« AU ROYAUME DE LA CGT » : un livre pour tenter d’affaiblir le syndicalisme CGT ou pour dénoncer des dérives qui nuisent à son essor ?
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Jean-Bernard Gervais, fort de son engagement syndical et de ses compétences en matière journalistique, décide en 2017 de se faire embaucher au service communication de la CGT, espérant ainsi être au cœur de l’activité de la confédération et au plus près de son secrétaire général Philippe Martinez.
Incompétence et défense des intérêts de boutique
Il va rapidement de désillusions en désillusions dans un milieu où se mélangent incompétence et défense des intérêts de boutique, voire personnels. Son récit illustre, parfois avec férocité, les dérives bureaucratiques qui sont le quotidien au sommet de l’appareil CGT. Les affichages antisexiste, antiraciste, parfois difficilement partagés par l’ensemble des militants, ne traversent en tout cas manifestement pas la totalité du corps militant constitué par les 200 personnes dont 50 conseillers et cinq cadres qui travaillent au siège de la confédération, à Montreuil. Le droit du travail, les droits des salariés y sont tout aussi malmenés que dans une entreprise ordinaire. Au total, une désorganisation du travail et une ambiance qui contribuent, à leur mesure, aux difficultés de la confédération dans sa capacité à mobiliser contre les politiques patronales et gouvernementales. Des mimétismes du fonctionnement des grandes entreprises ou de l’appareil d’État qui relèvent d’une certaine adaptation aux objectifs et aux pratiques des uns et des autres.
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Au royaume de la CGT, de Jean-Bernard Gervais
https://lanticapitaliste.org/opinions/culture/au-royaume-de-la-cgt-de-jean-bernard-gervais
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La web TV Le Média, que vous regardez en ce moment, se vante d’être le média des luttes et de ceux qui luttent. Nous ne nous cachons pas derrière notre petit doigt et nous nous tenons aux côtés des travailleurs, des lanceurs d’alerte. Des syndicalistes aussi. Et parmi les syndicalistes dont nous relayons les combats, dont nous dénonçons les persécutions… il y a beaucoup de cégétistes.
Du coup, quand sort un livre comme “Au royaume de la CGT”, sous-titré “la résistible ascension de Philippe Martinez”, nous sommes partagés entre la légitime curiosité sur les coulisses de la plus grosse machine syndicale de France et les questionnements. A quoi sert ce type de récit ? Va-t-il nourrir la défiance anti-syndicale qui est déjà forte en France ?
En tout cas, notre confrère Jean-Bernard Gervais sait de quoi il parle. Journaliste de profession, il entre en 2016 à la CGT comme conseiller en communication. Juste après la défaite contre les lois travail. Il découvre, si on se fie à ce qu’il a écrit, un monstre bureaucratique, où tout n’est que calculs politiciens, loin de la beauté et de la détermination des piquets de grève et du militantisme des gens de peu. A-t-il un peu forcé le trait ? Peut-on écrire sans conséquences un brûlot contre une puissante centrale syndicale, au vu de voir nos écrits récupérés par les adversaires du mouvement social ?


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