L'influence de la CGT dans ses BASTIONS historiques [une analyse du Figaro.fr]
Que pèse la CGT dans ses bastions historiques ?
LE SCAN ÉCO/INFOGRAPHIES - Bien qu'elle y reste la première force syndicale, sauf à Air France, la CGT est de plus en plus affaiblie dans ses bastions historiques. Le Figaro fait le point en graphiques sur le déclin du syndicat.
SNCF, La Poste ou encore la RATP. Trois grandes entreprises françaises et autant de défaites pour la CGT lors des dernières élections professionnelles. Alors certes, la CGT y est toujours la première force syndicale mais les écarts se réduisent avec ses concurrents, la dernière élection à la SNCF de novembre dernier est là pour le prouver. Ce n'est en revanche plus le cas à Air France, véritable bastion de la CGT qui y a subi un échec cuisant. Premier syndicat de la compagnie aérienne, la CGT y a non seulement perdu son trône mais a reculé jusqu'à la quatrième place, devancée par la CFE-CGC, FO et Unsa. Idem chez Orange où la CGT a subi également un revers historique.
Une accumulation d'échecs qui a fait suite à ce que l'on a appelé l'«affaire Lepaon», du nom du prédécesseur de l'actuel chef de file de la CGT, Philippe Martinez. Mais il semble que les raisons de ces défaites répétées remontent à bien plus loin: la succession de Bernard Thibault qui quitte la CGT en 2013. «L''affaire Lepaon' et les querelles de personnes ne sont que des épiphénomènes. Les échecs de la CGT ne sont que l'illustration d'un problème de fond. Le syndicat a été pris de panique après le départ de Thibault. Aucun débat n'a été organisé pour savoir quelle orientation la CGT devait prendre», estime Bernard Vivier, directeur de l'institut supérieur du travail. A savoir contester ou négocier.
A la fin de son mandat, les détracteurs de Bernard Thibault lui ont reproché d'être trop consensuel. Désormais, certains fustigent les excès de contestation de la CGT. «Passer son temps à contester, ça marche un temps, mais pas dans la durée. Un syndicat doit être réformiste dans la crise. Ce sont d'ailleurs les syndicats réformistes les grands gagnants de l'“affaire Lepaon”». Un spécialiste des syndicats raconte qu'un dirigeant important de la CGT était scandalisé qu' «il n'y a pas eu de débat à la CGT lors des trois derniers congrès. On doit retrouver la boussole». «On est soucieux en interne, c'est le début de l'affaissement», poursuit Bernard Vivier.
Philippe Martinez a, depuis, pris les rênes de la CGT. Inconnu du grand public, il sera candidat à sa propre succession au prochain congrès du syndicat en avril à Marseille. «L'objectif du congrès est d'équilibrer contestations et propositions», affirme ce mardi le secrétaire général dans une interview au Figaro. Preuve que la CGT sait aussi mettre de l'eau dans son vin, elle est après la CFDT (56%), le syndicat qui a signé le plus d'accord en 2014 (48%), selon les derniers chiffres publiés par le ministère du Travail dans leur rapport «La négociation collective en 2014». «Martinez est conscient qu'il faut être réformiste mais il ne peut pas le dire en public. La logique de la négociation va s'installer progressivement à la CGT», conclut Bernard Vivier. Sa «vraie» réforme? Passer aux... 32 heures alors que salariés comme patrons cherchent à mettre fin aux 35 heures...


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