RÉFLEXIONS à l’issue du PREMIER tour de l’élection PRÉSIDENTIELLE [Mouvement pour un socialisme du 21ème siècle]
Introduction
Les Français sont confrontés aujourd'hui à une situation inédite qui voit un candidat solliciter leurs suffrages en revendiquant avec force sa dés-adéquation au politique et à la politique. Le Maître slogan d'Emmanuel Macron est sans conteste le « NI-NI ». Il convient de s'interroger sur la réelle signification de cette non appartenance, sur un état qui situe le candidat dans un espace indéfini flottant quelque part hors du champ politique, image symbolique de la légèreté et de la liberté, dégagé des contingences, tel un ballon gonflé à l'hélium dont on aurait lâché la ficelle. Ainsi, il devient porteur d'une image de nouveauté, dont la promesse politique ne serait entravée par aucun héritage plombant. Plus d'opposition, plus de conflits, de clivages, de dissension. Des pratiques politiques renouvelées fondées sur l'adhésion à la jeunesse et à la modernité, débarrassées des oripeaux de l'idéologie, du politique. Le consensus, enfin celui qui marque le degré zéro de toute pensée politique : soyons jeunes, soyons modernes et en marche vers l'avenir.
Qu'en est-il de la réalité et de ce rêve rose et bleu offert par un candidat qui se donne à voir dans un conte de fée pour veillée dans les chaumières. Sans passé, sans passif et en quelque sorte chimiquement pur.… Il est vrai que pour maintenir l'illusion, mieux vaut ne parler de rien de ce qui fâche et offrir le spectacle lisse et sans aspérités de commémorations consensuelles comme vient de le faire Emmanuel Macron, instrumentalisant sans vergogne des événements tragiques opportunément réactivés pour les besoins de la cause. Et de quelle cause parle-t-on? Des élections, bien sûr, et de la conquête du pouvoir.
Et voilà que ressurgit la politique, ses tentations, ses ambitions et ses arrière-pensées. Il se peut que le but du candidat, en évacuant le débat, vise à faire apparaître ses propositions comme nécessaires, inévitables, bénéfiques et donc nécessairement consensuelles mais rien n'est jamais acquis et la démocratie, fort heureusement, a la vie dure et ne se laissera pas prendre aux faux-semblants.
De quoi Emmanuel Macron est-il le nom, selon la formule déjà utilisée pour Nicolas Sarkozy en 2007 ? En quoi son projet est-il le stade ultime de la convergence des intérêts de ceux qui l’ont porté sur les fonds baptismaux ? Que peut la démocratie confrontée à une telle situation, c'est ce que se proposent de faire apparaître les textes qui suivent.
[…]
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RÉFLEXIONS DU MS21 A L'ISSUE DU PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES.
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