USA, Chine, Europe, OTAN … LE MONDE vu par Sergueï LAVROV, ministre russe des Affaires étrangères [Grand entretien]
Interview de Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, dans le cadre de l’émission “Le Grand Jeu” de la Première chaîne, Moscou, 1er avril 2021. Traduit du russe par Slobodan Despot.
Vyatcheslav Nikonov (1) : Le mot “guerre” a été entendu de plus en plus souvent ces derniers temps. Les politiciens américains et de l’OTAN, et plus encore les militaires ukrainiens, n’ont aucun mal à le prononcer. Avez-vous plus de raisons de vous inquiéter aujourd’hui qu’auparavant ?
Sergueï Lavrov : Oui et non. D’un côté, la confrontation a touché le fond. De l’autre, au fond, il y a encore l’espoir que nous sommes adultes et que nous comprenons les risques liés à une nouvelle escalade des tensions. Cependant, nos collègues occidentaux ont introduit le mot “guerre” dans l’usage diplomatique et international. “La guerre hybride déclenchée par la Russie” est une description très populaire de ce que l’Occident perçoit comme l’événement principal de la vie internationale. Je continue de croire que le bon jugement prévaudra.
Vyatcheslav Nikonov : Récemment, les États-Unis ont élevé le degré de confrontation à des proportions jamais vues auparavant. Le président Joe Biden a déclaré que le président Vladimir Poutine est un “tueur”. Nous avons rappelé l’ambassadeur russe aux États-Unis Anatoly Antonov.
Sergueï Lavrov : Il a été convié pour des consultations.
Vyatcheslav Nikonov : D’où la question : Comment allons- nous poursuivre nos relations maintenant ? Combien de temps cette pause va-t-elle durer ? Quand M. Antonov retournera-t-il à Washington ?
Sergueï Lavrov : Ce que nous avons entendu le président Biden dire dans son interview avec ABC est scandaleux et sans précédent. Cependant, il faut toujours voir les actions réelles derrière la rhétorique, et elles ont commencé bien avant cette interview, pendant l’administration de Barack Obama. Elles ont continué sous l’administration Trump, malgré le fait que le 45e président américain s’est publiquement prononcé en faveur du maintien de bonnes relations avec la Russie, avec laquelle il était prêt à “s’entendre”, mais n’a pas été autorisé à le faire. Je parle de la dégradation constante de l’infrastructure de dissuasion dans les sphères militaro-politiques et stratégiques.
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