…Et sans crier gare, le MOUVEMENT des gilets jaunes est arrivé…COMPRENDRE LA SÉQUENCE
Ce texte a été rédigé à la veille du samedi 8 décembre.
« La promptitude à croire le mal sans l’avoir examiné est un effet de l’orgueil et de la paresse. On veut trouver des coupables, et on ne veut pas se donner la peine d’examiner les crimes ! » La Rochefoucault
Beaucoup de militants geignaient que la mobilisation était difficile. Bien évidemment, en tant que responsables associatifs, ils pensaient que gérer les affaires courantes en ressassant quelques slogans plus ou moins justes sans aucun projet politique était une pratique normale. En tant que responsables syndicaux, ils pensaient qu’organiser des randonnées paisibles de « syndicalistes rassemblés sur le moins disant revendicatif » sans aucune efficacité entre République, Nation et Bastille (ou l’équivalent en province) était la pratique normale d’un syndicat. Rappelez-vous les records de France de démobilisation des 22 mai, 9 octobre et 1er décembre derniers. En tant que responsables politiques de gauche, ils trouvaient normal de faire des campagnes électorales sans étudier les conditions nécessaires de la transformation sociale et politique. L’apothéose mystique fut la dernière législative partielle de la première circonscription de l’Essonne où tous les candidats de gauche sans exception ont bénéficié de la grève du vote de la grande majorité des couches populaires ouvrières et employées, y compris des couches populaires d’origine maghrébine (alors que la candidate de gauche restant au deuxième tour était d’origine marocaine) ! Record de France avec 83% d’abstention aux deux tours dans une circonscription gagnable pour la gauche. Et des militants déboussolés car même ceux qui ont fait du porte-à-porte ne connaissaient pas le réel de cette circonscription.
Dans le monde, l’extrême droite continue à progresser malgré les lignes stratégiques sublimes des grands leaders. L’alternance des néolibéraux mondialistes et des néolibéraux de l’union des droites s’effectue inexorablement. Jusqu’à l’Andalousie où la gauche vient de perdre 17 sièges (les socialistes ont perdu 14 sièges et Podemos 3 sièges), si bien que l’union des droites est aujourd’hui majoritaire dans ce parlement.
Et sans crier gare, le mouvement des gilets jaunes est arrivé depuis quelques semaines. Et sa mobilisation est supérieure actuellement au syndicalisme rassemblé et semble davantage rassembler que les partis politiques de gauche. Et surtout, il est soutenu par l’opinion publique ! Alors, on crie que cela n’est pas clair, que l’extrême droite soutient le mouvement, que les gilets jaunes ne sont pas polis, qu’ils ne sont pas respectueux de l’ordre ancien, etc. Jusqu’à l’arrivée du programme en 42 points de la délégation des gilets jaunes (voir le texte ici). Et le militant de gauche de dire : « mais je suis d’accord sur 90 % des revendications » ! Et même : « certaines revendications justes des gilets jaunes n’apparaissent même pas dans le programme de mon organisation » !
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