plan proposé par le gouvernement Tsipras, en échange d'une nouvelle aide financière de l'Union européenne :
1) comme le souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, le gouvernement grec accepte l’instauration d’un système unifié des taux de TVA, incluant aussi la restauration, et accepte que le taux moyen en soit porté à 23% au lieu du taux moyen de TVA qui était jusqu'ici de 13%. (Pour les produits de base, l'électricité et les hôtels, la TVA restera cependant à 13%, et à 6% pour les médicaments, livres et places de théâtre).
Cette hausse colossale de 10 points de TVA était l’une des principales pommes de discorde entre Athènes et ses créanciers pendant ces longs mois de négociations. Le gouvernement Tsipras a donc capitulé en rase campagne, en acceptant une mesure qui va amputer immédiatement les maigres revenus du peuple grec.
2) comme le souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, le gouvernement grec accepte de supprimer les avantages fiscaux dont bénéficiaient les îles (soit la réduction de 30% de la TVA appliquée depuis plusieurs années), à commencer par les îles les plus riches et touristiques. Cette suppression va commencer en octobre et sera faite graduellement pour s'achever d'ici la fin 2016.
Cela signifie que les touristes comme les habitants des îles grecques vont voir la facture de TVA grimper de +30% environ.
3) comme le souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, l'âge du départ à la retraite va être substantiellement et graduellement relevé pour passer à 67 ans d'ici à 7 ans (en 2022).
4) comme le souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, le gouvernement Tsipras va déréglementer plusieurs professions, notamment les ingénieurs, les notaires et tout le secteur du tourisme.
5) le gouvernement grec va par ailleurs abaisser le plafond des dépenses militaires grecques de 100 millions d'euros en 2015 et de 200 millions en 2016. Cela représente la moitié de ce que souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, qui voulaient une réduction de 400 millions.
6) comme le souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, le gouvernement grec accepte de limiter la hausse de la taxe sur les sociétés de 26 à 28 %.
Cela signifie que les grandes entreprises vont voir augmenter leurs impôts de 2 points seulement, alors que le peuple grec voit alourdir la facture de TVA de 10 points…
7) comme le souhaitaient la Commission européenne, la BCE, le FMI et les créanciers, le gouvernement grec accepte de procéder au programme de privatisations des nombreuses entreprises publiques (dont la liste n’est pas encore récapitulée par les agences de presse).
Que va-t-il se passer maintenant ?
Comment va réagir le peuple grec ?
Les députés de la « Vouli » vont-ils valider ces propositions ?
SOURCE (D'APRÈS) :
Hausse de la TVA, réforme des retraites et privatisations : les propositions de la Grèce à ses créanciers
Athènes a envoyé de nouvelles propositions à Bruxelles, jeudi 9 juillet 2015, peu après 22 heures.
Les propositions sont sur la table. Dans le nouveau document envoyé à Bruxelles, jeudi 9 juillet, la Grèce propose une hausse de la TVA, des coupes dans le budget de la Défense ainsi que des réformes sur les retraites et dans la fonction publique, détaille le site de Naftemporiki. Athènes a envoyé ces propositions à Bruxelles, jeudi, peu après 22 heures.
Pour la Grèce, l'objectif est de consentir des efforts en l'échange d'un financement de 53,5 milliards d'euros d'ici juin 2018 pour couvrir les obligations liées à ses prêts. Francetv info vous détaille quelques mesures proposées par Athènes pour y parvenir.
Une réforme de la TVA
Dans les points qui coincent depuis le début des négociations entre Athènes et ses créanciers, la refonte de la TVA était un gros morceau. Dans les dernières propositions d'Athènes, la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée pourrait rapporter 1% de PIB à la Grèce, comme le souhaitaient les créanciers.
Concrètement, le gouvernement grec propose d'unifier la TVA avec un taux standard à 23%, y compris pour la restauration. Les aliments de base, l'énergie, les hôtels et l'eau bénéficieraient d'un taux à 13%. Enfin, un taux réduit à 6% serait accordé pour les produits pharmaceutiques, les livres et le théâtre.
Le gouvernement propose également la suppression de la TVA allégée dans les îles, à commencer par les îles les plus riches et touristiques, comme le souhaitaient les créanciers. Cette suppression va commencer en octobre et sera faite graduellement pour s'achever d'ici la fin 2016
Une réforme des retraites
La Grèce propose d'achever la dernière réforme des retraites de 2010 et d'aller plus loin avec une nouvelle réforme. Le point essentiel de celle-ci vise à réduire au maximum les départs à la retraite anticipée. Pour cela, le gouvernement compte sur un système de pénalités.
Des coupes dans le budget de la Défense
La Grèce propose de tailler sévèrement dans le budget de sa Défense, avec des coupes de 300 millions d'euros en deux ans. Il s'agit d'économiser 100 millions d'euros en 2015 et 200 millions d'euros en 2016.
Des mesures fiscales
De nombreuses mesures fiscales techniques sont prévues. Lesagriculteurs devraient subir ces nouvelles mesures d'austérité, avec notamment une baisse des subventions sur le diesel. Athènes prévoit une hausse des impôts sur les sociétés et pour les armateurs. Il est également proposé de relever immédiatement les taxes sur les produits de luxe et la publicité à la télévision. Mais le dispositif le plus important concerne la lutte contre la fraude fiscale.
Un programme de privatisations
Athènes compte relancer le programme de privatisation d'entreprises publiques, gelé par Alexis Tsipras à son arrivée au pouvoir. Les aéroports régionaux et les ports du Pirée et de Thessalonique sont notamment concernés.
SOURCE:


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