BRUXELLES pourrait avoir des soucis de VARSOVIE à LISBONNE
Sale temps pour Bruxelles. La zone euro avait déjà été vivement secouée ces derniers mois, certains craignant même le délitement de la monnaie unique. La reddition du gouvernement grec a permis de garder Athènes sous contrôle.
L’Union européenne est désormais déstabilisée par la crise des réfugiés et migrants. Outre le drame que vivent beaucoup de ceux-ci, les pays en première ligne sont totalement débordés. Depuis quelques jours, c’est même un véritable chaos que connaît la petite Slovénie. Mais surtout, bisbilles et confrontations se développent entre Etats membres à un degré jamais atteint dans l’histoire de l’UE. Un sommet d’urgence a été convoqué pour dimanche 25 par le président de la Commission. Cette initiative – qui aurait dû relever du président du Conseil, Donald Tusk – a elle-même a suscité pas mal de grincements de dents.
M. Tusk risque d’avoir une autre déconvenue le même jour : l’ancien premier ministre polonais (PO, droite néolibérale) devrait voir son parti battu par son concurrent traditionnel, le parti Droit et justice (PiS, droite nationaliste). Si les prévisions des sondages se confirment, les résultats des élections générales du 25 octobre en Pologne constitueraient un sujet supplémentaire d’anxiété pour Bruxelles. Le PiS est en effet taxé de « populisme », et n’a pas manqué de prendre le chef du gouvernement hongrois pour modèle. Or Viktor Orban est la bête noire de Bruxelles…
A l’autre bout de l’Europe, le Portugal (Lisbonne, photo ci-dessus) pourrait réserver un autre genre de surprise, guère plus agréable pour les dirigeants européens. L’alliance de droite (entre le PSD et le PP/CDS) était certes arrivée en tête lors du scrutin du 4 octobre, mais sans majorité à l’Assemblée.
Or le chef du Parti socialiste, l’ancien maire de Lisbonne Antonio Costa, vient d’annoncer qu’il négociait une alliance avec les deux partis situés à sa gauche, le Parti communiste allié aux Verts, et le Bloc de gauche, comparable à Syriza en Grèce. Si une telle perspective se confirme dans les prochains jours, le Premier ministre sortant, Pedro Passos Coelho, présenterait un programme devant le Parlement, mais serait d’emblée mis en minorité. La politique qu’il applique depuis 2011, conforme aux directives de la Troïka (qui exerça pendant trois ans sa tutelle directe), s’en trouverait fragilisée. Un cauchemar pour les dirigeants européens et les marchés financiers.
Certes, ni le PS portugais, ni le PiS polonais ne remettent en cause le principe de l’intégration européenne – loin s’en faut.
Mais, sous deux angles fort différents, ils représenteraient, s’ils arrivaient au pouvoir, des éléments de fragilisation supplémentaires pour Bruxelles dans un contexte déjà lourdement chahuté.
Retrouvez informations et analyses exclusives dans l’édition de Ruptures à paraître le 28 octobre 2015
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