ARABIE SAOUDITE : une DICTATURE moins protégée…
Le 7 février 1995, la parution du livre – L’Arabie Séoudite – La dictature protégée -, aux éditions Albin Michel, ne retint l’attention que de quelques spécialistes. Son auteur diplomate de métier – signant du pseudonyme Jean-Michel Foulquier -, y décrivait par le menu les exécutions au sabre, les sévices de la police religieuse wahhabite et toutes les violations structurelles des droits humains en vigueur dans ce qui, en réalité est moins un pays qu’une propriété familiale privée… Il nous disait aussi que, conformément à l’esprit et la lettre du Pacte du Quincy1, accordant aux Etats-Unis le monopole de l’exploitation des réserves d’hydrocarbures les plus importantes du monde, la famille Saoud bénéficie de la protection totale des administrations américaines successives. Comme le disait Roosevelt du dictateur nicaraguayen Somoza, les Saoud sont bien des fils de pute, mais ce sont nos fils de pute…
De fait, les réalités morbides de cette monarchie ubuesque sont parfaitement connues depuis belle lurette, déroulant quotidiennement sous nos yeux son cortège d’abominations, au vu et su de tous, comme la lettre volée d’Edgar Allan Poe. Mais… motus et bouche cousue ! Jusqu’à très récemment, il était proprement inconcevable de lire dans la presse occidentale quoique ce soit de critique à l’encontre de cette « dictature protégée ». Alors, pourquoi les plumes, les langues et les oreilles se délient-elle seulement aujourd’hui ?
NOUVELLE DONNE GÉOPOLITIQUE
On peut d’abord avancer trois causes géopolitiques « larges » : un redéploiement et une délocalisation des intérêts américains ; le retour de l’Iran dans le concert des nations ; une résurgence de l’ancestrale confrontation des mondes sunnite/chi’ite. Viennent ensuite une série de considérations plus « micros » : la faillite des révoltes arabes; la surenchère entre Al-Qaïda et l’organisation « Etat islamique » ; l’extension territoriale du terrorisme islamiste ; enfin, une guerre de succession récurrente au sein même de la monarchie saoudienne. D’une manière générique et hormis le livre pionnier de Jean-Michel Foulquier, quelques candides dont Alain Chouet2, Xavier Raufer3, Pierre Conesa4 et votre serviteur5, répètent depuis plus d’une vingtaine d’années que l’Arabie saoudite constitue l’épicentre de l’Islam radical, de son financement et de son extension. Depuis toutes ces années, les mêmes étaient remisés au rayon, soit des doux rêveurs, soit des dangereux subversifs ou encore plus clairement accusés d’être des amis des dictateurs officiels, les nationalistes arabes s’entend !
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