USA : Le magnat de l’immobilier et la « reine du chaos »
Par Hmida Ben Romdhane
Le 11 janvier 2016
La guerre des candidatures pour l’élection présidentielle américaine bat son plein. De nombreux politiciens continuent à gaspiller des millions de dollars dans l’espoir de se voir choisis comme candidats de leurs partis (le démocrate et le républicain) pour le rituel électoral de novembre prochain.
Plusieurs candidats à la magistrature suprême, mais seulement deux qui émergent du lot : le magnat de l’immobilier, Donald Trump, et l’ancienne secrétaire d’Etat (2009-2013) et ancienne première dame (1992-2000), Hillary Clinton.
Ces deux candidats à la candidature, l’un et l’autre risquant fort de devenir président, symbolisent de manière frappante la pénurie d’hommes d’envergure capables de gérer une puissance de la taille des Etats-Unis.
Le magnat de l’immobilier est un homme sans passé politique et sans expérience dans la gestion des affaires publiques. Ses deux principales caractéristiques sont l’exotisme et les milliards de dollars qu’il possède. Mais s’il est sorti du lot, ce n’est pas à cause de sa richesse excessive. Certes, l’argent est le nerf de la guerre électorale américaine, mais les autres candidats en sont aussi pourvus.
Ce qui a aidé Trump à distancer ses concurrents républicains, ce sont ses discours originaux et son approche atypique de la politique. L’homme ne mâche pas ses mots et n’éprouve aucun scrupule à nager à contre-courant de l’establishment washingtonien. Par exemple sur l’Irak, la Libye, la Syrie et la Russie, il tient un discours qu’aucun politicien soucieux de sa carrière politique n’ose tenir à Washington.
Dans une interview sur CNN, le candidat à la candidature du parti républicain a franchi des lignes rouges, étonnant par sa franchise politiciens et hommes de médias habitués à un autre discours où l’Amérique est toujours innocente et bienfaitrice : « Le monde se porterait nettement mieux si les anciens dictateurs irakien Saddam Hussein et libyen Mouammar Kadhafi étaient toujours au pouvoir », a affirmé le magnat de l’immobilier. « Regardez la Libye. Regardez l’Irak. Avant, il n’y avait pas de terroristes. Saddam Hussein les tuait immédiatement. L’Irak est maintenant devenu l’université d’excellence du terrorisme », se lamente-t-il. « « La Libye est une catastrophe. L’Irak est une catastrophe. La Syrie est une catastrophe. Tout le Moyen-Orient est une catastrophe où les gens sont décapités, noyés dans des cages, brûlés vifs », dit encore Donald Trump face à son interviewer hébété. Pour le candidat républicain, ces séries de catastrophes sont provoquées par les politiques de George W. Bush, Barak Obama et Hillary Clinton.
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