« Les GILETS JAUNES ont dit stop aux stratégies de la défaite ». DEUX SYNDICALISTES face au mouvement


Les relations entre les Gilets jaunes et les organisations syndicales n’ont pas cessé de faire discuter. À quelques jours du 5 décembre, nous avons donné la parole à Anasse Kazib, cheminot et délégué syndical Sud Rail, et à Gaëtan Gracia, ouvrier dans l’aéronautique à Toulouse et délégué CGT, tous deux militant de la mobilisation.
Révolution Permanente : Le mouvement des Gilets jaunes a ceci de particulier, et même d’exceptionnel, de n’avoir été ni lancé ni structuré par aucune organisation. Cette configuration est venue bousculer les représentations et les règles « classiques » de la contestation sociale en France. A ce titre, on se rappelle l’inquiétude des classes dominantes face à l’absence de « leaders officiels » avec qui négocier. Selon vous, s’agit d’une force ou d’une faiblesse ? Et pensez-vous que le gouvernement ait été forcé de changer son discours et sa méthode pour tenter de garder son cap politique, en jouant notamment la carte d’une « meilleure concertation » avec les organisations syndicales ? Est-ce que c’est une manière pour Macron de tirer lui aussi les leçons des Gilets jaunes ?
Anasse Kazib : Evidemment, c’est une force que ce mouvement ait été incontrôlable. Les gouvernements ont l’habitude de s’appuyer sur un fonctionnement de gestion des conflits avec la bureaucratie syndicale, qui, comme on le dit souvent, finit par siffler la fin des mouvements, et donc à faire rentrer dans l’ordre les choses.
Mais autrement, je pense que ça a été une faiblesse que le mouvement ne se soit pas structuré largement, malgré la première tentative d’Assemblée générale de Commercy mais qui n’a pas regroupé l’ensemble du mouvement et qui est arrivée déjà tardivement. A mon avis, le mouvement n’aurait jamais dû se déclarer « a-syndical » car cela a permis à la bureaucratie de mettre une barrière entre le mouvement ouvrier organisé syndicalement et le mouvement des Gilets jaunes, en argumentant que le mouvement n’était en rien un mouvement social mais un mouvement citoyen.
Concernant l’Acte 2 du quinquennat je crois qu’effectivement Macron essaie de réhabiliter ce qui lui a fait énormément défaut durant toute la crise de ces derniers mois, et qu’il cherche par tous les moyens comment « désamorcer » la lutte autour de la réforme des retraites. Donc oui on peut dire qu’il tire les leçons du mouvement des Gilets jaunes…
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"Les Gilets jaunes ont dit stop aux stratégies de la défaite". Deux syndicalistes face au mouvement
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