Serge GARDE: « Je m’inscris dans la démarche proposée par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon »
Parce que je suis communiste, on ne me refera pas le coup du vote utile. Plus jamais. Pendant plus de trente ans, j’ai été un bon petit soldat au service de l’ « union de la Gauche ». Pour quel résultat ? Lorsque j’ai adhéré au PCF, en 1964, on m’a expliqué que c’était un parti d’ « avant garde » qui faisait de la politique « scientifiquement. » Scientifiquement, quand une expérience échoue, on en tire les conséquences. Cette stratégie d’union de la gauche s’est révélée catastrophique pour le pays, et désastreuse pour le parti communiste. Je suis communiste sans carte.
Avec un recul, le PCF a toujours été du bon côté des luttes, sociales, anticoloniales, etc. Mais il n’a pas su anticiper ou même accompagner les aspirations et mutations naissantes : féminisme, écologie, lutte contre les dérives mafieuses, combat contre la pédocriminalité, les délinquances financières (dès les années 80), remise en cause de la loi de 1970 sur les stupéfiants…
Il ne suffit pas de se proclamer « parti révolutionnaire » pour l’être. Le PCF a mobilisé et œuvré sans compter pour… pour quoi ? Pour que survienne un nouveau Front populaire puis un nouveau mai 68. Deux immenses moments de l’Histoire, mais qui n’ont pas débouché sur un processus révolutionnaire.
Les militant-es du PCF qui, comme moi, ont consacré des milliers d’heures de leurs vies en réunions, porte à porte, discussions, collages et en distributions de tracts, n’ont-ils/elles pas contribué à installer durablement un parti social-libéral en position dominante. La stratégie initiée par Mitterrand au congrès d’Epinay, elle, a réussi puisqu’elle avait pour but de marginaliser le PCF et d’offrir au pouvoir financier un nouveau souffle.
Durant ces dernières décennies, le PCF n’a pas travaillé suffisamment et collectivement sur les nouvelles réalités politiques et sociétales. Où sont les propositions indispensables pour construire une 6ème République ? Que de carences…
Nous ne revivons pas la crise des années 30. Celle d’aujourd’hui est inédite, gravissime. Si nous ne nous attaquons pas radicalement à la dictature financière, le monde court à sa perte. Et il n’y a plus de marge de manœuvre. Une réanimation d’une union de cette gauche faillie et moribonde, nous projette dans une impasse. Selon moi, une rupture radicale est indispensable. Je m’inscris dans la démarche proposée par la France insoumise et JL Mélenchon. Avec beaucoup de réserve. Mais c’est une option cohérente, difficile, audacieuse… La seule, hélas, à mes yeux.
Serge GARDE
Ancien journaliste à « L’Humanité »
SOURCE : Facebook


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