Jeremy CORBYN élu à la tête du Labour party - "ICI LONDRES : les Anglais parlent aux Français..." (par Jean Lévy)
Jeremy Corbyn, représentant de l'aile gauche du Labour, élu à la tête du parti travailliste britannique.
Royaume-Uni : Jeremy Corbyn, défenseur d'une gauche radicale, élu à la tête du Parti travailliste
Farouche opposant des politiques d'austérité, il a obtenu 59,5% des voix dès le premier tour.
Il était devenu, en quelques semaines à peine, le favori du scrutin. Jeremy Corbyn, un eurosceptique farouche opposant des politiques d'austérité, a été élu, samedi 12 septembre, à la tête du Parti travailliste britannique. Cet homme de 66 ans qui s'inscrit dans la lignée des partis grec Syriza ou espagnol Podemos, l'a emporté dès le premier tour de scrutin avec 59,5% face à ses trois rivaux, Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall, a annoncé le Labour.
Rejet de la politique classique
Son élection est une petite révolution pour le Parti travailliste, qui ne jurait, il y a encore quelques temps, que par le modèle social-démocrate inspiré par Tony Blair. Antimilitariste, partisan d'une politique fiscale taxant davantage les plus riches, ce végétarien au style décontracté est parvenu à rallier les militants en quête d'alternative politique, créant un engouement d'une intensité que les caciques du parti étaient loin d'imaginer.
"Il triomphe parce qu'il représente un rejet de la politique classique et parce que les autres candidats n'ont pas su inspirer l'enthousiasme ou l'espoir", soulignait récemment Andrew Harrop, secrétaire général de la Fabian Society, un think tank de centre gauche. Dès son élection, Jeremy Corbyn a d'ailleurs plaidé pour une "société meilleure".
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"Ici Londres : les Anglais parlent aux Français..."
Le peuple du Labour condamne à plus de 59% la politique suivie par le parti travailliste depuis trente ans, celle de Tony Blair en particulier...
M6 fait ci-dessous l'amalgame avec les vagues qui avaient poussé les Grecs à voter Syriza et les Espagnols Podemos.
M6 et tous les autres médias trompent les Français
En Grande Bretagne, il s'agit de l'un des plus vieux partis du continent que le peuple travailleur - les jeunes, en particulier -veut reconquérir. C'est comme si en France des centaines de milliers sympathisants socialistes mettaient un terme à la gouvernance du parti par Hollande, Valls, Macron et autres barons du PS et placent à sa tête un élu adversaire irréductible de leur politique et pour cela totalement isolé dans le parti.
En France, ça n'existe pas.
Le plus dur des "frondeurs" n'a jamais osé voter contre le gouvernement. Jeremy Corbyn, lui, s'est toujours opposé dans tous les domaines à celle de ses dirigeants même quand ceux-ci étaient aux postes de commande.
La base ouvrière du Labour a reconquis son parti contre la grande majorité de ses élus. C'est là l'évènement historique pour la Grande-Bretagne. La pays va toujours être gouverné par le successeur de Margaret Thatcher. Les députés travaillistes défaits n'ont peut-être pas dit leur dernier mot. Et, avec toute sa bonne volonté, Jeremy Corbyn, s'il parvenait au pouvoir ne pourrait pas appliquer son programme en restant au sein de l'Union européenne, encore que le Royaume Uni a conservé sa souveraineté monétaire, ce qui le démarque da la Grèce, de l'Espagne ou de la France.
Mais dès demain, à Londres , les victimes de l'austérité Blair-Cameron, trouveront dans le Labour nouveau, un défenseur de poids face au patronat et à son parti conservateur.
C'est déjà une bonne base de départ pour les luttes ouvrières et populaires. Car, en définitive, ce sont elles - et elles seules - qui décident de tout.
Jean Lévy
sur son blog: CanempechepasNicolas


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