UKRAINE : après la reconnaissance de l’indépendance des Républiques du Donbass par la RUSSIE : quelques réactions
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La logique occidentale :
Occupation britannique des Malouines : c'est bien.
Occupation anglo-américaine des Chagos : c'est bien.
Annexion de Mayotte par la France : c'est bien.
Indépendance du Kosovo : c'est bien.
Reconnaissance russe de l'indépendance des républiques du Donbass : c'est mal.
Bruno Guigue
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE de FABIEN ROUSSEL
Ukraine : « Il n’est pas trop tard pour la diplomatie ! »
La décision prise par Vladimir Poutine de reconnaître l’indépendance des deux républiques auto-proclamées du Donbass est grave et dangereuse. Le fait que le gouvernement ukrainien ait refusé de mettre en œuvre sa part des Accords de Minsk, notamment le statut spécial du Donbass, et le fait que les Occidentaux refusent de s’engager clairement sur la non expansion de l’OTAN à l’Ukraine à terme, ne justifient en aucune manière cette décision du Président Russe.
J’exprime ma plus vive inquiétude concernant les conséquences possibles sur les populations civiles des deux côtés, alors que l’évolution des évènements dans les prochains jours est hautement incertaine, instable, et volatile. Plus que jamais, nous sommes assis sur un baril de poudre.
Comme le dit António Guterres, secrétaire général de l’ONU, il faut « donner la priorité à la diplomatie pour résoudre tous les problèmes de manière pacifique ».
La France doit urgemment agir, en toute indépendance de l’OTAN et des Etats-Unis, pour réunir une conférence européenne large, ouverte à tous les pays du continent, y compris la Russie, afin de parvenir à un règlement global des tensions sur la base du contenu des Accords de Minsk et de la non expansion de l’OTAN à l’Ukraine.
Il n’y aura pas de sécurité pour l’Europe et pour l’Ukraine, sans sécurité de tous ses membres, jusqu’à la Russie.
Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle,
Le 22 février 2022.
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Communiqué de Jean-Luc Mélenchon sur la situation en Ukraine
Plus que jamais il faut se méfier des guerriers de plateau de télé qui s’échauffent dans l’invective et les mouvements de menton. Faire sérieusement le point demande qu’on parte du seul point de vue qui vaille en temps de crise : l’intérêt de notre pays.
Car le contexte est hors de notre portée.
En Ukraine et sur toutes les frontières à l’est du continent nous sommes en présence des rebondissements d’une de ces guerres sans fin qui, depuis Pierre le grand et Catherine II, tenaillent les peuples du secteur. L’implosion de l’URSS est le premier cas de l’ère moderne ou un Empire s’effondre sans négociation des frontières qui en résultent. Cela justifiait une prudence plus grande qu’ailleurs dans les décisions et les évolutions. La destruction de la Yougoslavie, la création de l’état artificiel du Kosovo ont vite montré que le rapport de force serait partout la règle. Le récent déploiement d’armes et de militaires de l’Otan dans tous les pays baltes l’ont confirmé.
Pour autant la reconnaissance des républiques russophones du Donbass par Poutine est une très mauvaise affaire pour les Français. Le respect des frontières, quelles qu’elles soient est une condition de base d’une vie internationale où la diplomatie et l’ONU tranchent plutôt que les armes et les coups de force. Si nous voulons nous-mêmes être indépendants, notre intérêt est que les frontières soient intangibles ou bien qu’elles ne bougent qu’après des procédures concertées, acceptées et contrôlées.
Il est à craindre qu’à la décision russe succède une décision américaine d’intégrer l’Ukraine dans l’OTAN. Autre mauvaise affaire pour nous Français qui n’avons aucun intérêt à l’extension de la domination militaire des USA et de leurs intérêts sur notre continent.
Poutine a dû comprendre que la décision était déjà prise et qu’il ne pourrait jamais obtenir de garantie sur ce sujet. Il a vu que les USA ne lui cédaient rien sur ce point depuis le début de la crise. La reconnaissance des républiques du Donbass est donc sa prise d’avantage dans le nouvel ordre qui s’installe dans cette région. Il l’a fait avant que la nouvelle frontière de l’OTAN ne lui interdise de le faire.
Comme tout cela se déduit très facilement de l’observation, on peut se demander si n’entre pas déjà en vigueur un nouvel ordre quasi convenu. Car qui ferait la guerre pour le Donbass ? Personne. Et d’abord parce que la guerre sur place dure depuis huit ans et que les parties concernées (russophones et ukrainiennes) en sont rendu à un degré de haine mutuelle qui bloque toute vie commune. Et Comme Kiev n’a jamais mis en œuvre le moindre commencement d’application des accords de Minsk à propos du Donbass, on peut penser que les Russes se le tiennent pour dit. Mais la Russie de son côté ne fera pas non plus la guerre pour l’Ukraine. Elle attendra qu’elle tombe comme un fruit mur, le moment venu.
