LES INFOX de RFI SONT EN RUSSE (c’est plus sûr) – Par Jérôme Bonnet, rédacteur en chef de la chaîne de télévision d'info continue RT France
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Voyage instructif dans le monde de la presse qui démarre dans les coulisses de RT France pour se poursuivre avec une incursion dans le contenu que peut produire le service public français dans une autre langue. Le contraste est assez saisissant.
Lutter contre les fake news est une activité au cœur du métier de journaliste. Mais lorsqu’on a la chance d’exercer ce métier à RT France, c’est une tâche qui ne connaît plus aucun répit. Car dans la sphère publique comme celle du privé, il ne se passe pas deux jours sans que l’on soit contraint de démonter l’une ou l’autre des innombrables infox qui courent sur la fière détentrice du titre de «rédaction la plus commentée de France». Une fois que l’on a fini de démonter les accusations de fake news (ah bon ? et laquelle, par exemple ?), d’avoir mauvais esprit (mais enfin, n’est-ce pas le rôle de la presse que de pointer les dysfonctionnements de la société ?), de faire les affaires de Poutine (c’est un faux débat, y rentrer revient à s’interdire de travailler, puisque quoi que vous écriviez, vous ferez toujours les affaires de quelqu’un. Un journaliste n’a que deux questions à se poser : «Est-ce intéressant ?» et «Est-ce vrai ?» ; la double affirmative vaut feu vert), votre interlocuteur abat sa carte maîtresse, du moins le pense-t-il : «D’ailleurs, jamais Poutine n’autoriserait ainsi qu’un média étranger critique œuvre auprès de son peuple, dans sa propre langue !»
À ce stade, acculé dans les cordes, le pauvre employé de RT que je suis passe aux aveux. Pour commencer, je ne suis pas Russe, mais Français, nul n’est parfait. Ni diplomate, mais bien journaliste, dans un média français. A ce titre, je ne saurais être comptable des agissements du gouvernement russe (ou de tout autre du reste, mais bizarrement on ne m’embête jamais avec l’Ouganda ou le Guatemala). J’ai fait mes débuts dans la presse en 1992, et lorsque 25 ans plus tard je suis entré à RT France, figurez-vous qu’on ne m’a demandé ni de changer de nationalité, ni de religion, et surtout pas de métier. Alors certes, mes salaires me sont bien versés avec de l’argent public russe, ce qui fait quelque part de son président mon patron. Mais c’est un patron très, mais alors très, très lointain. Qui d’ailleurs ne me prend même plus au téléphone. Mais a tout de même la délicatesse de ne jamais s’immiscer dans notre travail. J’ai donc mille raisons de botter en touche sur ce type d’objection.
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