Retour d’une semaine à MOSCOU -Compte-rendu de voyage -

par le Général (2S) Jean-Bernard Pinatel
Le 10 décembre 2018
Cet article ne fait pas pleinement consensus au sein de GEOPRAGMA. Néanmoins, sa publication a été jugée utile à l’enrichissement de notre compréhension de la complexité russe. Compte-rendu de voyage, il ne se veut point une analyse, mais la synthèse d’opinions dominantes recueillies auprès d’interlocuteurs russes, franco-russes ou de Français travaillant en Russie et qui tranchent avec la doxa véhiculée notamment en France.
Quand on rentre en France d’un voyage de plusieurs jours en Russie où l’on a rencontré plusieurs amis russes, on est obligé de se poser la question suivante : à l’orée de son quatrième et dernier mandat comment peut-on expliquer que, malgré les sanctions occidentales, la popularité de Vladimir Poutine reste aussi élevée alors qu’en France celle du Président Macron est aussi basse ?
Alors que le débat sur « l’exemplarité » du chef n’existe pas en Russie car c’est une évidence même, pêle-mêle et suivant mes interlocuteurs, russes, franco-russes ou français travaillant en Russie, les réponses diffèrent. Mais celle qui vient au premier rang est la suivante : il a redressé l’économie du pays et multiplié par quatre le pouvoir d’achat moyen des Russes. Et de me citer plusieurs chiffres que j’ai vérifiés (Statistiques OCDE, Banque Mondiale et FMI) :
– En 1998, quand Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir, le PIB par habitant était d’environ 6 000 dollars par an contre 24 000 en France. En 2017, il était d’environ 25 000 dollars, soit une multiplication par 4 alors que dans le même temps celui des Français n’était même pas multiplié par deux (1,7).
– Mais au-delà de ce qui touche directement les ménages, mes interlocuteurs ont tous souligné d’autres chiffres, jamais présentés dans les médias occidentaux, et qui devraient faire pâlir d’envie les dirigeants français :
-Un taux de chômage de l’ordre de 5%.
-Une dette des ménages de 30% du revenu disponible (contre 115% en France).
-Une balance commerciale invariablement positive depuis l’arrivée de Poutine au pouvoir. Faiblement négative en 1998, elle restée en moyenne excédentaire de 50 Milliards de dollars avec un pic à 100 milliards en 2011 (elle est évidemment très liée au prix de l’énergie).
-Des exportations de biens et services, de l’ordre de 200 milliards de dollars constants (base 2005) en 1998 qui seront de l’ordre de 540 milliards de dollars en 2018.
Les sanctions occidentales ont conduit à une réorientation de l’économie très rapide vers l’Asie. Que ce soit dans les grands hôtels, sur la Place Rouge, au Bolchoï ou dans les musées, les Chinois et les Asiatiques sont partout. L’exemple qui m’a été plusieurs fois cité est que l’embargo, décrété par l’Occident en 2014 sur plusieurs produits (fruits, légumes, produits laitiers, viandes) a plus nui à la France qu’à la Russie. Il a favorisé l’essor de l’agriculture russe. Pour mes interlocuteurs, la Russie bénéficie de surcroit du changement climatique : en quelques années, elle est redevenue un très grand producteur blé […]
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