N’empêche que c’est une escalade, et que la Russie en porte la responsabilité et qu’il faut le condamner dans notre intérêt bien compris. Quoiqu’on pense des arrières pensés ou des logiques de situation, il n’empêche que c’est bien la Russie qui a pris la responsabilité de cet épisode. L’annexion de l’Ukraine dans l’OTAN ne tardera plus. Peu importe qu’elle ait été déjà prévue avant cela. Peu importe, parce qu’on ne juge d’une situation que par les actes qui y sont posés. Aussi longtemps qu’une ligne n’est pas franchie on peut penser que la suivante ne le sera pas et s’organiser pour cela. Une ligne est franchie. Sauf à capituler sans condition les USA sont dans l’obligation d’étendre l’OTAN et les Européens sont obligés de dire oui à tout et au reste. Le reste c’est le blocage provisoire de Northstream II et l’approvisionnement en gaz de schiste américain. Avec, cela va de soi, de nouveaux déploiements de troupes USA et l’extinction des bavardages sur l’autonomie de défense européens.
Je ne dis rien à cette étape du bilan navrant de Macron dans cette séquence. Il y aura joué des rôles sans contenu réel. Il est inutile d’espérer qu’il fasse mieux. Il peut faire pire. On doit lui laisser une possibilité de respecter au moins la démocratie de son pays. Le Premier ministre doit une explication au pays dans les heures qui viennent devant l’Assemblée nationale.
Cette situation me conforte dans ma proposition d’une conférence des frontières. Elle permettrait de fixer des règles et de gérer avant la crise les autres situations de tensions frontalières qui murissent sur notre continent.
Le 21 février 2022
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Vladimir Poutine a reconnu l'indépendance des républiques sécessionnistes de Donetsk et Lougansk.
L'opposition communiste russe (21% des voix aux dernières élections) réclamait cette mesure depuis fort longtemps.
Avec cette décision, Moscou prend acte du refus ukrainien d'appliquer les accords de Minsk prévoyant l'autonomie des deux républiques et dissuade les néo-nazis de Kiev de tenter l'aventure.
Mais pour comprendre les origines de la sécession du Donbass, il faut se rappeler ce que fut la politique des nationalistes ukrainiens après le coup d'Etat de Maidan (février 2014).
"Le Monde diplomatique" l'avait fort bien expliqué à l'époque :
"Contrairement à ce qui a pu être écrit, la rupture des équilibres internes de cette nation fragile (l'Ukraine) n’a pas eu lieu le 27 février 2014, date de la prise de contrôle du Parlement et du gouvernement de Crimée par des hommes armés — un coup de théâtre qui serait la réplique de M. Poutine à la fuite du président ukrainien Viktor Ianoukovitch le 22 février. En réalité, le basculement s’est opéré entre ces deux événements, précisément le 23 février, avec la décision absurde des nouveaux dirigeants de l’Ukraine d’abolir le statut du russe comme seconde langue officielle dans les régions de l’Est — un texte que le président par intérim a jusqu’ici refusé de signer. A-t-on déjà vu un condamné à l’écartèlement fouetter lui-même les chevaux ?
M. Poutine ne pouvait rêver mieux que cette ineptie pour enclencher sa manœuvre criméenne. L’insurrection qui a mené à la chute de M. Ianoukovitch (élu en 2010), puis à la sortie de la Crimée russophone du giron de Kiev n’est donc que la dernière manifestation en date de la tragédie culturelle consubstantielle à cette Belgique orientale qu’est l’Ukraine.
A Donetsk comme à Simferopol, les Ukrainiens russophones sont en général moins sensibles qu’on ne le dit à la propagande du grand frère russe : la décrypter avec une ironie fataliste est devenu une seconde nature. Leur aspiration à un véritable Etat de droit et à la fin de la corruption est la même que celle de leurs concitoyens de Galicie. M. Poutine sait tout cela. Mais il sait aussi que ces populations, qui tiennent à leur langue, n’échangeront pas Alexandre Pouchkine et les souvenirs de la « grande guerre patriotique » — nom soviétique de la seconde guerre mondiale — contre un abonnement à La Règle du jeu, la revue de Bernard-Henri Lévy. En 2011, 38 % des Ukrainiens parlaient russe à la maison. Or la décision aventureuse et revancharde du 23 février a soudainement rendu le discours de Moscou véridique : pour l’Est ukrainien, le problème n’est pas que le nouveau gouvernement du pays soit parvenu au pouvoir en renversant le président élu, mais bien que sa première décision ait été de faire courber la tête à la moitié de ses citoyens".
Bruno Guigue
Le 22 février 2022
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