Fabien Roussel (PCF) : La disparition de Bernard STIEGLER est une terrible perte
Le Collège international de philosophie a annoncé jeudi 6 août le décès de Bernard Stiegler, à l’âge de 68 ans. Directeur de l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), créé en 2005 au Centre Pompidou pour imaginer les mutations des pratiques culturelles entraînées par les technologies numériques, le philosophe avait axé sa réflexion sur le numérique et ses conséquences sociales.
Des ravages la data economy jusqu’au dernier rapport du GIEC, tous les signaux montrent que l’humanité s’est mise elle-même en grand danger. Aujourd’hui « l’Entretien Libre » reçoit le philosophe Bernard Stiegler, fondateur du groupe Ars Industrialis, et directeur de l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) du centre Georges-Pompidou. Auteur d’une œuvre profondément originale, il s’intéresse notamment aux mutations sociales, politiques et psychologiques provoquées par la « révolution numérique ». On publie aujourd’hui deux livres de lui, « Qu’appelle-t-on panser ? » (LLL), et « La technique et le temps » (Fayard), réédition augmentée de sa thèse.

Fabien Roussel (PCF): La disparition de Bernard Stiegler est une terrible perte
La disparition de Bernard Stiegler est une terrible perte pour toutes celles et ceux qui essaient de penser et de construire un autre monde.
Bernard Stiegler a été un des rares intellectuels français à réfléchir la révolution numérique dans toutes ses contradictions, mais aussi à agir concrètement sur ses conséquences, que cela soit au sein du Conseil national du numérique au temps où cette institution avait du sens, à Ars Industrialis ou sur le terrain en initiant des projets novateurs sur le territoire de Plaine Commune. Il n’était ni technophobe, ni technobéat, il était technocritique.
De part son parcours de la prison à la philosophie, exerçant tour à tour les métiers d’ouvrier agricole, de serveur, d’analyste programmeur, d’enseignant aux Universités de Compiègne et de Nanjing en Chine, de directeur de l’IRCAM et de l’INA, Bernard Stiegler alliait la rigueur intellectuelle à une formidable épaisseur humaine, faite de simplicité, d’ouverture, d’amitié et de fraternité.
Si Bernard Stiegler ne se revendiquait pas marxiste, il a toujours mis en avant l’apport de Marx dans la construction de sa propre pensée.
Bernard Stiegler a été militant communiste. Cet engagement a beaucoup compté pour lui. Tout en les critiquant amicalement au sens philosophique du terme, Bernard Stiegler portait toujours une grande attention aux choix politiques du PCF. Il aimait débattre avec les militants communistes que cela soit à la Fête de l’Humanité ou aux Etats généraux de la révolution numérique organisés par le PCF.
En ces temps de crises et de bouleversements, qu’il avait pour partie annoncés, Bernard Stiegler va beaucoup nous manquer. Le PCF présente ses sincères condoléances à toute sa famille et ses proches.
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