PARIS : La révolte des «DAMES PIPI» se poursuit
Une fois de plus, le petit train de Montmartre termine son ascension de la rue Lamarck dans les drapeaux « Force Ouvrière ». Et pour cause, depuis trois semaines, les « dames pipi » sont en grève et occupent les toilettes publiques situées au pied sur Sacré-Cœur. La raison de leur colère : La société néerlandaise « 2theloo » – qui a remporté l’appel d’offres de la Mairie de Paris sur six lieux de la capitale – refuse de reprendre les onze salariées de l’ancienne société, Stem Propreté.
Alors qu’un car de CRS est en faction à quelques mètres, dans le couloir près des urinoirs, ces cinquantenaires en moyenne, assises sur des rouleaux de papier toilettes, organisent la fronde.
« Ils veulent des femmes qui parlent anglais et font du 36. Nous notre travail »
« Soi-disant, nous ne correspondons pas à ce qu’ils veulent. Eux, ils veulent des femmes sexy qui parlent anglais et font du 36 », s’exclame Françoise, 46 ans. Si elle n’hésite pas à caricaturer, la nouvelle société affiche toutefois une réelle volonté de dépoussiérer la « dame pipi » made in Paris. Avec son « concept innovant de boutiques-toilettes », la société veut « relever d’un cran le niveau de services » dans la capitale et dans les gares où un partenariat a également été signé avec la SNCF en début d’année, provoquant là aussi la grève des agents d’entretien. Mais ces dernières avaient obtenu avec succès leur réintégration. Alors, Françoise qui travaille pour Stem depuis 17 ans, y croit et souhaite « la même chose »
Après neuf jours de grève, les « dames pipi » reprennent du service
« Nous, on s’en fiche de leurs critères. A nos âges, nous voulons juste garder notre travail, payer nos cotisations et nos loyers », détaille-t-elle, derrière ses lunettes. « On ne jette pas les gens comme ça. Nous réclamons donc nos droits et le respect de la loi française. Nous sommes prêts à nous battre ou même faire la grève de la faim. Ils doivent céder ». L’arme que chacune dégaine : l’article L 1224-1. Soit, « lorsque survient une modification dans la situation juridique de l’employeur, notamment par vente, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise », mentionne LegiFrance.
« Maintenant c’est une concession »
Contacté fin juillet par Le Parisien, « 2theloo » se justifiait « Nous sommes prêts à rencontrer ces dames, affirme un porte-parole. Mais nous n’avons pas l’obligation de les reprendre. Nous ne sommes pas un prestataire de services ». Et donc la possibilité selon eux, de s’affranchir de la convention collective. Et d’ajouter : « Je ne comprends pas pourquoi leur ancien employeur qui compte plus d’un millier de salariés et qui sait depuis un an qu’il a perdu ce marché ne les recyclerait (sic) pas ». Au milieu de cette paralysie, la Mairie de Paris.
« Nous avons été reçus à deux reprises à l’Hôtel de Ville et nous avons manifesté sur le parvis. Mais ça n’a rien donné », explique Kedir Abbes, délégué central FO. « Il y a eu un changement de contrat, maintenant c’est une concession. Ce n’est pas vraiment une reconduction de contrat. La mairie n’a donc pas la possibilité, juridiquement, d’obliger le titulaire à reprendre les employés », se défend l’hôtel de ville auprès de FranceTV info. Mais face à cette situation qui stagne, Kedir Abbes, s’emporte. « Ces vieilles dames qui viennent faire la grève du matin au soir dans cette chaleur. Qu’est ce qu’ils attendent ? Qu’une personne crève ? »
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