DE LA GÉOSTRATÉGIE AMÉRICAINE À LA GUERRE EN UKRAINE
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L’objet de cet article est de présenter le lien entre l’actuelle guerre en Ukraine et la géostratégie déployée par les États-Unis depuis la disparition de l’Union soviétique.
La dislocation du camp socialiste et ses principales conséquences
En 1988, Mikhaïl Gorbatchev déclare à la tribune de l’ONU l’universalité du principe de l’autodétermination des peuples. Cette déclaration marque la fin de la conception soviétique des relations internationales appliquée jusque-là et selon laquelle les pays d’Europe centrale, satellites de l’URSS, ne disposent que d’une « souveraineté limitée ». Il s’agit d’un tournant historique fondamental. En effet, la nouvelle doctrine soviétique implique que désormais l’URSS n’imposera plus par la force à ses alliés sa propre forme de gouvernement, comme elle l’avait fait en 1968 pour mettre fin au « Printemps de Prague ». Pour montrer qu’il ne s’agit pas de paroles creuses, Mikhaïl Gorbatchev ordonne un important retrait des forces armées soviétiques en RDA, Hongrie et Tchécoslovaquie.
Dès 1989, le « bloc socialiste » commence se disloquer : le mur de Berlin est détruit, puis toutes les « démocraties populaires » d’Europe centrale adoptent, les unes après les autres, des régimes politiques libéraux. Ce processus de décomposition se termine en 1991 par l’éclatement de l’URSS en quinze États indépendants.
Parmi les multiples conséquences de ces événements, trois sont particulièrement importantes. En premier lieu, au niveau économique, toutes les « démocraties populaires » d’Europe centrale ainsi que les États issus de la dislocation de l’URSS abandonnent le socialisme au profit du capitalisme. En second lieu, au niveau des relations internationales, la Guerre froide prend fin. En troisième lieu, grâce à leur avance dans les domaines de l’économie et des techniques, les États-Unis deviennent la seule puissance dominante à l’échelle mondiale.
La nouvelle politique étrangère des États-Unis
Dès l’effondrement du « camp socialiste », Zbigniew Brzezinski, qui fut de 1977 à 1981 le conseiller à la Sécurité nationale du président Jimmy Carter, formule l’idée que l’avance technologique et économique doit être maintenue dans l’avenir pour permettre à l’Amérique de conserver sa domination mondiale.
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