Ville de Paris - Une plaque qui ne dit rien des auteurs du meurtre d’Henri CURIEL : vérités évidentes, justice empêchée
Il y a quarante ans, le 4 mai 1978, Henri Curiel était assassiné à Paris. Suite à la délibération adoptée le 16 novembre 2018 par le Conseil de Paris, une plaque qui ne dit rien des auteurs de ce crime va être apposée non loin du lieu de son assassinat. La question de la recherche des responsables n’y est même pas posée. Pourtant, pour la journaliste Sylvie Braibant, nous savons de quel côté chercher les assassins. Mais, au nom du secret défense qui empêche la justice de regarder du côté du général Aussaresses et du président Giscard d’Estaing, les exécutants et les décideurs ne sont toujours pas désignés.
Article 1 : Est approuvée la proposition de Mme la Maire de Paris tendant à l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Henri Curiel au niveau de l’escalier qui dans la rue Rollin donne accès à la place Benjamin Fondane (5e).
Article 2 : Le texte de la plaque est : « A la mémoire de Henri Curiel, né le 13 septembre 1914 au Caire (Egypte), assassiné à Paris, 4 rue Rollin, le 4 mai 1978, victime de son engagement anticolonialiste et de ses idéaux de paix ».
Rien sur la qualification de ce crime comme crime d’Etat, ni sur les responsables de cet assassinat. Pourtant, dans son article, « Assassinat de l’anticolonialiste Henri Curiel : la justice rouvre l’enquête », publié le 18 janvier 2018, sur francetvinfo, Michel Lachkar, de la rédaction Afrique de France Télévisions, a rapporté les propos de l’avocat William Bourdon le 16 janvier 2018 : « Tous les indices nous poussent à croire que nous avons affaire à un crime d’Etat ». Un crime où les autorités françaises de l’époque et celles de l’Afrique du Sud de l’apartheid sont impliquées. Quarante ans après cet assassinat, l’identification des auteurs et des donneurs d’ordre serait possible. Un juge d’instruction a été désigné le 9 janvier 2018, suite à l’information judiciaire ouverte le 27 décembre 2017. Aura-t-il les moyens d’y travailler ou en sera-t-il empêché ?
Pour Sylvie Braibant, fille de Guy Braibant, cousin germain d’Henri Curiel, qui évoque ses propres souvenirs de la réaction de son père en apprenant ce crime, nous savons de quel côté chercher les assassins. Mais, au nom du secret défense, la justice reste empêchée de le faire, par un fil rouge menant du général Aussaresses au président Giscard d’Estaing.
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Assassinat d’Henri Curiel : vérités évidentes, justice empêchée
par Sylvie Braibant
Publié par Mediapart le 24 avril 2018
Il faisait chaud ce week-end de juin 1976. La sécheresse grignotait petit à petit toute la France. Paris était gagné par la torpeur. Dans la voiture de mon père, je m’étais à moitié endormie. Jusqu’à ce que je l’entende dire de sa voix douce "mais qu’est-ce que c’est que ça ?". Au feu rouge du croisement des boulevards Saint Michel et Saint Germain, il restait en arrêt devant un kiosque à journaux dont l’immense affiche apposée à son dos, proclamait fièrement le dernier scoop du Point : "Henri Curiel, le patron des réseaux d’aide aux terroristes". Et de son ton toujours aussi calme, mais angoissé cette fois, il me dit : "Henri va être assassiné."
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