VENEZUELA – Congrès du Parti Communiste (PCV) : « Il y a une autre voie : la révolution »
Le Parti communiste du Venezuela tenait son 15ème congrès du 22 au 25 juin 2017. Pour le PCV, défendre les acquis du pays implique une radicalisation du processus bolivarien.
Interview de Carolus Wimmer, secrétaire à l’international du Parti communiste du Venezuela (PCV), pour le quotidien socialiste allemand Junge Welt (journaliste André Scheer), édition du 28 juin 2017.
Traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».
Junge Welt : Les nouvelles qui sont diffusées internationalement sur le Venezuela suscitent l’inquiétude. Il est question de guerre civile, de faim, de sous-approvisionnement, d’une situation ingérable du pays. Comment le PCV apprécie-t-il la situation ?
CW : Il est totalement faux et sans rapport avec la réalité de parler d’une crise humanitaire ou de famine dans notre pays. On doit cependant reconnaître que les méthodes appliquées, depuis maintenant plus de 18 ans, par les Etats-Unis et leurs alliés, contre le Venezuela, parviennent partiellement à leurs fins.
Dans les premières années, les attaques de l’impérialisme se concentraient sur le président et l’appareil d’Etat. Après de nombreux échecs sur ce terrain, les attaques sont désormais dirigées contre les familles vénézuéliennes, contre l’approvisionnement en nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité. On assiste à une guerre psychologique.
JW : Peut-on rendre l’impérialisme des Etats-Unis entièrement responsable des problèmes du Venezuela ou bien ont-ils également des origines internes ?
CW : La politique, c’est comme un match de boxe. Quand tu montres tes faiblesses à l’adversaire, il te met KO. La situation momentanément difficile que nous traversons politiquement dans la lutte des classes résulte, entre autres également, de l’illusion que nous détiendrions tout le pouvoir et que nous aurions déjà accédé au socialisme. Mais nous vivons toujours dans le capitalisme. C’est pour cela qu’on ne peut pas se permettre de mettre toutes les difficultés internes sur le dos de l’adversaire mais que l’on doit, par exemple, aussi se confronter à la corruption. Une grande partie des colis alimentaires, qui sont distribués à la population à des prix subventionnés par l’Etat, disparaissent pour réapparaître à des prix excessifs sur le marché noir.
(…)
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