Comment faire GAGNER les Gilets jaunes ?


Une analyse théorique, politique et stratégique
Par Jacques Nikonoff, Gilet jaune, universitaire, président du Parti de la démondialisation (Pardem)
Le 23 novembre 2018
Après la magnifique mobilisation des « gilets jaunes » du 17 novembre et ses prolongements, un premier bilan s’impose afin de mieux éclairer la suite des évènements. Avec des centaines de milliers de participants et plus de 2 000 points de rassemblements, les Gilets jaunes sont certainement à la veille de devenir un acteur significatif et durable de la vie politique et sociale. C’est une étape décisive dans la reconstitution du peuple comme corps politique autonome. Ce que conteste fondamentalement ce peuple, c’est la mondialisation néolibérale, même si les choses ne sont pas dites en ces termes par les Gilets jaunes.
La mondialisation néolibérale repose sur quatre piliers : la guerre idéologique menée par les grands médias pour défendre les intérêts des classes dominantes ; la libéralisation du commerce international et du marché du travail avec le déchaînement du libre-échange et l’organisation volontaire d’un chômage de masse permanent ; la libéralisation financière pour instaurer la dictature des marchés financiers ; et pour consolider le tout, cerise sur le gâteau, la gouvernance par les traités internationaux, surtout européens, qui élimine la démocratie dans les Etats, c’est-à-dire le libre-choix des citoyens. Face à la mondialisation néolibérale, la démondialisation s’impose. Elle consiste à scier, à l’échelle nationale, de façon unilatérale, chacun de ces quatre piliers.
Ce succès des Gilets jaunes n’était pas gagné d’avance car le pouvoir macronien, les grands médias, l’essentiel de la gauche associative, syndicale et politique s’étaient ligués pour tenter de faire capoter l’initiative. Parallèlement, la droite et l’extrême droite tentaient grossièrement de la préempter. Comment continuer et amplifier ce mouvement, authentiquement révolutionnaire, pour le faire gagner ? Quatre perspectives se dégagent : préserver l’indépendance du mouvement pour l’enraciner et l’amener à la victoire ; rassembler le peuple de France autour de cahiers de doléances et convoquer des états généraux ; faire tomber la Bastille de l’Union européenne et de l’euro pour libérer la France et bâtir une Europe des peuples, boycotter les élections européennes ; s’engager dans une dynamique populaire constituante afin de reconstruire la France par le rétablissement de la démocratie.
I.- Malgré les tentatives de récupération orchestrées par la droite et l’extrême droite et l’alliance de fait entre le pouvoir, les grands médias et la gauche pour torpiller la mobilisation, celle-ci a été un grand succès
La journée du 17 novembre a marqué l’échec de la tentative de récupération du mouvement par la droite et l’extrême-droite. La gauche associative, syndicale et politique, quant à elle, a oscillé entre le silence et le dénigrement des Gilets jaunes. La réalité sociale et politique que traduit le mouvement des Gilets jaunes reste toujours incompréhensible aux principales forces syndicales et politiques dont il ne faut définitivement plus rien attendre, sauf le pire.
A.- Echec de la tentative de récupération par la droite et l’extrême-droite
Le pouvoir avait donné le ton, Monsieur Macron en tête, en multipliant les références à l’entre-deux guerres, période de montée du fascisme et du national-socialisme.
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