LIBERTÉ de la PRESSE : mythe ou réalité ? - L’exemple CANAL PLUS - BOLLORÉ
Canal + a vécu récemment une semaine agitée. Non pas que ses programmes aient révolutionné le paysage télévisuel, mais bien par sa prise en main à la hussarde par son nouveau propriétaire Vincent Bolloré.
Vincent Bolloré un grand capitaliste : 10 milliards d’euros , huitième fortune de France
En 30 ans Vincent Bolloré a transformé la papeterie familiale (papier à cigarettes OCB) en un groupe qui figure parmi les 500 plus grandes compagnies mondiales. Vincent Bolloré, Président Directeur Général du Groupe Bolloré, occupe des positions en pointe dans chacune de ses activités très diversifiées : les films plastiques, des terminaux portuaires (en particulier en Afrique), des plantations de palmiers pour l’huile (Cameroun), les véhicules électriques et les batteries, il fabrique et distribue tout un éventail de solutions d’identification automatique (codes-barres et autres), distributeur de fioul et de produits pétroliers, de l’oléoduc Donges-Melun- Metz, premier actionnaire de Vivendi (multinationale de la communication et du divertissement) qui lui donne la main mise sur Canal+.
Considérant que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même il détient un vaste réseau de médias défenseur de ses intérêts et donc de ceux du capitalisme.
Les chaînes Direct 8 et Direct Star c'est lui, le quotidien gratuit « Direct Matin » et ses hebdos Direct Sport, Direct Femme c’est encore lui. Il possède 12 licences régionales WiMAX (licences de télécom et d’accès au net par voie hertzienne) qui couvre l’ensemble du territoire. Pour avoir des sondages qui lui donnent satisfaction il possède l’institut de sondage CSA. Il vient d’ajouter Canal+ à son empire.
Canal+ la plus ancienne chaîne privée de France tire ses ressources des abonnements et de la publicité. Le groupe Canal fait aujourd’hui près de 600 millions de profit malgré la perte d’abonnés et le recul de la publicité.
Canal+ se présente comme une chaîne inventive, décalée dans le monde de la télé. Son audience vient principalement de la diffusion des matchs de foot et de rugby, du cinéma avec la projection de films récents qu’elle en finance en grande partie. Le « Grand Journal » et ses marionnettes « les Guignols », programme en clair de Canal+, ont une certaine audience.
Il semble que ces marionnettes déplaisent à Vincent Bolloré et à ses « amis politiques ». Il y a quelques semaines il déclarait sur France-Inter que le meilleur humour est celui qui s’adresse à soi- même et non pas aux autres.
Pourtant « les Guignols » ne poursuivent que la tradition des humoristes et des chansonniers qui de tout temps se sont moqués des hommes politiques et du patronat sans jamais remettre en cause le système. Ils traduisent sous une autre forme ce que disent les politiques quand ils prétendent contrôler le capitalisme, voire le moraliser. Le système n’est jamais remis en cause.
Devant les cents premiers dirigeants de Canal réunis le 3 juillet dernier Vincent Bolloré a mis les choses au point. D’après le journal « le Point » il déclare : c’est celui qui paye qui décide. Les choses sont claires dès le départ. Le Directeur Général de Canal + Rodolphe Belmer est viré. (en 2002, c'est une habitude chez Vivendi, Pierre Lescure avait lui aussi été viré par un dirigeant de Vivendi : Jean-Marie Messier). Le PDG Bertrand Meheut serait lui aussi sur un fauteuil éjectable, Antoine de Caunes ne présentera plus « le grand journal » à la rentrée. Le grand ménage est en route. Devant la protestation de la suppression « des Guignols » Bolloré déclare : Les dirigeants de Canal et de Vivendi devront décider sous quel format et à quel moment ils devront être distribués. Il y a tant de moyens de couler une émission qu'il n’a que l’embarras du choix.
Le service public applique les mêmes méthodes. Mathieu Gallet vient de viré Olivier Poivre d’Arvor pour différent sur la ligne éditoriale et attitude trop amicale vis à vis des grévistes de Radio France au printemps, faute inexcusable...
Quelles réactions dans la presse, à Radio France?
Aucune sur le fond, aucune sur la liberté de la presse, sur l’indépendance des journalistes et leur liberté de conscience.
Et pour cause. Les journalistes comme tous les salariés ont un lien de subordination avec leurs employeurs. Ou bien ils acceptent la ligne du média ou bien ils le quittent. Ils font un choix. Tous les médias sont entre les mains du capitalisme et du pouvoir politique à son service, les journalistes sont choisis pour leur compétence à diffuser les idées de celui-ci, les journalistes "ont encore une âme de valet". Leurs proclamations sur la liberté d’exercer librement leur métier n’est qu’un leurre. C’est le capitalisme qui dicte les écrits et les paroles.
A moins d’être suicidaire, aucun journaliste du « Figaro » ne publiera un article qui met en cause les ventes d’avions Rafale au Qatar ou à l’Arabie Saoudite, pays où le respect des droits de l’homme est inconnu, la peine de mort prononcée et exécutée régulièrement, des châtiments barbares monnaie courante. Et pour cause, le propriétaire du « Figaro » et le marchand d’armes sont une seule et même personne : Serge Dassault, par ailleurs député « Les républicains ». Pareil pour ceux du service public, Hollande et son gouvernement PS sont les commis voyageurs des marchands d’armes. Il ne ferait pas bon de remettre en cause la diplomatie française.
Sous cette dictature capitaliste la liberté de la presse est bien un mythe.
SOURCE:


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